Publié dans Culture

« Aloalo » - L’histoire vivante de l’ethnie mahafaly

Publié le vendredi, 21 avril 2017

L’ « Aloalo » est une culture mahafaly. C’est un ensemble des pièces de bois sculptées surmontant les tombeaux dans le sud de Madagascar. Cette Région est composée de quatre Etats, à savoir Menarandra, Linta, Sakatovo, et Onilahy.

L’« Aloalo » représente le statut social du défunt, ainsi que sa fortune. Il est un signe de noblesse et l’intermédiaire entre les ancêtres et les vivants. Pourtant, dans d’autres régions ou sociétés,   l’« Aloalo » est destiné à embellir la collection d’un musée ou d’un hôtel. Il symbolise ainsi l’image de Madagascar à l’étranger. 

L’« Aloalo » signifie la mort

Dans l’ethnie mahafaly, l’« Aloalo » signifie la mort et particulièrement la tristesse. Auparavant, il est consacré seulement au roi ou à la reine. Mais de nos jours, l’ « Aloalo » est devenu une tradition de l’ethnie mahafaly, où tout le monde peut en fabriquer. Ce symbole est composé de différentes figures, particulièrement le zébu, le soleil, la tristesse, la lune, les étoiles.  Actuellement, il existe plusieurs sortes de figures qui sont adaptées au passé du défunt, comme une voiture, un vélo, un stylo, un soldat…  Sur un tombeau, on peut trouver un ou plusieurs  « Aloalo », selon la fortune du défunt, notamment des zébus. Plus, il y a d’« Aloalo », plus la personne a un statut social élevé. Un « Aloalo » correspond à une tête de zébu abattu, durant le rituel. Pour les Mahafaly, il existe trois sortes d’« Aloalo », à savoir une « croix » qui marque la royauté, la « bénédiction » où l’« Aloalo » est posé à quelques mètres du tombeau, avec des pierres à côté. Ce symbole est conçu pour demander la bénédiction, dans les endroits où les tombeaux sont interdits d’accès au cas où l’on n’a pas suivi des rituels stricts de l’ethnie. Le 3e symbole s’appelle « Ajiba » ou le disparu. Il est destiné pour les défunts qui sont portés disparus, d’où une stèle commémorative est posée auprès de l’« Aloalo ».

 Le rituel est de rigueur

Selon les Mahafaly, le tombeau est une nouvelle demeure. L’« Aloalo » est une sorte d’art funéraire pour cette ethnie. La famille n’a pas le droit de fabriquer elle-même l’« Aloalo ». Il a ses propres fournisseurs qui travaillent pour la famille ou la tribu. Il est sculpté à partir d’un bois dénommé «  Nendoravy » en même temps que le cercueil. Puis, ils sont teintés avec la graisse des zébus.  L’« Aloalo » doit être fabriqué dans la forêt, loin des habitations. Il lui est interdit de traverser le village des Mahafaly.  Le dépôt de l’« Aloalo » sur le tombeau nécessite un rituel strict, auquel les femmes et les enfants ne sont pas les bienvenus. Les cornes seront étalées au-dessus du tombeau pour honorer le défunt. L’« Aloalo » est transmis à une autre personne après l’enterrement et avant la donation d’un nouveau nom. Après la mort, une personne est devenue l’intermédiaire entre Dieu et les vivants. Sur ce, un nouveau nom dénommé « Tahiana » pour les simples citoyens ou « Andria tahiana » pour les rois et les reines, est donné au défunt. Ce nom est formé à partir de son caractère. A titre d’exemple, lorsqu’il s’agissait d’une personne méchante, on lui attribue le nom « Tahiana masiaka», ou « Andria tahiana alina »… Un nom qui est formé après la réunion des hommes du village. A chaque étape de la cérémonie, il faut tuer un zébu et orner le tombeau des cornes de chaque tête abattue.  

Modernisation et puissance   

La mondialisation influence aussi certaines personnes, surtout pour montrer leur puissance. Pour l’ethnie mahafaly, les cimetières se trouvent dans une forêt immense. Actuellement, certaines familles, notamment les riches construisent leurs tombeaux au bord de la route afin de montrer leur grandeur. Tout le monde est aussi libre de choisir la forme du tombeau et la matière utilisée qui lui convient. Les tombeaux familiaux se présentent sous différentes formes telles qu’un avion, un bateau, un palais ou un caveau… 

Dossier réalisé par Anatra R.

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Editorial

  • Quel message !
    100 ans ! S’il était encore resté vivant, parmi les siens, Madiba aurait 100 ans mercredi dernier. En effet, Nelson Rolihlahla Mandela, de son vrai nom, est né le 18 juillet 1918 à Mvezo, dans la province de Cap et mort à l’âge de 95 ans, le 5 décembre 2013 à Johannesburg, Afrique du Sud.Faisant partie d’une rare élite noire dans une République sud-africaine (RSA) ségrégationniste, dirigée d’une main de fer par les Blancs, Nelson Mandela, avocat de son état, s’engagea dès son jeune âge dans la lutte contre toutes formes d’injustice, d’inégalité et de non-respect des droits humains. Il fonçait tout droit dans la bataille, parfois armée, contre la politique de ségrégation raciale appliquée par les tenants du pouvoir.

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