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Publié dans Economie

Royaume du Maroc - Une opportunité à exploiter et un modèle à imiter pour Madagascar

Publié le vendredi, 04 janvier 2019

Une histoire partagée. Depuis des années, le Maroc et Madagascar ont développé leur amitié. Toutefois, au niveau économique, cette coopération reste encore timide. Pourtant, les opérateurs des deux parties peuvent collaborer sur beaucoup de secteurs, pour ne citer que le commerce, la technologie ou encore la finance. Entre le partage de savoir-faire, d'expériences et les relations d'affaires, les deux parties ont tout à y gagner, sauf que les opportunités restent encore méconnues. Ce dossier présente ainsi les différentes opportunités exploitables au Maroc mais également les systèmes à imiter, tout à fait applicables dans la Grande île.

Situé à plus de 8 036 kilomètres de la Grande île, au Nord-ouest du continent africain, le royaume du Maroc s'étend sur plus de 446 590 kilomètres, caractérisé par des zones montagneuses et désertiques. Toutefois, les dirigeants ont su mettre en valeur leurs atouts et les entreprises ont su en tirer profit. Ce qui fait qu'aujourd'hui, le royaume se retrouve parmi les cinq pays les plus puissants, économiquement parlant, de l'Afrique. Et il est même le deuxième pays investisseur au sein de son continent. Effectivement, à partir de l'année 2003, le Roi Mohammed VI a initié plusieurs programmes à l'exemple du grand port de Tanger-Med  afin de booster l'économie de son pays. Et ces initiatives ont bien porté leurs fruits.

Secteur privé : Une contribution de 55 % de la production

Outre les dirigeants, le secteur privé a également contribué considérablement au développement économique du royaume. D'après les chiffres recensés par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), actuellement, le secteur privé contribue à hauteur de 55 % au PIB, soit plus de la moitié du produit intérieur brut. Il faut croire que le climat des affaires favorise l'épanouissement des différents secteurs de production au sein du royaume. En plus, le secteur privé a son mot à dire dans la conception de la loi de finances. « L'Etat est désormais conscient de la place importante occupée par le secteur privé. C'est pourquoi nous sommes toujours en négociation, soit dans la révision du plan national de développement ou encore dans la conception de la loi de finances. Nous sommes consultés chaque année », explique Mohamed Laâziz Kadiri, président de la Commission diplomatie économique en Afrique et Sud-Sud, au sein de la CGEM.

A noter que la confédération occupe 8 sièges sur 120 au sein de la deuxième Chambre ou la Chambre des conseillers, l'équivalent du Sénat à Madagascar, pour pouvoir défendre l'intérêt des entreprises. Sans appartenance politique, la confédération fait surtout du lobbying détaché. « La CGEM est comme un électron libre mais qui joue un rôle axial dans le développement », précise Rajae Belfkih, directrice régionale pour la région Rabat-Salé-Kénitra. Dans cette optique, elle se charge ainsi de la réception des doléances et des requêtes des entreprises pour ensuite les présenter lors des concertations annuelles. L'objectif principal étant de fonctionner en mode ouvert pour avoir le plus d'impacts sur le système économique.

En termes de protectionnisme, la Confédération considère que c'est un équilibre à trouver au sein d'un pays. « Toutefois, de notre point de vue, il est nécessaire d'être un pays industriel avant de réclamer une quelconque protection pour les industries locales », constate Mohamed Laâziz Kadiri. Ainsi, les avantages sont presque les mêmes, à quelques détails près, pour les investisseurs locaux et étrangers. Le Maroc reste très ouvert. Il a d'ailleurs signé de nombreux accords de libre-échange avec l'Europe, l'Asie ainsi que l'Afrique. Toutefois, ces produits ne sont pas avalés par les produits importés. D'un autre côté, certains secteurs à l'exemple de l'exploitation du phosphate restent du domaine de l'Etat.    

Partenariat économique : favoriser l'investissement intra-africain

Une grande ouverture aux collaborations africaines. Dans sa vision, le Roi Mohammed VI encourage favorablement l'investissement intra-africain. Pour lui, l'Afrique doit se développer intérieurement en créant plus de richesses, et ne plus se contenter d'être un fournisseur de matières premières. Et en tant que deuxième investisseur en Afrique, le royaume du Maroc souhaite donc développer le partage avec ses confrères. « L'idée est de faire bénéficier de l'expérience marocaine tout en développant un partenariat gagnant-gagnant », souligne le président de la Commission diplomatie économique en Afrique et Sud-Sud. C'est pour cette raison par exemple que les démarches pour la création d'entreprises ont été simplifiées. Un investisseur étranger ou non peut créer son affaire en moins de 48 heures.

Pour Madagascar, lors de la dernière visite du Roi, 22 accords et 11 conventions ont été signées autant avec le public que le privé. Toutefois, le secteur privé marocain reste ouvert pour d'éventuelles collaborations avec les entreprises malagasy. « Le problème est qu'il y a beaucoup d'intermédiaires commerciaux, ce qui fait que les produits reviennent plus chers. Pour la vanille par exemple, les entrepreneurs marocains s'approvisionnent en Europe alors que ce serait plus facile et moins cher d'en importer directement de Madagascar. Il en est de même pour la sardine », articule Mohamed Laâziz Kadiri. Et ce ne sont pas les seuls produits touchés. Les entreprises marocaines veulent ainsi s'associer avec des partenaires au sein de la Grande île pour que chaque partie puisse y gagner. Et leur intérêt ne se focalise pas seulement sur le commerce. Il s'étend également vers la finance ainsi que l'énergie et le domaine de la formation professionnelle.

Port de Tanger-Med : un environnement favorable aux investissements

Un modèle à copier. Le long de la côte, à l'extrême Nord du Royaume du Maroc, se trouve le port de Tanger-Med. Le complexe portuaire s'étend sur une superficie de 1 000 hectares, soit plus de dix fois la superficie du célèbre quartier des 67 hectares à Antananarivo. Ainsi, il ressemble presque à une petite ville sauf qu'au lieu de voir des maisons collées les unes aux autres, on peut apercevoir des millions de conteneurs, sans oublier les milliers de voitures Renault-Nissan de toutes les couleurs alignées tout au long. Et outre les bateaux commerciaux, la voie maritime est particulièrement utilisée par les voyageurs souhaitant rejoindre l'Europe. Et ces passagers affluent surtout durant la période des vacances. Effectivement, du port de Tanger-Med, chacun pourra apercevoir les côtes de l'Espagne. Une heure seulement suffit pour le traverser.  

« Avant 2003, cette zone n'était qu'un petit village de pêcheurs. Et dix-huit ans après, Tanger-Med figure parmi les grands ports de l'Afrique. Cette rapide évolution repose surtout sur le détachement du pouvoir central. Le Tanger-Med Special Agency est en effet une entreprise publique mais qui fonctionne comme une privée », développe Jamal Mikou, membre du Directoire relations institutionnelles et action territoriale de l'agence. Ainsi, Tanger-Med est doté d'un guichet unique s'occupant de toute la paperasse administrative.

Outre le port, Tanger-Med possède également une vaste plateforme portuaire de 5 000 hectares, soit pas moins des deux tiers de la grande ville d'Antananarivo. « Plusieurs secteurs se sont développés tels que l'automobile avec Renault-Nissan, l'agroalimentaire  avec Lesieur ou encore la logistique avec Adidas et Huawei. Et en tout, les 800 entreprises présents sur la zone industrielle génèrent un volume d'exports annuels de plus de 6 400 millions d'euros », précise Jamal Mikou.

Situé sur le Détroit de Gibraltar, Tanger-Med se trouve notamment à la croisée des routes maritimes majeures d'Est en Ouest et du Nord au Sud, d'où sa connexion avec plus de 186 ports mondiaux de l'Europe, de l'Asie ainsi que de l'Afrique et de l'Amérique. « Ici, il n'est pas vraiment question de concurrence vu que le secteur est encore très large donc tout le monde peut y trouver sa part. Il suffit juste avoir des infrastructures conformes » indique le représentant de Tanger-Med Special Agency.

Madagascar dispose également des mêmes zones stratégiques. Il faut juste savoir les exploiter. Les investissements de départ peuvent être lourds. Cependant, les retours financiers ne seront que gratifiants.

Les coopératives de producteurs : les petites communautés prises en compte

Il n'est pas seulement question des grands producteurs. Pour un développement global, le royaume ne se focalise pas seulement sur les grands investisseurs et les grandes entreprises. Les petites communautés sont aussi prises en compte. A travers l'initiative pour le développement humain, avec le programme d'amélioration des revenus et d'inclusion économique des  jeunes,  l'Etat appuie les coopératives de producteurs pour qu'elles puissent améliorer leur production. « L'objectif est

d'accompagner les entrepreneurs et les porteurs de projets afin de créer de la valeur durable pour les communautés, au-delà des projets de subsistance », indique Hania Lamrani Alaoui, chef de pôle de communication de la coordination nationale de l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH).

Pour la coopérative d'apiculture Arrahir de production de miel par exemple, l'INDH a apporté sa contribution dans l'achat d'une machine de fabrication de cire. Par la suite, les producteurs ont pu améliorer leur système de production, tout en élargissant leur gamme de produits. Pour précision, l'INDH s'est imposée comme actrice majeure du développement humain depuis son lancement en 2005. L'Etat marocain a mis en place cette initiative surtout dans le but de lutter contre la pauvreté. Et aujourd'hui, ce projet marocain entame déjà sa troisième phase.

Dossier réalisé par Rova R.

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Editorial

  • Un siècle de combat
    L’Organisation internationale du travail (OIT) célèbre en cette année son centenaire d’existence. Créée en 1919, sous l’égide du Traité de Versailles (Paris), point d’orgue final de la Grande Guerre de 1914-1918, l’OIT ou l‘ILO (International Labor Organization), militait contre toute atteinte à la dignité de l’homme dans le cadre du travail décent.  Mise sur pied indépendamment de la naissance de la Société des Nations (SDN) raison pour laquelle elle avait pu surgir des décombres de cette ex-ONU, l’OIT n’a de cesse à réclamer durant ce siècle d’existence la justice sociale dans le monde du travail. Elle interpellait et continue à le faire les employeurs pour qu’au juste ces derniers respectent le minimum acceptable. Le Bureau international du travail (BIT), le secrétariat permanent de l’OIT, travaille d’arrache-pied pour créer un cadre de travail illustrant l’harmonie entre le travail et la dignité de l’homme. Une noble mission que le Bureau persiste et…

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