Publié dans Dossier

Circulation à Antananarivo - Un incivisme à grande échelle

Publié le jeudi, 17 janvier 2019

 

A Madagascar, particulièrement dans la Capitale, les conducteurs, que ce soit de voitures ou de motos, circulent sans respecter les règles et les codes de la route. Une circulation sauvage peut définir proprement leur action qui ne se limite pas qu’à dépasser à droite pour les motos ou à faire une course sur les digues pour les taxis-be, mais aussi et surtout à conduire en état d’ivresse, outre la communication téléphonique  en circulation. Une éducation et  une sensibilisation s’imposent puisque conduire imprudemment est non seulement un danger pour le conducteur et ceux qui se trouvent au bord de la voiture ou autres engins à roue, mais aussi pour les piétons ou passants qui sont à la fin victimes des irresponsabilités des autres. La situation est plus ou moins préoccupante au sujet du civisme et le respect du code de la route qui crée ces derniers temps un débat sur la qualité propre à la pratique de la conduite dans les grandes villes notamment à Antananarivo. En effet, le problème de la circulation routière prend  ces derniers temps des proportions alarmantes qui font stresser les citoyens malagasy, ce facteur se définit par le non-respect du code de la route ou bien du manque de civisme et de citoyenneté. 

 

Pour la Ville des mille, ce problème a toujours été  lié à l’incivisme des usagers de la route, car chacun essaye d’user de la force devant l’autre pour finir bloquer dans ces ronds-points et boulevards pendant des heures, causant des fois même des disputes entre ces conducteurs fâchés à cause d’une longue durée d’attente. Et ce malgré la présence des Forces de l’ordre qui parfois ne maitrisent pas la circulation et provoquent même des embouteillages monstres. De nombreux conducteurs sont souvent bloqués aux ronds-points de la ville comme ceux d’Ankadimbahoaka, ou même celui d’Ankorondrano et Anosibe, voire celui du pont d’Ampasika et d’Anosizato.  La même situation  est observée pour le non-respect de la priorité à droite pour les conducteurs. De cet attachement maladroit naît une incivilité ambulante à conséquences négatives sur les visiteurs et les conducteurs qui se trouvent devant l’obligation d’attendre  longtemps pour sortir de la galère de la circulation surtout en cette saison de chaleur et de pluie.

Des recommandations devront sans doute être formulées telles que le port de casque avec l’appui de sensibilisation des chefs d’établissement scolaire, l’instauration de l’éducation civique et routière dans les écoles, une grande sensibilisation des conducteurs de taxis- motos sur les risques de transports de passagers… Aussi, il faut souligner que l’incivisme sous toutes ses formes et l’intolérance sont une menace pour la survie de la population et aucune couche sociale n’est épargnée. Il y a longtemps que l'incivisme a pris possession de la Capitale. Les exemples qui illustrent cette triste réalité se déclinent en termes de non-respect quasi systématique des codes de la route, suivi parfois d'outrage à agent en service, de refus d'emprunter les bandes cyclables, de défaut d'immatriculation, d'utilisation du téléphone portable en circulation, de défaut de visite technique ou d'assurance, etc. 

Quelquefois, les Forces de l’ordre favorisent cet incivisme avec la corruption. Certains chauffeurs ou des motards sont pris en flagrant délit de violation du code de la route mais ils choisissent de négocier avec les policiers ou les gendarmes. Un agissement contradictoire à la loi et puni par le code pénal malagasy. Mais cette pratique est néanmoins la plus courante sur les routes tananariviennes. Ce qui est grave, la corruption est plus chère que les amendes. Les Forces de l’ordre abusent carrément l’ignorance des gens et profitent donc de leurs mauvaises habitudes. Prenons un exemple : l’absence d’un casque est punie à 4000 ariary, mais en cas de négociation à l’amiable, les contrevenants paient quasiment le double, 5000 à 10 000 ariary au minimum. Ce que les usagers de la route devraient savoir donc, qu’en cas de corruption, la responsabilité est partagée : celui qui corrompt et le corrompu sont punis par la loi malagasy.

Quid des stationnements interdits 

Des charrettes circulant au calme sur route, en plein jour, jusqu’aux vendeurs qui stagnent au bord de la route en pleine ville en passant par les voitures et motocyclettes roulant sans papiers ou encore des voitures stationnant sur les trottoirs, on peut dire que tout le monde fait ce qu’il veut, sans respecter les règlements et la loi établis dans notre société. Dernièrement, la Commune urbaine d'Antananarivo vient de faire un rappel aux usagers qu'il est formellement interdit pour les voitures de stationner sur les trottoirs qui est réservés uniquement pour les piétons, ainsi que sur les rues à deux voies. Les propriétaires des véhicules qui stationnent en permanence sur les voies et rues citées dessus sont priés de les enlever dès que possible. La CUA a cité quelques endroits où les cas se font fréquents comme au Boulevard de l'Europe (de Jesosy Mamonjy au pont d'Ankasina), avenue Lénine (pont Behoririka au rond-point Antanimena), rue Dr Rahamefy (Ekar Antanimena à l'établissement Rafidison), rue James Ratsima et rue Rakoto de Mon Plaisir (FDC Ankorondrano à l'ex-office du Bacc à Ankadifotsy), rue Andrianaivoravelona zanany (de l'immeuble Aro Ampefiloha jusqu'au passage à niveau Ampefiloha, côté gauche), rue Russie (de Vola Boutique à l'immeuble Besoa côté droite) et enfin avenue Gal Gabriel Ramanantsoa (à partir de l'immeuble Bio 33 Ambatonilita côté gauche). Effectivement, tout véhicule à l'arrêt ou en stationnement doit être placé de manière à ne pas constituer un danger pour les usagers. Ils sont notamment considérés comme dangereux, lorsque la visibilité est insuffisante, l'arrêt et le stationnement à proximité des intersections de route, des virages, des sommets de côte et des passages à niveau. Tout arrêt ou stationnement dangereux et illégal est puni de mise en fourrière du véhicule et d’amende. 

Aussi, il nous semble indispensable de rappeler, d’une part, que les trottoirs sont réservés aux piétons pour leur sécurité, notamment pour les parents accompagnés de leurs enfants en poussette et les personnes handicapées circulant en fauteuil roulant. Un trottoir occupé par un véhicule oblige les passants à poursuivre leur chemin en descendant sur la chaussée au risque de se faire faucher par une voiture.

La visite technique, une grande  responsabilité à part entière

La circulation à Antananarivo s’empire de jour en jour. Avec les embouteillages monstres qui se créent dans tous les quartiers de la ville, les accidents de circulation qui tuent des gens, les usagers de la route doivent être préservés en priorisant la sécurité routière. Les taxis-brousse, les taxis-be et les voitures de location doivent, en particulier, passer une visite technique pour éviter les pannes au cours des trajets. En effet, le mauvais état des véhicules peut paralyser la circulation  qu’il faut prendre toutes les dispositions légales. L’on constate depuis des années que la sécurité des passagers ne demeure pas la priorité des conducteurs. Cela se prouve à travers leurs agissements, l’entretien de leur voiture et la qualité de service offert. D’un part, il existe notamment des chauffeurs en etat d’ivresse et qui se croient sur un circuit de course et entrent en compétition avec leurs semblables. D’autre part, ceux qui ne veulent pas suivre le Code de la route. Toutefois, en choisissant ce métier, les automobilistes s’engagent volontairement à préserver la sécurité de leurs voyageurs. Pour l’Etat, leur intervention dans cette  sécurisation concerne la visite technique. Effectuée tous les 4 mois auprès du centre de visite technique à Alarobia, cette révision technique requiert une somme de 15 000 ariary. A peine 15 minutes d’entretien technique, le système de  direction, le freinage, le moteur  et l’éclaraige sont examinés par des experts en mécanique. A cela s’ajoutent l’état intérieur et extérieur de la voiture, la transmission et la suspension. 

Selon  le Colonel Ranedson Gélin, chef de centre de visite à Alarobia, depuis le mois de novembre 2018, l’unité constituée de l’équipe mobile de contrôle routier a été changée en un service indépendant du centre de sécurité routière qui dispose une couverture nationale. En effet, ce nouveau service assure le suivi des véhicules de  transports publics desservant les villes et les zones éloignées dont Toamasina, Ihosy, Antananarivo. Ces actions se traduisent comme  une forme de répression au niveau routier à Madagascar. Deux équipes de quatre personnes assurent désormais  la contre-visite des véhicules au service  du grand  public. Elles sont mobilisées pour identifier les nombreuses irrégularités commises par les transports en commun dans toute la Grande île. L’on peut citer la vérification  des cartes grises et l’identification. En outre, elles se servent des renseignements communiqués par la Gendarmerie, la Police nationale, les responsables auprès de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) ainsi que les simples citoyens, pour orienter leurs actions. 

 

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Fil infos

  • Attaque de la chenille légionnaire - Antanetibe Mahazaza sur le qui-vive
  • Commune urbaine d’Antsirabe - Les employés décrètent la grève générale
  • Arrestations « musclées » de Rajaonah et Eddy « bois de rose » - Les Forces de l’ordre justifient leurs actions
  • Kidnapping à Tsaratanàna - Complicité de certains gendarmes ?
  • Décès de la jeune Andotiana - La Police française conclut à une mort par noyade
  • Critiques à tout-va et prématurées - Les détracteurs du régime se ridiculisent
  • Habitation - Des logements sociaux sur 58 ha à Ivato
  • Délestage - La JiRAMA avance une cause technique et environnementale
  • Epidémie de rougeole - Vaccination gratuite des enfants dans 22 districts
  • Assassinat de Richard Ratsimandrava - Un témoin oculaire révèle des faits troublants

La Une

Editorial

  • L’effet de domino !
    L’interception de Mbola Rajaonah, jugée rocambolesque pour certains, courageuse pour d’autres, déclencha, qu’on le veuille ou non, des ondes de choc dont les fortes vibrations vont secouer d’autres « éléments ». Bien avant, après une petite semaine de leurs installations, les nouveaux responsables mirent aux arrêts une grosse tête de l’ancien régime HVM, Hugues Ratsiferana, pris en flagrant délit de vol et un gros poisson des trafics illicites des richesses naturelles et endémiques du pays, Eddy bois de rose. Ce dernier et Mbola Rajaonah, jusque-là intouchables, mettent en péril la vie des 25 millions de Malagasy. Certes, des « criminels » de leur gabarit existent en quantité dans le pays. Il faut les traquer sans attendre ! Il y a urgence.

A bout portant

AutoDiff