Publié dans Culture

Mort de Régis Gizavo - La légende de l’accordéon avait 58 ans

Publié le lundi, 17 juillet 2017

Depuis le début de cette année, le ciel est et reste noir pour le paysage culturel à Madagascar. Les grands artistes, les grosses pointures et les fers de lance de la musique malgache, les vétérans et même les jeunes pouces disparaissent petit à petit. Après les quelques membres du Kaiamba, de Jean Emilien, de Prosper, de Ben et de Soamihaja, on vient d’apprendre qu’une légende de l’accordéon s’est également éteinte dimanche dernier. Il s’agit de Régis Gizavo, cet artiste qui portait toujours haut le fanion de la culture malgache partout où il est allé.

Il était pourtant en pleine forme car en tournée et a même donné son dernier concert en Corse avant que la mort ne le frappe soudainement. Triste nouvelle qui bouleverse ses fans mais surtout ses amis artistes de Madagascar All Star qui partageaient avec lui les mêmes idées, la même conception de la culture et l’importance de la langue malgache. Patriote, il ne chantait qu’en sa langue maternelle. Une vidéo, faisant le tour d’Internet, dans laquelle on le voyait accompagner l’artiste international Christophe Maé  sur scène en témoigne. « Tiako mama, tena tiako mama », disait-il tandis que l’autre chantait encore en français. Une manière de dire qu’il  aimait son pays et n’attendait rien en retour car selon lui, Madagascar a beaucoup donné pour lui en le faisant devenir ce qu’il était.  Régis Gizavo avait 58 ans, quand il est parti rejoindre les firmaments. Un homme au grand cœur, il aimait partager sa musique et surtout ses expériences. Sa passion mais surtout son talent l’ont conduit à se forger une réputation partout dans le monde. Il a même déjà travaillé avec de grands noms du showbiz international dont Sally Nyolo, I Muvrini, Cesaria Evora, Greame Allwright, Mano Solo, Louis Mhlanga, Pascal Danaé, Christophe Maé ou encore Lenine.

Parcours du combattant

En tout cas, ses œuvres resteront gravées dans le cœur des admirateurs surtout « Izay hombanao no ombako », un titre chanté avec Landy qui lui a valu une grande notoriété en 1986. Un clip a même été enregistré par la Rtm de l'époque. Régis Gizavo a réalisé quatre albums à son actif à savoir, en 1996 « Mikéa », en 2000 « Samy Olombelo », en 2006 « Stories » et enfin en 2012, « Ilakake ». A noter, qu’en 2009, il a enregistré aux côtés de  Marius Fenoamby, Erick Manana, Justin Vali, Dama et Olombelo Ricky pour la formation Madagascar All Stars. Durant son existence, il a été plusieurs fois primé. Par exemple, à Québec, où il s’est produit en 1996, on lui a remis le prix Miroir de l’espace francophone qu’il partage avec D’Gary. Il est programmé par bon nombre de festivals world, en Louisiane à Lafayette, à Angoulême où il devient un abonné des Musiques Métisses. Il a également participé au Prix découvertes Rfi de 1989 où il a remporté le prix média de ce concours, à Conakry avec son titre « Mikea ». Pour rappel, Régis Gizavo est né dans la ville de Toliara en 1959. A 14 ans, il a été admis dans une formation musicale qui assurait l’animation de soirées dansantes un peu partout dans sa ville natale. Après avoir décidé de voler de ses propres ailes, il s’installe à Paris et intègre la formation « Bohé Combo » avec entre autres Richard Bona, Sally Nyolo  ou encore Jean-Michel Pilc.  Il participe ensuite, en 1991, aux Francofolies à La Rochelle. Et dimanche dernier l’étoile s’est éteinte. En tout cas, il a bercé plusieurs générations avec sa musique et son fameux accordéon. Le programme pour les veillées funèbres et son enterrement seront prochainement dévoilés par sa famille. La Vérité présente ainsi ses sincères condoléances.

Tahiana Andrianiaina

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  • Canular !
     Et la farce continue. De mascarade en mascarade, les hommes du pouvoir mènent en bateau les 25 millions de Malagasy. Des numéros, très maladroitement interprétés, au lieu d’égayer la galerie, offusquent. La comédie vire à la pitrerie. La sauce mayonnaise tourne. C’est raté ! Iavoloha, mordicus et contre vents et marées,  persiste et signe de sa volonté à tripoter la Constitution. Ayant butté à une fin de non recevoir de la part des partenaires nationaux soutenus par la Communauté, les dirigeants aux cravates bleues ne désarment point. Pour contourner la chose, ils sont en train de mettre sur pied une nouvelle tactique. En effet, Iavoloha passe le relais aux parlementaires patentés au pouvoir. Les députés et sénateurs  proches du régime cogitent un plan machiavélique en vue de « toucher » à la Loi fondamentale. 

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