Publié dans Culture

Talike Gellé - Une belle carrière à l’international

Publié le vendredi, 05 janvier 2018

 Une artiste à ne plus présenter au grand public, surtout aux amateurs de bonne musique issue de la partie Sud de la Grande île. Il s’agit de Talike Gellé qui fait partie des rares artistes malgaches ayant déjà effectué le tour du monde en musique. Le cinquième, d’une famille malagasy musicale de neuf enfants, l’auteure, compositrice, chanteuse, percussionniste, danseuse et conteuse Marie-Chantal Gellé aka Talike a grandi à Ifotake, un petit village au sud de Madagascar.

A seulement 13 ans, Talike Gellé, inspirée par les Sairy, forme son premier groupe dans son village natal. En 1985, elle met sur pied un groupe avec ses frères et sœurs puis obtient le 1er prix à un concours de chant dans la ville de Fort-Dauphin. En 1995, en Belgique, elle crée son premier trio vocal féminin a cappella, Ny Ajaja. Deux ans plus tard, elle reforme ce groupe en trio polyphonique a cappella et lui donne le nom de Tiharea. Avec Kilema, elle forme le duo Talilema grâce auquel elle gagne la 3ème place d’un concours international Sharq Taronalari à Samarkand (Ouzbékistan). Elle est aussi un des membres de Blindnote, groupe multiculturel dont l’album a été récompensé de l’Octave de la Musique en 2011.
A Madagascar, la musique est un élément-clé de la vie sociale, spirituelle et matérielle. La musique malgache est très diversifiée de par les influences de l'Asie du Sud-Est, Afrique, monde arabe, Angleterre, France et Etats-Unis.  Les traditions vocales de Madagascar sont souvent poly-harmoniques : les styles vocaux du sud sont similaires à ceux d'Afrique du Sud, et les harmonies des montagnes sont fortement influencées par la musique d'église européenne, et en même temps rappellent les traditions vocales hawaïennes ou polynésiennes. Dans le sud et les régions côtières de l'ouest, le chant est pratiqué avec une ornementation plus élaborée en petits groupes.
Malgache avant tout
Même évoluant à l’étranger, elle n’a jamais oublié Madagascar, sa terre natale. « J’en ai vu des pays et dans ma carrière, je n’ai jamais eu de cesse de prôner mon appartenance à ma terre natale, même si la majorité de ces vingt ans en tant qu’artiste, je les ai passés à l’étranger. J’ai rarement eu l’occasion de me produire ici dans la Grande île, ne serait-ce que lors du festival Angaredona par exemple, mais mon pays, je le connais très bien, et je le porte toujours dans mon cœur », affirme Talike. En tout cas, depuis qu’elle est allée vivre à l’étranger, Talike Gellé ne cesse d’éblouir le monde entier avec sa musique basée sur des chants polyphoniques et Antandroy. Interprète, compositeur mais également auteure, la jeune femme, dans ses textes, parle d’amour, de la vie en communauté, de la tolérance et du respect. Dans l’optique de partager sa perception et son amour pour la culture malgache, la chanteuse tient à travers son concert à inciter ses camarades artistes à persévérer dans la valorisation de cette dernière. En vingt ans de carrière, Talike Gellé a littéralement réussi un tour du monde et trace encore son petit bonhomme de chemin. Elle raconte « on peut dire qu’on en a vu de pays, avec le groupe, de l’Europe en passant le continent africain jusqu’au Canada, sans oublier nos îles voisines, La Réunion, l’île Maurice et d’autres. Comme on est amené à rencontrer différentes cultures, on s’est ainsi adapté à cela. On mélange alors du jazz et du blues avec du Beko ou encore du Banaiky, un autre style musical du Sud que je mélange avec le funk ou le reggae ».
L’aventure avec Voxtra
Les fans savent que Talike est également membre du groupe Voxtra. Avec la formation, elle a sorti un album qui est déjà disponible surtout à l’étranger. En réalité, Voxtra est une rencontre musicale détonant entre cinq styles de chants traditionnels différents. Dans une fusion qui n’en est pas une, chaque tradition restant distincte des autres fait découvrir l’isopolyphonie sanglotant d’Albanie, le Cantu a tenore rural de Sardaigne, le style Beko du sud de Madagascar, les chants de rune et le joik de Finlande, et le récit chanté de Belgique. Voxtra rassemble, en effet, des combinaisons audacieuses, de danse, d’humour dans une performance inouïe. L’idée est de partir des traditions de chacune et de trouver des points communs entre elles : un rythme particulier, des harmonies similaires, une mélodie qui en rappelle une autre ainsi que de croiser les apports de chacun. Et sur Youtube l’on pourra visualiser comment toutes ces traditions se mêlent : car les artistes se produisent dans leurs costumes traditionnels, et l’on se régalera de voir, autant que d’entendre, comment la Malgache Talike Gellé mêle son chant à celui du trio albanais Gjini, ou encore comment la Finlandaise Anu Junnonen répond au groupe sarde Tenore de Monte Arvu. Deux années de collaboration intense, ponctuées par des concerts exceptionnels comme au Festival d'Art de Huy, Muziekpublique, De Centrale ont mené à la création d'un répertoire vaste et inédit. En parlant de concert, l’agenda de Talike Gellé pour cette année est déjà mi-plein. Les rendez-vous commenceront au mois de mars en France. Au mois d’avril, elle sera à Bruxelles et en France avec le groupe Blindnote, Voxtra et Le Mans. Des concerts seront aussi organisés en Suisse au mois de mai. Quant-à l’Italie, France, Autriche, ils auront également leurs parts respectives.
Recueillis par Tahiana

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