Publié dans Culture

Showbiz - Droit d'auteur - Des artistes et labels malgaches victimes d'usurpation

Publié le mercredi, 16 août 2017

Le monde de la musique malgache est actuellement en alerte. Plusieurs grands artistes du showbiz local sont victimes d'usurpation d'identité. Plus précisément, un pirate informatique utilise le nom d'un grand label dénommé Gasy' Ploit pour vendre de la musique sur internet.  Des chansons des célébrités comme Rak Roots, Gangstabab, Shyn, Stéphanie ou encore Jazz Mmc sont en vente illicitement sans les accords des propriétaires.

En effet, selon les explications du directeur général de la maison de production, le label n'a mis en vente aucun album sur des plateformes hormis en 2013 avec l'album « Hita wa » d'un groupe qu'il produit. Après avoir été informé de cette usurpation, le label a tout de suite porté plainte pour usurpation d'identité et violation de droit d'auteur sur le faux compte notamment sur Amazone et Deezer, sites de téléchargement de musique monétisés. Le premier a répondu rapidement affirmant respecter les droits de propriété intellectuelle des autres et exiger des vendeurs tiers dont les informations sont hébergées sur le site.
Suspect
Cependant, l'agent de l'artiste Shyn, Vijey Maestro Marcello, dans un commentaire vu sur le réseau social facebook
a émis des doutes et affirmé : « Je me demande bien pourquoi le label concerné n'a pas eu de notification comme nous de la part de Youtube comme quoi l'œuvre de l'artiste qu'il produit est actuellement en vente depuis quelques mois. Alors que les vidéos de ses protégées ne sont disponibles que sur la chaîne Youtube officielle. Pour notre cas, le pirate a seulement vendu un titre de Shyn et on a tout de suite été signalé de l'existence d'un utilisateur dénommé Gasy' Ploit, revendiquant et jouissant du droit d'auteur de la chanson. Pourquoi le label concerné dit n'avoir pris connaissance de ce piratage que quand nous l'avons mis au courant. Il y a un mois, je l'ai informé de l'existence de cette usurpation d'identité en lui demandant gentiment d'effacer les titres de Shyn de la compilation. Pourtant, ce directeur général est resté sans réaction face à cette situation. Ce n'est que lundi dernier qu'il porte plainte alors qu'on sait que ses artistes sont aussi les plus concernés par ce fléau. Je ne soupçonne personne, mais je trouve ça totalement illogique ».
Principale victime
De son côté, le Ceo du label Gasy' Ploit affirme être la principale victime. «  Apparemment, le pirate est maintenant déclaré propriétaire des droits d'auteurs de nos 391 vidéos en ligne sur notre chaîne Youtube officielle. Pourtant, Google ne nous a averti que maintenant sur l'existence de cet usurpateur. On a pu constater que la personne pirate est bien consciente des enjeux et du système de distribution musicale en ligne, d'après les démarches qu'elle a déjà suivie jusqu'à maintenant. Elle a utilisé ce qu'on appelle un agrégateur comme TuneCore sur les noms de deux labels : Malagastar Production et Gasy Ploit. Une plateforme sur laquelle on peut déclarer à Google les droits d'auteurs. Ce compte Gasy Ploit est un pirate puisque le vrai porte mon nom, c'est-à-dire Rahaingomanana Hery. Ces pirates sont bien conscients qu'il est difficile de porter plainte pour violation et usurpation d'identité sur cette plateforme TuneCore, surtout sur le continent africain. Pourtant, celui qui détient le statut officiel est plus considéré par Google dans les déclarations des droits d'auteur.  Le propriétaire des droits est donc le seul à pouvoir monétiser la chaîne Youtube et recevoir de l'argent à la place du vrai possesseur du compte », confie Don Smokilla. Et lui d'ajouter : « Les pirates ont donc changé leur méthode pour acquérir de l'argent sur internet. Ils ne ré-upload plus les vidéos, car ces dernières sont toujours effacées après signalement, mais prennent avec force les droits d'auteur des artistes. Ils se font passer  pour des escrocs par Google. Heureusement, les chansons sur Amazones ont bien été déjà effacées après les plaintes déposées. Nous avons aussi déjà signalé l'usurpateur sur les autres plateformes comme Deezer et TuneCore ».
Dénonciation
Néanmoins, comment le pirate a pu avoir accès aux informations confidentielles du label Gasy' Ploit étant donné que ceux qui adhèrent à ces plateformes doivent tous déposer leurs véritables coordonnées et doivent avoir accès aux services de payement en ligne. Dans la soirée d'hier, comme par magie, la présumée pirate se dénonce elle-même et envoie un e-mail, mais seulement au label Gasy' Ploit et au manager de l'artiste Shyn. Ce dernier a le plus haussé le ton face à la situation. « Une dénommée S.R s'est dénoncée comme étant l'auteur de toute cette affaire qui secoue actuellement le monde artistique malagasy. Elle dit être étudiante en droit à Nîmes et a agi ainsi car elle avait perdu sa bourse. Jusqu'à présent, les vidéos les plus vues de notre chaîne Youtube ne peuvent toujours pas être monétisées et donc ne nous appartiennent pas encore. Elle dit avoir effacé tous les contenus illégaux ainsi que ses actions malveillantes et que cela devrait durer une semaine avant que tous disparaissent. Nous attendons donc de voir mais quoi qu'il en soit, j'appelle les artistes lésés dans cette affaire à faire preuve de solidarité et à se réunir pour donner une suite judiciaire à cet acte », explique encore le CEO de Gasy' Ploit. Ce dernier affirme que le compte Gmail du pirate a tout de suite été effacé après avoir envoyé le message. Aussi, comme par hasard, un compte Deezer sous le nom de S.R a été créé 8 minutes après la publication du directeur du label Gasy' Ploit. En tout cas, l'affaire est encore floue et mérite des éclaircissements et une enquête et ce, menée par des professionnels de l'informatique. D'ailleurs, les artistes concernés ne comptent pas en rester là, des poursuites judiciaires ainsi que des plaintes seront prochainement déposées.
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    Madagascar, un archi-pauvre pays, se permet le luxe d’avoir deux ou trois instances administratives pour s’occuper d’un même secteur d’activité. Parmi les cinq pays les plus pauvres de la planète, la Grande île malmène les maigres possibilités financières entre ses mains. La notion d’austérité échappe totalement à nos pauvres dirigeants. Le peu que l’on dispose doit être géré scrupuleusement et consciencieusement. Trois grands domaines sont principalement touchés par l’ineptie du gaspillage de l’argent public : l’environnement, le tourisme et le transport. Des secteurs d’activités qui nécessitent, chacun pour leur part, une meilleure gestion. Les deux premiers, grands pourvoyeurs de devises, ont besoin d’un ensemble de stratégies bien ficelé. Tandis que le troisième, le transport, exige un traitement particulier. L’environnement, un patrimoine particulièrement riche et endémique qui ne demande qu’être traité de façon méthodique et rationnel, se trouve tiraillé par le ministère de l’Environnement et de la Forêt (Mef), d’une part, et…

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