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Publié dans Dossier

Viols incestueux - Des auteurs protégés par leurs familles

Publié le mercredi, 12 juin 2019

Des travaux forcés avec un emprisonnement ferme à partir de 5 ans. Telles sont les sanctions attribuées aux auteurs de viols, selon les cas. Ces peines s’aggravent si les abus sexuels sont perpétrés par une personne ayant un lien de parenté avec la victime. Pères biologiques ou beaux-pères, grands- pères, oncles, cousins, frères font partie des auteurs de violences et d’abus sexuels, notamment envers les mineurs. Un cas sur trois traités au Centre Vonjy, dans l’enceinte de la Maternité de Befelatanana, concerne les viols incestueux.

Un phénomène en recrudescence faute d’éducation et de surveillance, outre l’accès élevé aux sites pornographiques et la propagation des drogues. Certains auteurs restent toutefois impunis ou protégés par leurs familles, ce qui complique les poursuites. Pour sa part, une psychologue détaille les signes, les changements de comportements brusques ou encore la prise en charge des victimes de viols incestueux. Elle livre également des conseils à l’endroit des mineurs et de la communauté pour prévenir les viols et les incestes.

Une fille âgée de 5 ans violée par son grand frère de 21 ans. C’est le dernier cas traité auprès du Centre Vonjy Befelatanana, au mois de mai. « L’appareil génital de la victime ainsi que son intestin ont été totalement perforés suite à cet acte immonde. Il a fallu 6 semaines d’hospitalisation et 3 interventions chirurgicales pour la réparer, bien que son état stagne », rapporte Telina Rakotonarivo, assistante sociale auprès dudit établissement, offrant une prise en charge intégrée aux victimes de violences sexuelles. Pour ce cas, c’est la mère de la victime qui a porté plainte contre son fils, lequel a été placé d’urgence à la maison de force de Tsiafahy. Ce n’est pourtant pas évident dans certains cas puisque les auteurs de viols incestueux sont protégés par leurs familles. « A la fin 2018, une adolescente de 12 ans a été violée par son père biologique à plusieurs reprises, au point d’en tomber enceinte. En étant au courant de la situation, la mère de la victime a pris parti pour son mari. Ensemble, ils ont torturé, séquestré et menacé la victime de l’éventrer si elle ose en parler. Il a fallu le signalement du voisinage pour dénoncer ce cas. Finalement, la fille a pu accoucher par césarienne tandis que son père a été placé à Tsiafahy. Quant à sa mère, elle a reconnu ses torts, quoi que la garde de sa fille lui ait été enlevée », raconte l’assistante sociale.`

L’impunité persiste

Lova R. (nom d’emprunt) est victime d’abus sexuel perpétré par son oncle. Celui-ci demeure toutefois en liberté, malgré les plaintes et les enquêtes auprès des Forces de l’ordre à son encontre depuis le mois d’avril dernier. « Il connait des personnes d’en haut lieu qui le défendent et le protègent des poursuites judiciaires. D’ailleurs, il s’en vante partout », se désole la plaignante, qui n’est autre que la tante de la victime. Pour sa part, la jeune fille de 13 ans tente de poursuivre sa vie malgré le traumatisme. « Puisque ma mère habite à la campagne à Fianarantsoa, mes frères et moi avions été envoyés chez notre grand- mère à Antananarivo pour avoir une meilleure éducation. Mais à sa mort en 2016, nous avons été accueillis par notre tante et son mari. Tout s’est bien passé jusqu’en août 2018, quand je préparais le CEPE. J’étais sur le point d’aller en classe quand mon oncle m’a bousculé dans son lit. Après les attouchements, il m’a exigé de garder le silence contre des menaces », nous confie cette jeune fille de 13 ans.

« Il a refait le coup en janvier 2019, mais avec des pénétrations, pendant que sa femme a été hospitalisée à cause d’une fausse couche. Une semaine après, ma sœur a effectivement perdu le bébé. Personne n’était au courant de cette histoire de viol jusqu’à ce que je constate des changements physiques de ma nièce. De plus, elle reste dans son coin et se mure souvent dans le silence, avec un air de crainte persistante. Je lui ai ainsi demandé ce qui se passe, en lui promettant de la protéger. C’est à cet instant qu’elle m’a tout avoué, un grand choc pour moi », ajoute la tante de Lova, encore anéantie par le viol de sa nièce commis par son beau- frère. Après son arrestation, toute la famille de l’auteur intervient et fait des pressions auprès de la plaignante afin qu’elle retire la plainte. A cela s’ajoutent les menaces et intimidations de toutes parts, mais la tante refuse de céder. « Retirer une plainte de viol reste impossible. Aucun système d’arrangement n’est toléré », souligne un Officier de police judiciaire, voulant garder son anonymat.

Dossier Réalisé par Patricia Ramavonirina

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Editorial

  • Un siècle de combat
    L’Organisation internationale du travail (OIT) célèbre en cette année son centenaire d’existence. Créée en 1919, sous l’égide du Traité de Versailles (Paris), point d’orgue final de la Grande Guerre de 1914-1918, l’OIT ou l‘ILO (International Labor Organization), militait contre toute atteinte à la dignité de l’homme dans le cadre du travail décent.  Mise sur pied indépendamment de la naissance de la Société des Nations (SDN) raison pour laquelle elle avait pu surgir des décombres de cette ex-ONU, l’OIT n’a de cesse à réclamer durant ce siècle d’existence la justice sociale dans le monde du travail. Elle interpellait et continue à le faire les employeurs pour qu’au juste ces derniers respectent le minimum acceptable. Le Bureau international du travail (BIT), le secrétariat permanent de l’OIT, travaille d’arrache-pied pour créer un cadre de travail illustrant l’harmonie entre le travail et la dignité de l’homme. Une noble mission que le Bureau persiste et…

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