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Publié dans Economie

Transport aérien - 2018, une année de focus sur le redressement

Publié le mardi, 01 janvier 2019

Le secteur aérien est au plus bas, plus particulièrement pour la compagnie aérienne nationale. C'est pour cette raison qu'en 2017, Air Madagascar a trouvé un partenaire stratégique, en l'occurrence Air Austral, afin de l'aider dans son redressement. L'année 2018 a ainsi été la première année de la mise en application d'« Alefa 2027 », le plan de redressement de la compagnie aérienne. Entre la création de Tsaradia, la filiale domestique et la suppression des vols de Corsair, sans oublier le nouvel accord avec Kenya Airways, toutes les actions des deux partenaires se sont focalisées sur le redressement du transport aérien malagasy. En parallèle, les infrastructures ont également été retouchées.

Le 30 novembre 2017 a marqué l'officialisation de l'accord de partenariat stratégique entre Air Madagascar et Air Austral. Une collaboration gagnant-gagnant, basé sur des principes d'équilibre et de réciprocité au profit des voyageurs de l'océan Indien. Depuis, les deux compagnies aériennes travaillent main dans la main pour faire prospérer leur gain. Le plan de redressement « Alefa 2027 » a donc été mis en place pour assurer la remise à flot d'Air Madagascar. Il sera appliqué sur une période de dix ans, soit trois années pour le redressement et les sept prochaines années pour le développement. Par conséquent, toutes les initiatives menées cadrent toutes avec « Alefa 2027 ». Sur ce partenariat, les deux compagnies favorisent particulièrement le partage tel que le partage de flotte aérienne ou encore la mise en commun du réseau des deux parties. « Ainsi, un avion d'Air Austral peut assurer les vols d'Air Madagascar, et vice versa », avait expliqué Rolland Besoa, directeur général de la compagnie aérienne malagasy, lors de la présentation d'« Alefa 2027 » en 2017.

Dans ce plan de redressement, les deux compagnies se sont surtout centrées sur l'augmentation des vols vers l'Europe, principalement la France. Durant la période estivale de 2018 par exemple, la fréquence des vols hebdomadaires en partance d'Antananarivo vers Paris est passée à trois pour Air Madagascar et une fréquence pour la desserte Marseille-Antananarivo. Toutefois, l'objectif est de monter à un vol journalier vers la Métropole. Il y a également l'offre « TGV Air » développée par les deux compagnies. Avec un seul billet, les clients d'Air Madagascar peuvent longer un vol Antananarivo-Paris et rejoindre ensuite les différentes Régions françaises de leur choix en TGV. Et la dernière grande nouveauté est le lancement de la ligne Fort-Dauphin - Toliara - La Réunion, le 3 décembre dernier. Outre l'extension des vols en Europe, les deux compagnies veulent aussi se développer au niveau régional, d'où le renforcement des lignes dans la zone indianocéanique et le développement de nouvelles lignes exploitables.

Filiale domestique : Tsaradia, le petit bébé d'Air Madagascar

La naissance de Tsaradia a complètement marqué l'année 2018. Prévue être lancée durant le premier trimestre de l'année 2018, cette filiale domestique de Madagascar a été retardée par les procédures administratives. Il a fallu attendre le début du mois de juillet, le 2 juillet 2018, pour son lancement officiel. Représentée par le célèbre maki, « Tsaradia est la nouvelle génération qui va booster la compagnie nationale. Considérée comme avant-gardiste, elle disposera d'un nouveau programme de fidélité, mais aussi de réservation en ligne pour rester dans l'air du temps », avait affirmé Eric Khöler, président du Conseil d'administration d'Air Madagascar. A partir de là, toutes les dessertes nationales d'Air Madagascar seront donc transférées et assurées par la filiale. Le vol inaugural de cette dernière s'est réalisé le lendemain à destination de l'île Sainte-Marie.

La compagnie nationale a ainsi transféré ses 230 collaborateurs, quatre avions ATR72 et trois Twin Otter pour composer le personnel et la flotte de Tsaradia. Elle desserve sur une dizaine de destinations. Toutefois, malgré ce changement du personnel à bord, les tarifs sont restés inchangés. «Nous ne sommes pas encore plongés là-dessus, surtout que la compagnie devra faire face à de nombreuses charges, sans oublier le fait que nous utilisons le carburant le plus cher du marché. Ainsi, nous ne pouvons pas imposer tout de suite une baisse des tarifs, mais il y aura des prévisions pour voir si nous pouvons les diminuer par la suite », avait expliqué le président du Conseil d'administration d'Air Madagascar.

Concurrence et protectionnisme : quand Corsair quitte Madagascar

Le ciel malagasy n'est pas si ouvert que cela ! Tout le monde se rappelle du grand duel opposant Corsair à Air Madagascar et Air Austral, au mois de février 2018. Effectivement, la compagnie Corsair avait été interdite de trafic sur le ciel malagasy. Selon les explications apportées, « il y a un peu plus de six mois, l'Aviation civile de Madagascar (ACM) avait accordé à Corsair une autorisation provisoire d'exploiter cette ligne, avec comme condition, l'apport de 17 000 touristes supplémentaires. (…) Or, après une saison d'exploitation, l'apport en touristes supplémentaires de La Réunion est très en deçà de l'objectif fixé ». Vu ce constat, le ministre des Transports et de la Météorologie a ainsi décidé de ne pas renouveler cette autorisation temporaire pour la compagnie.

Les termes de « tarifs de prédation » ont également été utilisés pour justifier cette décision, étant donné que Corsair offre des tarifs moins chers par rapport à Air Madagascar ou encore Air Austral, son partenaire stratégique, engendrant une chute du coefficient de remplissage de la compagnie nationale allant de 53  à seulement 29 %. Pourtant, Corsair s'est défendu en affirmant qu'« elle essaie toujours de maintenir une situation de concurrence saine et loyale tout en préservant l'intérêt de ses clients ». D'après un quotidien local, grâce à sa ligne La Réunion-Antananarivo, le trafic a même augmenté de 27 %. Plus de 17 000 personnes ont voyagé sur la ligne grâce à Corsair.

Pour y remédier, des discussions ont été menées par les Aviations civiles des deux pays, surtout dans le cadre de l'accord bilatéral entre la France et Madagascar. Toutefois, les dialogues ont finalement abouti à l'arrêt définitif des vols de Corsair sur la ligne La Réunion-Antanarivo. A croire que le protectionnisme pourrait être vraiment appliqué en cas de besoin.

Partenaire privilégié : Intégration de Kenya Airways dans la « team » Air Madagascar-Air Austral

Dernièrement, Air Austral, Air Madagascar et Kenya Airways ont scellé les bases de leur collaboration tripartite, lundi dernier à Nairobi (Kenya). Après les accords avec Air France, c'est maintenant au tour de Kenya Airways. Air Madagascar et Air Austral enchaînent les partenariats pour élargir leur horizon.

A travers un accord de partenariat nommé « Privileged Partnership Agreement », Kenya Airways intègre donc la  « team » Air Madagascar-Air Austral. Ainsi, ce nouvel accord positionnera la ville de Nairobi comme le nouveau hub complémentaire d'Antananarivo, de même que Saint-Denis de La Réunion. Par conséquent, une synergie forte se développera entre les compagnies aériennes, plus particulièrement en matière de coordination des programmes de vols pour une meilleure connectivité entre les trois territoires.

A long terme, la facilitation des affrètements et la formation des équipes techniques seront également prévues. L'objectif principal de cet accord est surtout d'offrir un meilleur positionnement à la compagnie aérienne nationale malagasy. « Avec Air Austral, notre partenaire stratégique, et maintenant Kenya Airways, notre partenaire privilégié, nous avons fermement l'intention de les déployer pour le développement de nos présences respectives dans la zone Afrique et océan Indien. L'objectif étant de pouvoir ainsi proposer une offre toujours plus large à nos clients », a précisé Rolland Besoa Razafimaharo, directeur général d'Air Madagascar, lors de la signature de cet accord.

Outre cela, les trois compagnies ont également signé un accord de partage de code ou « codeshare ». Concrètement, cet accord va permettre à Air Madagascar d'afficher un plus grand nombre de destinations. En effet, le partage de code permet aux deux compagnies aériennes de partager un même vol.  Une place peut donc être achetée à Air Madagascar pour un vol qui sera opéré par Kenya Airways sous un numéro de vol ou un code différent, et vice versa. Il reste à savoir si la compagnie aérienne malagasy en tirera vraiment des bénéfices. Toutefois, il faut noter que les filiales respectives des trois partenaires, Ewa Air, Tsaradia et Jumbo Jet, font également partie de la convention de partenariat privilégié et contribueront aux synergies.

Ethiopian Airlines : l'extension de la compagnie continue

Le principal concurrent sur le marché africain. Ethiopian Airlines continue jusqu'à aujourd'hui d'assoir sa dimension panafricaine. Et il en va de même sur la Grande île. Effectivement, cette compagnie continue son extension dans le pays avec l'ouverture de sa nouvelle ligne Nosy Be - Addis-Abeba pour une fréquence de trois fois par semaine. Ce sera donc la deuxième porte d'entrée de la compagnie à Madagascar. En plus, elle est la seule à opérer sur cette ligne. Face à cela et à l'augmentation des fréquences de vols entre Antananarivo et Addis-Abeba, Air Madagascar et Air Austral redoutent considérablement cette compagnie aérienne. Les deux dirigeants des deux compagnies se sont même insurgés devant la revue Jeune Afrique en septembre 2018 contre les droits de trafic accordés par la Grande île à Ethiopian Airlines. Il ne faut pas oublier que cette dernière a présenté sa candidature en 2017 pour s'allier avec Air Madagascar, sauf que cette candidature n'a pas été retenue.  

Air Seychelles : arrêt définitif des vols à partir d'avril 2018

Le 1er décembre 2017, Air Seychelles avait annoncé qu'elle reprendrait ses services aériens à Madagascar le 12 janvier 2018. Des services interrompus en octobre 2017 suite à l'épidémie de peste qui a sévi dans l'île Rouge. Toutefois, à compter du mois d'avril, ses vols vers Antananarivo ont définitivement été arrêtés. Selon les explications rapportées par les différentes presses en ligne, « cette suspension définitive résulte d'une question de rentabilité et de concurrence ». Effectivement, après avoir examiné toutes les options, les dirigeants de la compagnie ont décidé de mettre fin aux vols depuis Paris et Antananarivo pour se recentrer sur ses forces principales, à savoir les réseaux domestiques et régionaux.

Dossier réalisé par Rova R.

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Editorial

  • Un siècle de combat
    L’Organisation internationale du travail (OIT) célèbre en cette année son centenaire d’existence. Créée en 1919, sous l’égide du Traité de Versailles (Paris), point d’orgue final de la Grande Guerre de 1914-1918, l’OIT ou l‘ILO (International Labor Organization), militait contre toute atteinte à la dignité de l’homme dans le cadre du travail décent.  Mise sur pied indépendamment de la naissance de la Société des Nations (SDN) raison pour laquelle elle avait pu surgir des décombres de cette ex-ONU, l’OIT n’a de cesse à réclamer durant ce siècle d’existence la justice sociale dans le monde du travail. Elle interpellait et continue à le faire les employeurs pour qu’au juste ces derniers respectent le minimum acceptable. Le Bureau international du travail (BIT), le secrétariat permanent de l’OIT, travaille d’arrache-pied pour créer un cadre de travail illustrant l’harmonie entre le travail et la dignité de l’homme. Une noble mission que le Bureau persiste et…

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