Publié dans Dossier

Violences conjugales - Quand l’amour génère l’enfer…

Publié le vendredi, 15 février 2019

La fête de la Saint-Valentin a été célébrée en grande pompe, il y a 2 jours, notamment côté commercial. Une occasion pour les couples de renouveler leurs vœux et renforcer leur amour. Mais en dehors d’une vie de couple en harmonie, bon nombre de femmes mais aussi d’hommes vivent un calvaire au quotidien, notamment à cause de la violence conjugale. Celle-ci se manifeste sous différentes formes et ce, non seulement par les coups et blessures mais aussi sous celles verbales, morales, sexuelles, etc. Dans la plupart des cas, l’amour génère l’enfer pour les victimes qui préfèrent se murer dans le silence et souffrir le martyr, jusqu’à en finir avec des séquelles à vie ou pis, à en mourir. Selon les informations recueillies auprès des acteurs, 2 femmes sur 3 sont victimes de violences à Madagascar mais seule une minorité ose les dénoncer auprès des centres, institutions ou autorités compétentes. D’autres prennent des mesures radicales comme le divorce ou le choix de devenir mères célibataires. Dans tous les cas, les victimes ont besoin d’aide pour surmonter leurs supplices et survivre…

Les femmes sont les plus victimes de la violence conjugale à Madagascar. Selon les chiffres du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), 26% des femmes subissent des violences physiques, 24% des violences psychologiques et affectives, 39% sont abandonnés par leur conjoint et 11% victimes de violences sexuelles. En tout, 65% des femmes malgaches sont victimes de la violence conjugale, soit plus de la moitié.D’ailleurs les chiffres du Centre d’écoute à Soavinandriana renforce ces statistiques. « 40 à 50 femmes arrivent chaque mois dans notre centre d’écoute contre un homme tous les trois mois.

La majorité dénonce la violence physique », constate madame Zo Raharifaramahaleo, psychosociologue du Centre. Pourtant, les femmes persévèrent face au joug qu’elle supporte. D’un côté, à cause de la méconnaissance de leur droit et d’un autre, c’est à cause de la culture malgache. « Dans notre culture, le mariage incarne la patience et la persévérance. Ainsi, les femmes divorcées sont pointées du doigt par la société. Tout simplement car c’est une honte de vivre un mariage brisé. Aussi, les femmes malgaches ont peur de la séparation. En plus, elles espèrent qu’un jour leurs maris changent en souvenir du stade de lune de miel. C’est pourquoi elles s’attachent à leur foyer», explique la dame.
Par ailleurs, les femmes victimes de violence ont besoin d’accompagnement et de soutien pour trouver la force de dénoncer leurs maris à cause des risques que cela engendre. « La majorité des femmes mettent des années pour décider à mettre fin aux tortures qu’elles subissent par peur de leurs maris. Parmi le record de notre Centre figure une femme victime de violence durant quarante-ans de mariage. Lorsqu’une femme arrive dans notre centre, nous lui présentons les différents cycles de violence ainsi que les droits acquis issus du contrat de mariage. En même temps, nous la rassurons pour qu’elle n’ait plus peur puisque le centre dispose de psychologue, de police et de magistrat pour l’encadrer. C’est pourquoi 80% des femmes encadrées décident de mettre fin à leur situation», ajoute la psychosociologue. En tout cas, toutes formes de violence conjugale sont punies par la loi.
Solange Heriniaina

Elles en témoignent, lui aussi...
- J’ai rencontré mon mari en 2003. A l’époque on s’aimait beaucoup. Mais c’est quand j’étais enceinte de mon fils aîné que j’ai découvert qu’il est toxicomane. Il passe son temps à fumer de l’herbe et boire. Il ne me donnait pas de l’argent. Quand je lui réclame de la monnaie, il me battait. Il m’a jeté directement de l’eau bouilli alors que j’étais enceinte de quatre mois. Heureusement, j’avais un patron pour me protéger (lessiveuse habitant à Ampasanisadoda)

-Je suis encore amoureuse de mon mari bien qu’il me maltraite. En fait, j’ai récemment appris qu’il vient d’enceinter sa collègue de bureau. C’est sa maîtresse même qui m’en a informée. Depuis, je ne cesse de pleurer, en me sentant trahie. Il m’a toutefois battue quand je lui demandais des comptes à ce sujet. C’est dur à avaler, je sais, mais je ne vais pas me séparer de mon époux. « Pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à ce que la mort nous sépare » est ma devise (jeune cadre résident à Tsimbazaza).

-Mon mari ne cesse de me blesser par ses mots et ce quotidiennement. A vrai dire, il a une maîtresse et essaie de se débarrasser de moi avec ses gestes. Je n’envisage toutefois pas de céder aussi facilement, surtout après tout ce que j’ai enduré pendant ces 12 ans de mariage. D’ailleurs, j’ai fait beaucoup de sacrifices pour avoir ce confort dans lequel mes 3 enfants et moi vivons actuellement. En plus, je ne veux pas que les enfants vivent loin de leur père, même s’il découche une ou 2 nuits par semaine avec des excuses bidon sur sa profession. (Mère au foyer habitant à Ampitatafika)

-J’ai entamé les procédures de divorce depuis maintenant 4 mois suite à l’adultère de mon épouse. En fait, je l’ai pris en flagrant délit avec son amant, sortant d’une chambre d’hôtel en centre ville, suite à une information de mon meilleur ami. D’ailleurs, elle n’a pas nié les faits et a accepté le recours au divorce. L’annulation du mariage est désormais irrévocable. Je ne supporterai plus de vivre avec elle, après 6 années de vie commune marquées par des mots blessants et des provocations (jeune époux fonctionnaire résident à Soanierana).

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Editorial

  • Assainissement et non règlements de comptes !
    La traque des auteurs de magouilles continue et s’intensifie même. Les interceptions s’amplifient et ne font aucune distinction ni un « deux poids, deux mesures ». Tous les anciens dignitaires ayant commis des malversations (conseillers spéciaux, ministres, Dg ou autres, des opérateurs économiques, ...) passent à la trappe. Les mesures de rétorsion contre toutes les formes d’exaction portant atteinte aux intérêts supérieurs de la Nation sont diversement appréciées auprès de l’opinion et de certaine classe politique. Pour les « ennemis » du régime, en place, il ne s’agit ni moins ni plus que de vilains actes de règlements de comptes. Les principales cibles étant, pensent-ils, les anciens dignitaires du pays. Selon les commentaires véhiculés à travers certains quotidiens de la place et par réseaux sociaux interposés, la nouvelle équipe dirigée par Andry Rajoelina  s’acharne, sans ménagement, contre les membres influents de l’ancienne équipe au pouvoir, et cela, pour leur rendre la monnaie de la…

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