Publié dans Dossier

Routes nationales - Entre galères et aventures des chauffeurs !

Publié le jeudi, 07 février 2019

Aventures agréables et qui ne le sont pas parfois, des surprises sur les routes, des efforts et beaucoup de concentration…les chauffeurs passent leur temps dans leur petit ou plutôt grand bijou qu’est la voiture. Deuxième femme et famille, ils doivent en prendre soin et cela nécessite beaucoup d’attention car quoi qu’il arrive, ils sont comme un capitaine de bateau, ils doivent tout faire pour arriver à destination. En effet, être chauffeur n’est pas le plus beau des métiers, comme l’affirment quelques uns, mais pour pouvoir nourrir la famille, il faut faire du sacrifice avec la tête haute. Sacrifice effectivement puisque les dangers ne sont pas loin quand on est sur route. Beaucoup ont même finit par payer de leur propre vie. Quoi qu’il en soi, un seul objectif dans la tête pour les chauffeurs, arriver à destination et éviter les dangers. En avant !

Antananarivo – SAVA
Quand  tout est question d’argent !

« La route nous fait perdre de l’argent »
Rasolo, conducteur de Taxi-brousse, ou plutôt de camion transporteur nous raconte sa vie. Même s’il ne conduit son engin que depuis un an, il connait déjà par cœur tout ce qui se passe sur les routes. Selon lui, les dahalo sont les cadets que leurs soucis. Sur route, ils font face à de plus graves problèmes que tout le monde connais sûrement : la coupure des routes. Saison de pluie ou non, tous les camions doivent passer par des sortes de déviations. Comme son nom l’indique, une déviation est une route bâti exprès pour faire passer les voitures. Des grands détours qui passent par les champs des paysans, par des terrains occupés et parfois même par la cours d’un petit village. Effectivement, les voitures ne pourront pas y passer sans donner de l’argent aux propriétaires. « A partir de Betsiky jusqu’à Maromipoitra, on doit passer par plusieurs déviations. Les routes sont totalement impraticable, raison pour laquelle nous devons passer par d’autres terrains. Nous devons donc préparer à l’avance des sous pour ce genre de problèmes. Le prix vari entre 10 000 Ariary jusqu’à 40 000 Ariary. Puisqu’on n’a pas le choix et que la route nationale est quasiment coupée par l’eau, nous devons faire avec. De notre départ jusqu’à destination, nous devons faire au moins une déviation de 12 fois. Imaginez le prix que ça nous coûte alors qu’il faudrait tout simplement réhabiliter les routes », explique Rasolo durant une interview. Le prix du voyage dépend donc du saison, et il ne faut pas attendre que cela baisse car même en saison sèche, les routes sont dans le même état.


Il faut d’abord payer
100 000 Ariary le frais normal, en cette saison de pluie – malgré que certains chauffeurs décident de ne pas faire de voyage – le prix peut augmenter jusqu’à 120 000 Ariary voire même plus. Toujours selon Rasolo, à part payer les frais de déviations, ils perdent aussi beaucoup de temps sur route. « A part l’argent, nous perdons aussi notre temps, tout comme les passagers d’ailleurs. En cas d’encombre, nous pourront passer jusqu’à deux jours sur une seule déviation. Ceci parce qu’il y a des moments où certaines voitures ne peuvent pas y passer à cause de leur suspension ou autres problèmes techniques. Plusieurs fois, il nous est arrivé de faire marcher à pieds les voyageurs. La moitié de la déviation, ils les font à pied, et la moitié en voiture. Il n’y a pas de transbordement. Pour aller à Antananivony par exemple, ils devront marcher notamment à Masiso Ronono, à Antsamelomeloka… ils ne rejoignent la voiture que quand la route est praticable », continu-t-il. L’autre problème c’est que personne ne peut aider le chauffer et ses deux compagnons. « Pour être aider, il faut payer. Sur route, tout est question d’argent ! », explique Rasolo. Concernant la corruption sur route, avec les forces de l’ordres. Rasolo affirme que ces derniers ne se trouvent que très rarement sur route. Donc il y a peut de chance qu’ils se font exploité par eux. De Ambilobe jusqu’à Maromipoitra, les chauffeurs ne croisent que trois groupes de polices et de gendarmes.
A l’abri des dahalo ?
Payer par mois par le propriétaire de la voiture, Rasolo affirme ne faire que deux voyages par mois : « Nous sommes plus de sept voitures donc chacun son tour de partir. D’autres réalisent des voyages malgré le temps, mais pour nous, ça dépend toujours du boss. En ces deux voyages, il nous arrivent même de ne pas remplir les chaises. Nos départs se font chaque mardi, jeudi et samedi ». Concernant les dahalo sur route, Rasolo raconte que « ce sont plutôt les Sprinter à destination de Diego ou de Majunga qui sont victime des dahalo. C’est peut être à cause du taille de la voiture ou bien les malfaiteurs pensent que c’est plus facile à arrêter avec des simples obstacles comme des gros moellons ou bois. De plus, nous quittons Antananarivo de bonne heure donc il a une forte chance que nous dépassons les zones à risques pendant qu’il fait jour. Nous arrivons aux alentours de Manerinerina au couché du soleil, à Ambondromamy vers minuit. De ce point jusqu’à destination, il n’y a plus rien à craindre ».
Puisque le stationnement se trouve juste au côté de Masay, Rasolo n’a pas hésité à le prendre comme exemple pour inciter les autorités compétents à prendre leur part de responsabilité pour résoudre une bonne fois pour toute ce grand problème qui persiste depuis trop longtemps. « Plusieurs points sont à réhabilité car certaines routes sont inondées par l’eau comme celui de Masay. Donc imaginez comment les voitures, même des camions comme les notre peuvent y passer sans avoir de problème. Et même si nous arrivons à y passer à chaque fois, à part l’argent que ça nous coûte aux déviations et aux autres frais, nous devons aussi payer plus pour l’entretient des camions dont les pièces coûtent la peau des fesses. Le pense que notre nouveau Président a déjà inscrit la réhabilitation des routes Tana – Sava et j’espère du fond du cœur que les travaux commenceront bientôt », ajoute Rasolo.
Vie familiale malgré tout
Pour Nary, transporteur au sein de la coopérative FIFIABE et Mirindra, les problèmes sont les même. Avec l’usure des routes, le trajet Antananarivo – Sambava prend jusqu’à 4 à 5 jours. « Nous sommes trois dans la voiture, moi et deux aides chauffeurs. Le plus grand défi sur la route est de savoir à quel moment dormir pour éviter les accidents. Sur route, il peut arriver aux chauffeurs d’avoir les yeux ouverts, les mains sur le volant et les pied à l’accélérateur tout en dormant. Torimaso fotsy, comme on l’appel. C’est la plupart des causes des accidents sur routes. Donc dès qu’on a envie de dormir, on demande au successeur de remplacer, et la route continue. On ne peut pas s’arrêter sur route dormir car les Dahalo pourront débarquer et tout dérober. De plus, les voyageurs sont pressés et doivent arriver à destination à l’heure. Mais bien-sûr, cela dépend des surprises sur routes », raconte Nary, chauffeur depuis maintenant 20 ans. Depuis toutes ces années, Nary dénonce la morosité des routes surtout de Ambilobe à Vohémar, de Manerinerina à Ambanja.
Pour Nary, expérimenté dans le domaine du transport, la vie familiale existe toujours, malgré son absence dans le foyer : « nous faisons 3 voyages par mois à Sambava. Pendant les temps de pauses, on s’occupe de l’entretien de la voiture au garage. Je passe peu de temps à la maison : 6 jours par mois à la maison. Mais il faut bien se sacrifier pour pouvoir nourrir sa famille. C’est pour eux que je travail donc tout le monde se doit de se comprendre. Cependant, je trouve toujours le temps pour ma femme et mes enfants, surtout pendant les fêtes, j’essaie de les passer avec eux ». En tout cas, être chauffeur est avant tout se sacrifier pour ses passagers. Quels que soient les problèmes sur route, le chauffeur reste le premier responsable et doit tout assumer. Pendant ses 20 ans, Nary n’a jamais été victime d’accident. Son secret, la vigilance et la prière.
Selon les dernières informations recueillis, le Président de la république Andry Nirina Rajoelina a fait une descente sur les routes reliant Ambilobe et Vohemar le mardi 5 février dernier. La réhabilitation commencera depuis peu puisque ce dernier reviendra sur place après un mois avant d’entamer les travaux. Une bonne nouvelle pour les utilisateurs de cette route.

Patrick Rodel Rakotoarinirina alias “Riri”
Plus de six années d’aventures et d’angoisse sur la RN7

21 ans de service en tant que chauffeur. Patrick Rodel Rakotoarinirina, « Riri » pour ses amis et proches, a passé par toutes les zones de transport en commun, depuis les taxis et taxis-be avant de trouver sa vraie place dans les taxis-brousse. « Je me lassais des taxis et taxis-be, avec les embouteillages et les agents de circulation contre une mince recette quotidienne. C’était plus stressant », nous confie-t-il. Ce chauffeur a ensuite intégré la zone régionale puis celle nationale, dont l’axe de la Route nationale N°7 (RN7) où il a exercé pendant plus de 6 ans maintenant pour desservir Antananarivo et Fort Dauphin, en passant par plusieurs localités. « L’état piteux des routes et l’insécurité grandissante sur cet axe ne constituent pas de frein pour moi. Au contraire, ces contraintes me poussent à aller de l’avant et à faire de mon mieux pour le boulot. Par contre, je ne cesse de doubler de vigilance pour ma sécurité et celle des voyageurs », ajoute cet homme quadragénaire.
Trois à sept jours de voyage
La saison des pluies aggrave les choses. L’état déplorable des routes sur la RN7 se constate depuis le sommet d’Ihorombe jusqu’à Fort Dauphin. Les routes sont boueuses et presque impraticables durant la saison des pluies et très poussiéreuses lors de la saison sèche. « Au lieu de 3 jours de voyage, jour et nuit, le trajet Tanà- Fort Dauphin se fait actuellement en 7 jours. En partant d’Ihosy dans la journée, nous sommes contraints de nous arrêter à Ankilivao ou Antritriva, des zones rouges situées à 60Km de là, pour nous reposer et éviter les « dahalo », avance Riri. Les routes sont aussi pitoyables du côté de Soanala, Beraketa, Andalatanosy et Antanimora-Ambovombe. Pour cette dernière localité, la route était déjà terrassée avant de se dégrader suite aux pluies abondantes de ces derniers temps. Un petit trajet auparavant effectué en 4h se fait en ce moment en un jour, le temps d’attendre que les eaux se retirent et que les routes soient de nouveau accessibles, à en croire le conducteur. Cette situation explique la révision à la hausse du frais de transport, passant de 70 000 ariary à 80 ou 90 000 ariary en cette période.
Les aventures au rendez-vous
Les interventions des passagers marquent les aventures de « Riri » dans chacun de ses voyages. « Je me plais dans ce travail. J’ai pu gagner la confiance et l’estime de bon nombre de voyageurs, issus de divers secteurs, mais surtout la plupart d’entre- eux sont devenus des amis, mes amis », se réjouit le conducteur de « Karandall ». En fait, les passagers coopèrent facilement et m’aident à surpasser les obstacles, à travers les encouragements, les compliments et les blagues mais aussi les cris et les inquiétudes. Lorsque le véhicule patine dans les boues ou eaux montantes par exemple, ils me soutiennent pour en sortir. Ils acceptent de camper dans une localité sur proposition des chauffeurs, une occasion de se connaître, de s’échanger et de passer agréablement la nuit, après une journée de fatigue et d’angoisse, par peur de l’insécurité. « Personnellement, moi et mes passagers n’avons jamais fait face à des attaques des bandits, je loue le Tout Puissant pour cela. Par contre, nous avons déjà survécu les petits barrages qu’ils ont érigé au travers de nos chemins », nous relate le conducteur. Outre ce bon côté des choses, il a aussi vécu des mésententes avec certains passagers, notamment ceux qui grognent à cause du trajet allongé par l’état pitoyable des routes, nécessitant des déviations, d’après « Riri ». « Dans tous les cas, je m’y plais malgré les risques du métier », résume-t-il.
Une trentaine de contrôles par les PR
Outre les vérifications et contre-vérifications faites avant de quitter la gare routière du « Fasan’ny Karana », Riri comme ses collègues conducteurs s’apprpêtent aux contrôles effectués par les agents de Police de la route (PR). Pour son trajet Tanà- Fort Dauphin, 30 à 40 contrôles des PR se font. « Des agents s’implantent et effectuent les contrôles depuis la sortie du stationnement, puis à Ankadimbahoaka, By Pass, Anjomakely, Ambatofotsy, Behenjy, Ambatolampy, Antanifotsy, et ainsi de suite. Il s’agit d’un geste systématique mais « payant » puisque les chauffeurs doivent allouer de l’argent aux PR, même s’ils n’en demandent pas directement, pour éviter les problèmes et critiques inutiles. Laisser ce « pourboire » facilite la collaboration avec le PR, voire le bon déroulement du voyage », témoigne notre source. Il n’a pas tenu à communiquer le montant du « pot de vin » alloué sur chaque barrage de contrôle. Toutefois, il dénonce certaines pratiques illégales des agents de PR, lesquels profitent de certaines situations pour soutirer le maximum d’argent. « Un policier m’a donné une fiche de contravention pour une légère infraction. Au prochain barrage, un autre agent m’a balancé une suspicion de corruption, au point de retirer les papiers du véhicule. En refusant tout arrangement à cet instant, je préfère désormais payer les droits de fourrière à 85 000 ariary, refusant tout arrangement à cet instant », raconte-t-il.
Des mois d’absence, loin de la famille
Avec son métier de chauffeur long trajet, Riri voit rarement sa femme et ses 2 enfants, âgés respectivement de 18 et 11 ans. « Je rentre et reste à la maison que quelques jours dans l’année. La preuve, j’ai quitté ma femme quand elle était enceinte de notre benjamin pour ensuite rentrer après son accouchement. Cependant, je consacre ces temps de repos pour ma famille afin de combler les mois d’absence loin d’eux. Nous organisons des piques- niques et sorties en famille, outre les conversations entre parents et enfants. Ma vie conjugale se base, quant à lui, sur la confiance et le respect », nous révèle le conducteur.
En servant de porte-parole aux chauffeurs de cet axe sur la RN7, Riri interpelle les autorités compétentes à passer aux travaux de construction et d’aménagement des routes. Cela facilitera à la fois les voyages et le développement des localités. Quant à la lutte contre l’insécurité, renforcer l’effectif des agents des Forces de l’ordre et de leurs équipements dans les zones rouges, comme à Ankilivao et Tritriva, constitue une issue. « Les agents sont en sous-effectif et ne dispose pas des moyens adéquats pour assurer leur travail. Octroyer des motos ou véhicules 4x4 pour chaque zone rouge s’avère indispensable. Pour leur part, les agents devraient bien assurer leur rôle. En arrêtant un bandit par exemple, ils devraient entamer jusqu’au bout les poursuites judiciaires et non les libérer contre une conséquente somme d’argent ou des têtes de zébus. Bref, la loi devrait être appliquée comme il se doit », conclut-il.

Tana-Morondava
Un danger  mortel tant pour les voyageurs que pour les chauffeurs
L’insécurité grandissante au niveau de la route nationale reliant Antananarivo et Morondava fait perdre la vie à des voyageurs. Le vécu des chauffeurs de la zone nationale desservant cet axe se définit à l’inquiétude, à l’angoisse interminable. « L’on essaie d’être fort physiquement mais surtout moralement. On remet à Dieu notre voyage et on ne cesse de prier pour arriver sain et sauf à destination » raconte Faly Théodore, un des transporteurs opérant sur ce trajet depuis 8 longues années. En effet, la présence des bandes armées agressant les automobilistes sur les routes met en danger la vie des voyageurs et des conducteurs. « Plus récemment, le mois de décembre dernier, un taxi-brousse a été victime d’une attaque à proximité de Miandrivazo. Les coupeurs de route ont lancé des pierres à l’endroit du chauffeur. Cela dans le but d’immobiliser la voiture. Pris au dépourvu et pris de panique, le chauffeur n’a plus maitrisé le volant et la voiture s’est retournée. Un voyageur a rendu l’âme lors de cet accident sans compter le nombre des blessés. De notre côté,  on a vite rebroussé chemin» témoigne-t-il.
À chaque passage au niveau des zones rouges, plus précisément au niveau de la limite séparation des régions situées àAmbatakazo, les chauffeurs doivent être vigilants et attentifs au moindre mouvement. Or, des gendarmes qui perçoivent des indemnités de notre part défendent nos arrières.  « 2 éléments de la gendarmerie qui se placent dans deux taxis-brousses différents effectuent le voyage avec nous. Ils assurent la sécurité de quatre voitures. Pourtant, cette disposition demeure inopérante. La mise en place d’une poste avancée dans les zones rouges  va certainement résoudre ce problème d’insécurité» suggère FalyThéodore.
Par ailleurs, en tant que chauffeur de la zone nationale, ma vie de famille est assez compliquée. Le temps que  je passe avec ma femme et mes 3 enfants est assez  limité.   Hebdomadairement, je reste en moyenne deux jours. « Une journée après un voyage, j’essaie de porter une attention spéciale envers mes enfants pour combler le vide durant mon absence » avance-t-il.

RN 44, des bagages disparaissent en plein routés
Des millions à rembourser

État des routes pitoyable, conditions de voyage éprouvantes. Depuis plus de 14 ans, Rabearimalala Arnaud a opéré sur la route nationale numéro 44 reliant Antananarivo etAmbatondrazaka. Au cours de ses voyages, il ne cesse de rencontrer des difficultés et surtout de résoudre des problèmes sans payer le prix fort. La dégradation de cette RN 44 causant l’insécurité en demeure la véritable raison. Outre le manque de sommeil, la fatigue, l’inquiétude durant le voyage, les chauffeurs doivent rassurer leurs clients. Il leur arrive de se faire accuser de vol et d’être complice avec les malfaiteurs. En espace de 4 années, les transporteurs effectuant le trajet Tana-Ambato doivent s’attendre toujours à des attaques des bandits. Mais ce qui est très répandu se porte sur le vol des bagages des voyageurs. Entre Andaingo et Ranofotsy, environ 22 kilomètres, rouler à plus de 40 kilomètres y demeure impossible. « La vitesse peut descendre jusqu’à 15 kilomètres par heures sur 7 kilomètres notamment au niveau de Ranofotsy. À cette occasion, les malfaiteurs profitent pour s’emparer des bagages sous le toit de la voiture. En pleine route, ils arrivent à déchirer la bâche bien serrée en nous faisant perdre des millions. « En 2017, deux des quatre cartons qui ont été supposés se trouver sous le toit ont disparu. Le propriétaire nous a ainsi réclamé le prix des objets perdus   qui se trouvaient être des ordinateurs. Le coût total des cartons est estimé à 3 millions d’Ariary. Après les va-et-vient et les négociations au niveau de la poste des forces de l’ordre à Ambatondrazaka, le montant à rembourser a été déterminé. Il a fini par accepter la somme de 1.500.000 Ariarys proposée » raconte Rabearimalala Arnaud.

La voiture en pièce détachée.
  « Une fois, j’étais victime d’une panne d'un embrayage. Avec  la médiocrité de la route suite à des pluies persistantes, en partant d’Ambatondrazaka vers Antananarivo, ma voiture n’a pas arrêté de patiner pendant environ  une heure 30 minute. Le voyage de retour m’a été ainsi fatal.  Mon disque d’embrayage m’a lâché à Mankajakandriana» raconte Rabearimalala Arnaud,  Chauffeur auprès de la coopérative Anjara Transport.  Selon ses propos, dans ces cas, il a dû appeler un depanneur à qui il doit verser ses recettes. « On dépense dans les trois heures à attendre la voiture de rechange. Mais cette attente n’est rien devant la perte poursuit-il. « Si je dispose 200 000 ariary  dans ma trousse, je suis contrainte de les donner en toute totalité au conducteur qui est venu à mon secours » souligne  Rabearimalala Arnaud.

Maintirano
« A plusieurs reprises, j’étais à deux doigts de la mort »
Maintirano est un District de la Région de Melaky, situé dans l'Ouest de Madagascar. Il se trouve à environ 600 kilomètres de la capitale Antananarivo. Pour s'y rendre, par voie routière, il faut parcourir environ 600 kilomètres de route dont 200 km bitumée d'Antananarivo à Tsiroanomandidy et 400 km de route secondaire difficilement praticable en saison des pluies. Outre un paysage, tant convoité par les touristes, le port de Maintirano dispose actuellement d’un thermal petrolier. Pourtant, derrière cette richesse et beau paysage, se cachent un danger imminent, l’attaque des Dahalo. L’insécurité et la dégradation avancée de l’infrastructure routière, notamment de Tsiroanomandidy à Maintirano font pleurer les voyageurs et les transporteurs. Outre les taxis –brousse reliant directement Antananarivo, Tsiroanomandidy et Maintirano, il y a aussi la voie maritime à Mahajanga. Dans la plupart du temps, ce sont les voitures de location qui effectue le trajet Tsiroanomandidy- Maintirano. D’ailleurs, ce sont les touristes et les vendeurs de zébus qui sont leurs principaux clients.
Une aventure, on dirait ! Mais un enfer pour les nouveaux voyageurs. Randrianantenaina Jean Charles est un chauffeur de Taxi – brousse reliant Antananarivo et Tsiroanomandidy, depuis plus de 10 ans. Sa famille est originaire de Maintirano. Il a décidé de quitter sa ville natale, pour chercher du travail à Antananarivo, où le climat est plus apaisant, dit-il, concernant l’insécurité. « Mon oncle dispose d’une agence de location de voiture à Antananarivo. Il m’a proposé de devenir un chauffeur de location, puis chauffeur de taxi- brousse ».
L’année dernière, il a décidé de quitter ce travail pour conduire de nouveau une voiture de location. A plusieurs reprises, il était déjà à deux doigts de la mort. «Chaque mois, j’effectue deux ou trois voyages en aller retour, Antananarivo – Maintirano ». La fatigue, l’inquiétude, la prière ainsi que le coup des feux sont les quotidiens des chauffeurs et voyageurs.  Son véhicule est déjà victime d’attaque à plusieurs fois, mais il est toujours sorti indemne, malgré que, des passagers et des gendarmes ont succombé. « C’est comme dans les films sauvages. Une vingtaine de dahalo munis de « Moara », des sabres et des fusils se surgissent dans les brousses. Ils entourent les véhicules, émis un coup de feux, pour faire peur aux voyageurs et les sécouristes. Parfois, ils vont jusqu’à nous agresser. Nous ne pouvons pas prendre la fuite puisque la route est dans de très mauvais état. Une fois les gendarmes en place, c’est à ce moment là que les voyageurs repris leur souffle en pleurant ou crier.
 D’après Charles, chaque semaine, on n’entend pas moins de deux affrontements mortels entre les gendarmes, et les dahalo. Durant la saison de pluie, on réalise un trajet de 200 km à trois jours, même plus.  Afin d’éviter le danger, nous ne dormions jamais dans les brousses et circuler durant la nuit. On s’arrête dans les villages. Malgré la présence du militaire dans les taxi-brousse, cela ne diminue pas le risque. Pour les aider, beaucoup de pasagers emportent avec eux de l’eau bénite. Contrairement à lui, beaucoup des chauffeurs de taxis-brousse ne veulent pas quitter ce travail.

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Editorial

  • Retour sur terre
    La petite semaine de ferveur de Pâques prend déjà fin. Après avoir été « dans les nuages », on redescend sur terre. Les choses sérieuses attendent. Malgré que les célébrations des fêtes de Pâques n’atteignent pas le degré d’exultation de celles de Noël, elles ont quand même réussi à remplir leur contrat. Eglises et temples ont été pris d’assaut et les … affaires des commerçants, tout gabarit confondu, n’en déméritent pas. Normalement, les réjouissances de Pâques devraient revêtir une importance capitale parmi les chrétiens du fait qu’elles sont les seules fêtes inscrites et recommandées par Dieu dans les Saintes Ecritures judéo-chrétiennes ou la Bible. Les seuls « Jours de réjouissances » où chrétiens et juifs (judaïsme) célèbrent ensemble, à leur manière chacun, ces « andro firavoravoana ». Par contre, les célébrations de Noël, telles qu’on assiste dans les temples et églises, sont pour la plupart de pures inventions dans l’imaginaire des hommes. La Bible n’a jamais…

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