Publié dans Culture

Régis Gizavo - La légende reste vivante dans le cœur de tous

Publié le mardi, 25 juillet 2017

Son accordéon a cessé de sonner… et il est parti pour toujours rejoindre les firmaments. Depuis sa  mort la semaine dernière, jusqu’à maintenant, les fans malgaches et étrangers pleurent encore sa disparition qui a frappé très fort dans le cœur de tous. Et pourtant, il n’avait que 58 ans. L’idée de prendre la retraite ne l’a jamais traversé l’esprit. La preuve, il a trouvé la mort après un malaise cardiaque survenu pendant un concert avec le groupe Alba en Corse. Tombé comme un militaire en pleine guerre, il n’avait que son accordéon et son talent comme arme.

Un arsenal qui n’a servi qu’à faire du bien, à faire connaitre au monde entier la culture, la langue et la musique malgache. Il n’a cessé de jouer pour Madagascar et ses fans. L’artiste venait d’ailleurs de sortir l’album Toko Telo en juin dernier, avec D’Gary et Monika Njava. Véritable ambassadeur de la musique malgache dans le monde, Régis Gizavo était à la fois auteur-compositeur et instrumentiste hors pair. « C’était un grand artiste et sa musique m’a beaucoup inspiré. On a perdu une légende qui est plus qu’un simple personnage mais qui est un patrimoine national », confie Johary Raobijaona, un jeune artiste malgache vivant en France.
Parcours
Né le 16 juin 1959 à Toliara, au sud-ouest de la Grande Île, Régis Gizavo a commencé tout jeune par le petit accordéon, le diatonique, associé dans sa région natale au sega mais aussi aux musiques traditionnelles et aux rituels de transe. Il est ensuite passé au gros accordéon, le chromatique, qui lui offrait plus de possibilités. Sa réputation va rapidement dépasser les frontières de son île. Régis Gizavo avait ainsi reçu en 1990 le Prix Découvertes Rfi, un prix important pour les musiciens d'Afrique et de l'océan Indien. Il s'était depuis forgé une solide réputation, en publiant plusieurs albums sous son nom jusqu'à l'an dernier, en succédant à Daniel Mille au sein du groupe corse I Muvrini dès 1993, puis en devenant un musicien régulier de la chanteuse Cap-Verdienne Cesaria Evora à partir de 2003. Plusieurs chanteurs avaient également fait appel à lui, comme Jacques Higelin, Mano Solo ou Christophe Maé. « J'ai perdu un ami mais surtout un des plus grands artistes avec qui j'ai eu la chance de jouer », a réagi ce dernier sur Facebook.
Deuil national
Pour rendre un dernier hommage à ce véritable héros national comme le décrivaient certains, an ode à la musique, au talent et à la créativité de ce grand maître de l’accordéon, il a été décrété, lors d’un conseil des ministres au courant de la semaine passée, que le 27 juillet, jour de son inhumation, sera un jour de deuil national. Toutes les manifestations populaires seront donc interdites pour l’occasion, et les drapeaux seront en berne dans les établissements publics de la Grande ile. Ceci pour montrer à quel point le monde est malheureux d’avoir perdu une étoile. Selon le député Siteny Randrianasoloniaiko, depuis l’arrivée de sa dépouille mortelle, ce jour à 6h à Ivato, jusqu’à ses obsèques, Régis Gizavo aura droit à des funérailles nationales depuis la Capitale, jusqu’à Toliara, sa ville natale. Pour ce qui est du programme de ce jour, il sera tout de suite emmené, accompagné de sa famille et des grands musiciens et artistes internationaux ayant déjà collaboré artistiquement avec lui, au Palais des sports et de la culture Mahamasina. Les artistes malgaches et étrangers seront ainsi nombreux à assister à la veillée funèbre qui sera organisée par le président du Syndicat des artistes, Paul Bert Rahasimanana ou Rossy. Ces derniers donneront un grand concert en son honneur. Après que ses fans et tous les acteurs culturels de la Capitale lui ont rendu un dernier hommage, le corps de Régis Gizavo quittera la ville des Mille dans la matinée du jeudi qui sera le jour de deuil national pour rejoindre son lieu de naissance. Avant son inhumation, une veillée de deux jours est aussi prévue avec un grand concert de deuil qui commencera dès l’après-midi avec les artistes locaux. Sous l’égide des autorités et du Gouvernement malgache, Régis Gizavo sera raccompagné à son ultime demeure le 29 juillet à Andranomena à Toliara.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que ses œuvres resteront à jamais dans le cœur des fans. Ses incontournables morceaux seront fredonnés, sûrement avec les larmes aux yeux durant les veillées funèbres données en son honneur. Ce qui est aussi sûr, c’est qu’il ne recevra aucun certificat, médaille ni aucune décoration. Pendant qu’il était encore parmi nous, il a confié qu’à sa mort, on ne lui remettra aucune décoration venant de qui que ce soit. Une honte encore une fois pour le ministère de la culture malgache de ne lui avoir pas félicité lorsqu’il en avait l’occasion.
Car effectivement, une décoration ne suffit pas pour ce genre d’artiste, des cérémonies ou édifices en son nom étaient le moindre des gestes à faire. Ce département ministériel devrait donc prendre des leçons pour ce qui vient de se passer. Malheureusement, ce sont les artistes étrangers qui connaissent sa valeur plus que nous. Espérons que le ministre donnera plus de considération aux artistes locaux.
Tahiana Andrianiaina

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Editorial

  • Canular !
     Et la farce continue. De mascarade en mascarade, les hommes du pouvoir mènent en bateau les 25 millions de Malagasy. Des numéros, très maladroitement interprétés, au lieu d’égayer la galerie, offusquent. La comédie vire à la pitrerie. La sauce mayonnaise tourne. C’est raté ! Iavoloha, mordicus et contre vents et marées,  persiste et signe de sa volonté à tripoter la Constitution. Ayant butté à une fin de non recevoir de la part des partenaires nationaux soutenus par la Communauté, les dirigeants aux cravates bleues ne désarment point. Pour contourner la chose, ils sont en train de mettre sur pied une nouvelle tactique. En effet, Iavoloha passe le relais aux parlementaires patentés au pouvoir. Les députés et sénateurs  proches du régime cogitent un plan machiavélique en vue de « toucher » à la Loi fondamentale. 

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