Publié dans Dossier

Jour des morts - Une déperdition de la valeur des reliques ancestrales

Publié le mercredi, 01 novembre 2017

Auparavant, les Malagasy mettaient leurs ancêtres sur un piédestal, croyaient en leur bénédiction et en leur protection divine et respectaient tout ce qui s’y rapporte comme les tombeaux ou encore les reliques. Mais actuellement, ce respect est en déperdition pour des raisons religieuses ou encore pour des raisons plus malsaines comme les divers trafics.

Culture et traditions  : Une valeur ancestrale ancrée
La culture malagasy témoigne un intérêt particulier pour ses défunts. Effectivement, bien qu’ils ne soient plus de ce monde, leurs proches continuent encore de croire qu’il faut prendre soin de leurs dépouilles pour que leur esprit puisse vraiment reposer en paix. De ce fait, il y a des familles qui réservent une journée comme le jour du 1er novembre pour visiter le tombeau familial. « Pour nous, la visite de tombeau  est comme une visite de courtoisie pour montrer à nos proches qui sont déjà partis pour l’au- delà que nous pensons à eux », témoigne une mère de famille. Elle continue en ajoutant que « cette petite attention est comme pour leur montrer notre affection malgré leur disparition mais également pour leur demander de veiller sur nous de là où ils sont ». Il faut préciser que les Malagasy croient en la protection divine des ancêtres au même rang que celle de Dieu comme le cite le proverbe « Raha razana tsy hitahy, fohazy hiady vomanga ».
Des traditions chrétiennes toujours maintenues
Pour les chrétiens, particulièrement pour la religion catholique, une journée est dédiée aux prières des morts, c’est la journée du 2 novembre, appelée également commémoration des fidèles défunts. Durant cette journée, les croyants prient pour leurs familles ainsi que pour les âmes qui sont encore dans le purgatoire et qui n’ont pas encore accédé à l’au-delà. Toutefois, cette journée est toujours confondue avec la journée du 1er novembre qui est la journée de tous les Saints qui n’ont pas leur place dans le calendrier. Et c’est cette journée qui est fériée et non le 2 novembre. De ce fait, après avoir pris part à la messe célébrant tous les Saints, certains croyants catholiques prennent le temps d’aller sur le tombeau de leurs défunts pour y déposer des fleurs. C’est pour cette raison que la plupart des gens confondent les deux célébrations. Durant ces deux journées, les familles dédient des prières particulières à leurs proches déjà décédés.
Dans cet angle donc, les valeurs traditionnelles et chrétiennes se rejoignent et peuvent se conjuguer ensemble. 
Propos recueillis par Rova R.

La vie et la mort, deux mondes séparés
Une séparation entre le monde des morts et celui des vivants. Bon nombre de Malagasy respectent encore les traditions se rapportant au respect des morts. Ils essaient de montrer cet attachement par diverses activités dont le retournement des morts et la visite des tombes. Toutefois, ces pratiques ne concernent pas les chrétiens. Les personnes soumises à Dieu désapprouvent tous ces agissements. Les commandements de Dieu les empêchent voire les interdisent d’entrer en contact ou de créer un lien avec les sans vie. Pour un pasteur, la vie et la mort demeurent deux mondes différents. L’Ecclésiaste 9 : 5-6 mentionne même que « les vivants, en effet, savent qu'ils mourront; mais les morts ne savent rien, et il n'y a pour eux plus de salaires, puisque leur mémoire est oubliée. Et leur amour, leur haine et leur envie ont déjà péri; et ils n'auront plus jamais aucune part à tout ce qui se fait sous le soleil ». En tenant compte de ce verset biblique, il s’avère inutile d’en faire une festivité  quant aux retournements des morts poursuit-il. D’après toujours ses explications,  s’occuper de ses semblables constitue un devoir humain en étant vivant.  D’autant plus, les morts ne ressentent plus ni douleur ni  souffrance. C’est dans ce contexte que ce pasteur juge inutile les dépenses pour des  inanimés. Il existe parmi les connaissances, à savoir la famille, les voisins qui ont besoin de l’argent.  « Pourquoi dépenser les richesses  que le créateur a accordées à ses fidèles pour des pratiques ne répondant pas à ses commandements, pourquoi ne pas les donner aux pauvres », a-t-il poursuivi. Par ailleurs, les sociétés acceptant les pratiques liées aux morts affirment avoir été en contact avec leurs grands-parents. Elles prétendent que ces derniers les ont communiqués pour leur rendre visite et pour  leur apporter des couvertures.  Pourtant, aucun mort ne peut se montrer aux vivants. Cette affirmation est prouvée dans le verset biblique de  Esaîe, 26-14 dans lequel il affirme : « Ceux qui sont morts ne revivront pas, des ombres ne se relèveront pas; Car tu les as châtiés, tu les as anéantis, Et tu en as détruit tout souvenir ».
Kanto R.

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