Publié dans Dossier

Ministère des Postes, des Télécommunications et du Développement numérique - A cœur ouvert avec Neypatraiky Rakotomamonjy

Publié le mercredi, 22 mars 2017

Près de trois ans après son arrivée à la tête du département ministériel d’Antaninarenina, le ministre des Postes, des Télécommunications et du Développement numérique (Mptdn) a dévoilé les avancées dans son programme. Neypatraiky Rakotomamonjy s’est confié à notre rédaction. 

La Vérité (+) : Quels changements ont été apportés à votre département depuis 2014 ?

Neypatraiky Rakotomamonjy (=) : « Quand nous avons pris les rênes de ce département, durant cette quatrième République, en avril 2014, la mission qui nous a été attribuée était claire : la Poste, les Télécommunications et les Nouvelles technologies. Ce département a connu un renouveau en 2016. Désormais, il s’occupe du développement numérique à Madagascar ». « En ce qui concerne la Poste Malagasy, son histoire ressemble à peu de choses près à celle de l’histoire du pays. A ses débuts, elle s’est développée de manière exponentielle. Tout le monde voulait travailler au sein de la Poste, tout le monde envoyait des lettres. La majorité des personnes déposaient leur argent au niveau de la Poste. Plus tard, certains bureaux de la Poste sont devenus des épiceries ou des boucheries. D’autres ont même dû fermer boutique, faute d’effectif ».  « La Poste Malagasy commence actuellement à relever la tête. L’an dernier au Cameroun, Madagascar a été élu pour la première fois pour siéger en tant que membre du Conseil d’administration de l’Union panafricaine des postes ».  

(+) : Qu’est- ce qui explique que la Poste retrouve des couleurs actuellement? 

(=) : « Aujourd’hui, la Poste bénéficie de financements de la part du Fonds international de développement agricole (Fida) ou encore de la Banque mondiale, pour des projets de réhabilitation. Des partenaires privés ont contribué au financement de la construction de nouveaux bureaux. Citons à titre d’exemple le cas de Sabotsy Namehana qui dispose actuellement des équipements de pointe ».  « Mis à part l’envoi de lettres, la Poste Malagasy rentre progressivement, depuis 2014, dans ce qu’on appelle l’inclusion financière. La Poste permet de faire rentrer les gens dans le secteur financier. Il existe 250 agences de poste à Madagascar et ce nombre est prévu augmenter, tout comme le nombre d’usagers de ce service ».

(+) : Qu’en est-il du secteur des télécommunications à Madagascar ? 

(=) : « Le constat qui a été fait à notre arrivée à la tête de ce département est que Madagascar a de bonnes infrastructures. En termes de vitesse de connexion Internet, la Grande île fait partie des trois premiers en Afrique. Dans le domaine de la télécommunication, Madagascar dispose d’autoroutes. Nous avons des câbles à l’international. Il y a notamment le câble d’Orange Madagascar qui atterrit à Toamasina et l’"Eassy" de Telma qui débouche à Toliara. Nous avons également la connexion par satellite ». 

(+) : Pourtant, de nombreux malagasy n’ont pas encore accès aux télécoms. 

(=) : « Madagascar se situe en queue de peloton en termes d’accès de la population aux télécoms. Ce n’est pas honteux de le dire, car c’est la réalité. Le rapport de l’Union internationale des télécommunications classe Madagascar en 166e position.  De nombreuses raisons expliquent ce classement. Le pouvoir d’achat en est une ». 

(+) : Le coût est-il trop cher ? 

(=) : « Notre département se concentre actuellement sur ce problème. Depuis l’adoption de la loi numéro 2005-023 du 17 octobre 2005, le secteur de la télécommunication est libéralisé. Aucun décret d’application n’a en revanche été adopté. Ce qui a créé certains problèmes. Des opérateurs mobiles ont dû se retirer. Un ministre a même dû démissionner après quelques mois. La raison est que le décret d’application n’a jamais été pris ». 

« A notre arrivée à la tête de ce département, la promulgation de ces textes a été notre priorité de manière à éviter tout désordre dans le secteur.  Les décrets 2014-1650, 2014-1651, 2014-1652 ont été décidés en octobre 2014. Ces textes contrôlent la consommation dans le secteur de la télécommunication ».  « Par la suite, l’Autorité de régulation des technologies de communication (Artec) de Madagascar a remplacé l’Office malagasy d’études et de régulation des télécommunications (Omert). La différence entre les deux réside dans le fait que l’Omert était sous tutelle de l’Etat tandis que l’Artec est totalement indépendante. Ni le Gouvernement ni le ministère des Télécommunications n’ont leur mot à dire dans les décisions de l’Artec, contrairement à l’Omert. Comme dans d’autres secteurs, l’existence de lobby explique peut-être la réticence des prédécesseurs à la tête de ce département quant à la mise en place de cette Artec auparavant.»  

(+) : L’Artec a vu le jour. Qu’est-ce que cela pourrait changer ? 

(=) : « Nous avons lutté pour la mise en place de cette autorité de régulation. Le plus important pour nous est l’intérêt général. D’ailleurs, le secteur de la télécommunication représente l’avenir des jeunes malagasy. Actuellement, tous les opérateurs ont tous signé leurs cahiers des charges avec l’Artec. Tous les opérateurs mobiles ont des cahiers des charges similaires. Cela est vérifiable. Tout est transparent. Cela doit nous mener vers une concurrence saine et loyale. En tant que ministre, mon devoir est de veiller à ce que ce soit le cas ».  « Lors de la récente coupure du câble de Telma causant des perturbations au niveau de la connexion Internet, notre ministère est intervenu pour demander que cela ne perturbe pas la consommation dans la Grande île.  Nous avons demandé à Orange Madagascar de collaborer avec les trois autres opérateurs, à savoir Airtel, Telma et Blueline ». 

« Il fut un temps, et cela est passé quasiment inaperçu, où la connexion d’Orange a été coupée en raison d’un problème en Egypte. C’est parce que c’est notre travail. C’est la raison de la promulgation des décrets sur la mutualisation dont nous avons touché mot plus haut. Nous n’accepterons dorénavant plus l’implantation de trois ou quatre pylônes à un même endroit.  La norme devra être d’un pylône sur un site. Cela rentre dans le cadre de la mise en place de l’Etat de droit et doit permettre de réduire les coûts de communication ». 

(+) : Malgré les efforts, les usagers se plaignent des coûts qui restent sensiblement élevés.

« Parmi les projets pour réduire les coûts, le plus important, un projet présidentiel, c’est le "Numérique pour tous". Auparavant, l’Etat collaborait avec les opérateurs pour la mise en place d’infrastructures. Actuellement, ce n’est plus le cas. Le pouvoir priorise aujourd’hui l’acquisition de matériels. Nous pensons que s’il existe une autoroute mais qu’aucune voiture ne circule dessus, ou s’il existe des voitures mais qu’aucun chauffeur n’est disponible pour les conduire, l’objectif final ne sera jamais atteint ». « C’est dans le cadre du projet « Numérique pour tous » que le ministère a distribué 5 000 tablettes numériques par an aux lycées. Le partenariat signé entre le Mptdn et le ministère de l’Education nationale avec la firme coréenne Samsung, qui s’est étalé sur trois ans depuis 2014, a pris fin ».  « De nouvelles démarches seront menées auprès des entreprises de télécommunication asiatiques, telles que Samsung ou Huawei, des entreprises de notoriété mondiale. Il faut noter en effet que sur les 15000 tablettes  de marque Samsung offertes à l’Education nationale, seules 10 sont revenues à cause d’écrans cassés. Cela crédibilise le choix fait à l’époque». 

(+) : Quels sont les autres priorités de votre programme ?

(=) : « Toujours sur le plan de l’équipement, on peut également citer la dotation de télévision numérique au niveau des collèges d’enseignement général, toujours en collaboration avec le département de l’Education nationale. Notre ministère a également doté de panneaux solaires certaines Communes rurales qui ne sont pas encore desservies en électricité afin de permettre aux écoliers de recharger leurs tablettes, leurs téléphones, de regarder les informations ou les enseignements diffusés à la télévision ».  « Depuis cette année, le Cyberbus a été mis en place. Durant le Sommet de la Francophonie, le bus a été mis à la disposition des journalistes pour leur permettre la retransmission en direct.  Mais pour cette année, le bus va faire des animations sur les routes nationales pour instruire sur l’utilisation d’Internet et parfois même des téléphones ». 

(+) : Quels projets pour les jeunes ? 

« En ce qui concerne les jeunes, des espaces numériques ont été implantés dans trois universités, notamment à Antsiranana, Fianarantsoa et Vontovorona. Le parc informatique a été totalement renouvelé dans les bibliothèques et laboratoires de ces universités qui forment des ingénieurs. Récemment, il y a quelques semaines, la bibliothèque de Vontovorona a été dotée de matériel informatique grâce à la coopération avec la Corée du Sud à hauteur de 300 000 dollars. Durant nos forums à l’étranger, nous démarchons les partenaires pour obtenir des financements ».   « De nombreuses choses ont été faites et doivent l’être rapidement. Le département va se focaliser sur les jeunes. Des projets ont été présentés durant la Conférence des bailleurs et des investisseurs à Paris. De nombreuses aides nous sont parvenues. Le Président de la République Hery Rajaonarimampianina a inauguré le site de "Webhelp" récemment. Cette entreprise est le numéro 2 dans le secteur des call-centers. "Amazon" est présent à Madagascar à travers cette société ». 

(+) : Par rapport à Maurice, Madagascar accuse toutefois un retard.  Quelles mesures ont été prises par le ministère pour inciter les investisseurs ?

(=) : « Justement, 10 projets ont été présentés durant la Conférence des bailleurs et des investisseurs à Paris en décembre 2016. Le plus important est la mise en place de centres de formation pour des call-centers. Dans la majorité des cas, les jeunes ne savent pas de quoi il retourne avant d’intégrer ces sociétés. Ces centres d’appel sont pourvoyeuses d’emplois. Au Maroc, 70 000 jeunes travaillent dans ce secteur. A Madagascar, 2 000 jeunes au minimum travaillent dans des call-centers. Les jeunes vont être préparés pour intégrer ces sociétés ».  « La mise en place d’incubateurs d’entreprise fait également partie des priorités du pouvoir. Ce projet est destiné pour les sortants des écoles d’ingénieurs. C’est un fait établi que les ingénieurs malagasy sont doués. Cependant, on constate qu’ils sont plutôt timides et ne savent pas vendre. C’est la raison pour laquelle les startups ne se développement pas encore assez ». « Les Malagasy ne doivent pas se contenter de rechercher des emplois. Les jeunes doivent aller vers le chemin de la création d’entreprise. C’est la raison pour laquelle il existe le projet présidentiel de mettre un centre incubateur. Durant deux ans, les jeunes diplômés seront accompagnés pendant leurs recherches par des personnes d’expérience, et cela, afin de leur permettre de se focaliser dans les études.  Les recherches et les financements sont trouvés. Il ne reste que la finalisation du contenu du projet actuellement ».  « La mise en place d’une connexion Internet wifi dans les places publiques fait également partie des projets présentés à Paris. L’objectif est de permettre aux jeunes de se familiariser avec Internet.  Il faut cependant voir les moyens d’encadrer cette connexion pour que cela ne dépasse pas les bornes. Le « Broadband » ou la mise en place d’infrastructures Internet à haut débit, afin de relier les écoles et hôpitaux dans les zones rurales en temps réel avec des spécialistes dans la Capitale, est également un projet. 250 000 dollars ont été trouvés. Le protocole d’accord concernant ce projet sera probablement signé à mon retour de Chine ».  

(A suivre…)

Recueillis par Lalaina Andriamampionona

3 Commentaires

  • Posté par Kurt
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Editorial

  • Noyautage indécent
    A la guerre comme à la guerre ! On attaque. On neutralise. Et tous les moyens sont bons. Le pouvoir en place, en position de force, ne lésine pas sur toutes les astuces pour terrasser l'adversaire, l'opposition. La presse, le quatrième pouvoir dit-on, l'une des armes les plus efficaces entre les mains des deux camps, constitue la cible idéale. Le mode opératoire, vieux comme le monde, consiste à étouffer les médias indépendants ou proches du camp d'en face.

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