Publié dans Culture

Littérature - Sortie d’un livre sur l’écrivain Jean-Joseph Rabearivelo

Publié le mercredi, 28 juin 2017

C’est un personnage qui inspire presque toute la nouvelle génération d’écrivains malgaches et étrangers. Jean-Joseph Rabearivelo avait sa façon d’écrire qui le rendait exceptionnel. Chantre du spleen et du désespoir, Jean-Joseph Rabearivelo a su transformer ses souffrances de métis culturel en matière pour la poésie. Passionné par ses œuvres et surtout son histoire, l’écrivain, historien et poète Ecossé Gavin Bowd a pris quelque temps, voire même plusieurs années de sa vie pour écrire un livre qui résumerait la vie de ce remarquable individu ayant marqué l’histoire de la littérature mondiale.

Venu spécialement dans la Grande île pour présenter au grand public l’œuvre qui est tout simplement intitulée « La double culture de Jean-Joseph Rabearivelo entre latins et scythes », il a donné une conférence à l’Institut français de Madagascar le week-end dernier. Plusieurs personnes passionnées de belles écritures sont venues honorer de leur présence la rencontre qui s’avère enrichissante et conviviale. Cette étude sur le poète national de Madagascar situe la vie et l'œuvre de Jean-Joseph Rabearivelo (1903-1937) dans leur contexte colonial et post-colonial, puisant dans les archives et son journal récemment publié. Elle explore en particulier les rapports complexes entre Rabearivelo et les colons français, notamment le Gouverneur général Léon Cayla, puis le débat autour du sens de son suicide, qui continue jusqu'à nos jours. 

Plusieurs questionnements 

L’auteur se pose également plusieurs questions autour de la vie du personnage : Est-ce que Rabearivelo, « prince des poètes » selon Senghor, serait une victime du colonialisme français ? Comment expliquer son attachement aux idées et à la personne de Charles Maurras ? Premier poète majeur de la francophonie, attiré par la culture occidentale mais sensible à l'appel de ses ancêtres, cet écrivain et passeur maudit se trouve tiraillé entre « Latins » et « Scythes ». En tout cas, ce livre de 211 pages édité par l’Harmattan est passionnant à lire et est bien riche en savoir. Il sera d’ailleurs prochainement disponible dans les librairies de la Grande île mais déjà en vente sur internet. Pour rappel, Rabearivelo est sans doute l’écrivain francophone malgache le plus célèbre. Mais le plus méconnu aussi, car une majeure partie de son œuvre est longtemps restée inédite. Né en 1903, l’homme s’est fait connaître dès les années 1920, en publiant des recueils de poésie d’une grande puissance lyrique. Homme de talents multiples, il s’est imposé comme poète, mais aussi romancier, journaliste, dramaturge, critique, historien littéraire et formidable épistolier. Sans jamais être sorti de Madagascar, il entretenait des liens par correspondance avec quelques-uns des grands écrivains occidentaux de son temps : André Gide, Paul Claudel, Valéry Larbaud… Senghor qui avait inclus ses poèmes dans son Anthologie de la poésie nègre et malgache (1948) le considérait comme le « Prince des poètes malgaches ».

T.A.

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Editorial

  • Noyautage indécent
    A la guerre comme à la guerre ! On attaque. On neutralise. Et tous les moyens sont bons. Le pouvoir en place, en position de force, ne lésine pas sur toutes les astuces pour terrasser l'adversaire, l'opposition. La presse, le quatrième pouvoir dit-on, l'une des armes les plus efficaces entre les mains des deux camps, constitue la cible idéale. Le mode opératoire, vieux comme le monde, consiste à étouffer les médias indépendants ou proches du camp d'en face.

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