Publié dans Dossier

Ministre Neypatraiky Rakotomamonjy - « Non à la passerelle internationale unique »

Publié le jeudi, 23 mars 2017

Près de trois ans après son arrivée à la tête du département ministériel d’Antaninarenina, le ministre des Postes, des Télécommunications et du Développement numérique a dévoilé les avancées dans son programme. Neypatraiky Rakotomamonjy s’est confié à notre rédaction. (Suite)

 

La Vérité (+) : Qu’en est-il de la Télévision numérique terrestre qui a beaucoup fait parler ?

Neypatraiky Rakotomamonjy (=) : « On ne l’entend plus parler actuellement parce que nous en avons déjà parlé aux opérateurs en télévision. Nous avons précisé qu’aucune télévision ne serait coupée. Nous avons jusqu’en 2020. Le cahier des charges est prêt. La mise en place doit être concertée entre les Malagasy, suivie d’une collaboration avec les partenaires financiers privés ou étrangers. Un consortium doit être publié ». 

« Aucun appel d’offres n’a été lancé jusqu’ici. Viendra un moment où les opérateurs seront appelés. Au début, les opérateurs ont haussé le ton, et maintenant ils sont actuellement silencieux une fois qu’ils ont été mis au courant des tenants et aboutissants de cette Tnt. Des formations ont été menées pour aplanir les angles. C’est un motif de contentement pour notre département ».

(+): Vous parlez souvent de libéralisation et de concurrence. Mais les usagers ne ressentent pas les effets de cette concurrence. Notamment dans le domaine de la téléphonie.  Qu’est-ce que le ministère peut faire ?

(=) : « Les textes en vigueur qui régissent la télécommunication garantissent la libéralisation totale de ce secteur. Les usagers ne peuvent pas voir cette concurrence car la tendance du marché est d’appeler des numéros du même opérateur. Raison pour laquelle les personnes ont plusieurs téléphones ». « C’est pour cela également que les téléphones à double Sim se vendent bien à Madagascar.  Le coût de la communication intra-opérateur est relativement peu élevé. Mais dès lors qu’on sort de ce modèle, la communication devient élevée. La part de marché des trois principaux opérateurs dans le domaine est d’environ un tiers chacun. "Bip" dispose d’environ 5 % de part de marché. Un chiffre en hausse ».  « Grâce aux décrets pris par le département, nous essayons actuellement de mutualiser les infrastructures des opérateurs. Cela diminuera le coût d’exploitation des opérateurs. Le ministère de tutelle veille également à éviter toute collusion entre les opérateurs ».   « Le secteur des télécoms et celui du pétrole ne doivent pas être assimilés. Ça ne marche pas de la même manière. Les tarifs des opérateurs téléphoniques sont différents. Orange va lancer prochainement sa 4G. Cela signifie que nous sommes dans un système concurrentiel. Telma ne sera désormais plus la seule sur ce créneau. Ce sera aux clients de décider, au vu de la qualité proposée par les opérateurs ».  « Notre département va négocier avec les opérateurs pour que les coûts d’interconnexion soient similaires. On veut que quand une personne dispose d’un téléphone, le coût d’un appel vers un des trois autres opérateurs soit le même. Dans ce système, les opérateurs auront la responsabilité de se partager les revenus. Actuellement, il y a trop de flux intra-opérateur. Les coûts sont minimes lorsqu’il s’agit d’appel vers un même opérateur. C’est lorsque l’on change d’opérateur que le problème se pose car les coûts deviennent exorbitants. Voilà pourquoi, à Madagascar, les usagers préfèrent avoir trois téléphones avec trois opérateurs différents ». 

« Nous insistons sur les effets bénéfiques de la mutualisation, qui a permis à la Grande île  d’être le premier en termes de "Mobile Money". Le ministère se borne toutefois à un rôle de conseil. Nous ne pouvons pas obliger les opérateurs à agir contre leur gré ».

(+) : Un projet de passerelle internationale unique avait créé de vagues il y a quelques années. Où est passé ce projet ? 

(=) : « Pour les marchandises en provenance de l’extérieur, il existe un droit de douane. Dans ce projet de passerelle unique, il est prévu que les communications internationales soient taxées de la même manière. Ce projet prévoit que tous les opérateurs locaux fassent transiter leurs communications par cette passerelle unique ou un "gateway" ».  « Si ce projet facilite la perception des "taxes", il risque néanmoins de créer des problèmes. C’est pour cette raison que les autres pays ne l’appliquent pas. A l’heure où l’on abat les frontières, cette passerelle unique risque d’isoler Madagascar ». 

« Il faut savoir en effet que cette passerelle doit être gérée par une société privée. Etant donné son monopole, cette plateforme permettra de bénéficier d’une confortable rente.  L’Etat aura certes sa part de gâteau, mais elle sera négligeable. Les investisseurs seront en revanche fortement lésés ». « Nous pensons donc que si Madagascar doit s’engager dans cette voie, cette plateforme devra être gérée à 100 % par l’Etat malagasy. Le pays possède les ingénieurs compétents pour ce travail. En tout cas, tant que je serai à la tête de ce département, je m’engage à ce que ce projet ne puisse pas voir le jour, car cela risquerait fortement de perturber le secteur ».  « Actuellement, l’Artec effectue des mesures de la qualité de service et met en place un système de lutte contre la fraude. Cela permet à l’Etat malagasy de gagner de l’argent. L’Artec calcule le nombre de communications internationales et nationales qui transitent à Madagascar. C’est la taxation sur le chiffre d’affaires, grâce aux chiffres obtenus, qui permet à l’Etat malagasy de gagner de l’argent et de fonctionner. Il y a aussi l’impôt sur le bénéfice, les redevances et le droit d’accise de 10 % ». 

Recueillis par Lalaina Andriamampionona

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Editorial

  • Intouchables ou impénétrables !
    La réelle volonté d’assainir le régime existe-t-elle vraiment ? La détermination du Président Rajoelina Andry de traduire en actes le Velirano (point XI) est-elle concrètement partagée avec toutes les autorités compétentes notamment celles chargées de traquer les auteurs de malversations financières ou autres ? On a la triste impression que la culture de l’impunité dans le « jardin » de la République serait, le conditionnel est de rigueur, encore et toujours florissante. Tout comme la culture du chanvre dans la grande forêt du Nord où les « cultivateurs » n’ont pas de souci à se faire. L’immunité dont bénéficient les hauts responsables ou les parlementaires du pays devient une sorte de bunker impénétrable.

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