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Publié dans Economie

Matina Razafimahefa - « Les femmes doivent se supporter pour avoir plus d’impacts »

Publié le vendredi, 08 mars 2019

Agée de seulement 21 ans, Matina Razafimahefa est déjà à la tête de sa propre entreprise. Un modèle dans le monde féroce de l’entrepreneuriat malagasy. Effectivement, au cours de l’année dernière, elle a créé sa start-up, « Sayna », issue  du nom malagasy « saina » signifiant intelligence. Son objectif est de permettre aux jeunes, et ce, sans exception d’accéder à une éducation de qualité. De part son engagement envers la société et la proposition d’une solution innovante pour l’éducation, « Sayna» a  même obtenu le prix du « Meilleur entrepreneur social 2018 ». Déterminée à atteindre le but qu’elle s’est fixée, elle a même le temps de prendre soin de son « petit bébé ».

Aujourd’hui, Matina Razafimahefa est en troisième année en Sciences politiques à l’université de Sorbonne à Paris. Toutefois, elle a décidé de prendre une année sabbatique pour pouvoir se concentrer uniquement sur « Sayna ». « Monter sa propre entreprise tout en étudiant n’est pas une chose facile. L’année dernière, j’ai eu un bon nombre de difficultés. Entre les partiels et le voyage à Madagascar pour Sayna, cela n’a pas été de tout repos. Heureusement, j’ai su m’entourer des bonnes personnes, plus particulièrement dans le domaine du marketing. De ce fait, ma start-up s’est facilement mise en place. Mais pour cette année, j’ai décidé de me donner du temps pour mener à bien l’extension de Sayna. En plus, nous avons de nombreux projets à mettre en place. 2019 sera une grande charnière pour nous », a-t-elle expliqué.  

« Warrior »

Fille d’un père médecin et d’une mère ingénieure en polytechnique, Matina est la dernière de sa tribu, avec une grande sœur et deux grands frères. Malgré son jeune âge, elle a toujours été qualifiée de « warrior »  ou de guerrière au sein de son entourage. « Habituellement, les gens disent de moi que je suis une vraie battante. Le sens du travail et la persévérance sont principalement les qualificatifs qu’on m’attribue. En effet, ce n’est pas facile de monter une entreprise à Madagascar, surtout une entreprise sociale. Au début, nous avons voulu créer une association mais au bout du compte, une entreprise sociale convenait mieux. Il a donc fallu travailler beaucoup plus pour monter un « business plan » et trouver une logique économique pour que notre activité puisse tourner. Mais nous en sommes arrivés », confie-t-elle.

A noter qu’à ce moment précis, Sayna en est maintenant à sa cinquième promotion d’étudiants. Et pour évoluer, Matina Razafimahefa et son équipe entendent bien restructurer l’organisation de « Sayna » mais aussi lever des fonds pour étendre au maximum leurs activités.

Routine

Toutefois, pour elle, il est toujours important d’entretenir ses relations. C’est pourquoi, à la fin de la journée, elle se garde un instant à passer avec ses amis. « Actuellement, j’essaie de m’instaurer une routine de vie. Avoir des rituels aide beaucoup dans l’organisation. Ainsi, chaque matin, je déclare ce que je veux réaliser dans un futur proche. Ensuite, je classe mes tâches du moins au plus important, avant de briefer mon équipe. Et à la fin de la journée, je réserve un moment de détente avec mes amis. La culture de mes relations a toujours figuré parmi mes grandes priorités, et pas seulement avec mes amis », a soutenu Matina Razafimahefa. Et même avec ses étudiants, elle a établi un certain lien.

Outre cela, sa relation avec sa mère occupe également une grande place dans sa vie, ainsi que dans son entreprise. Effectivement, Nirina Rahoeliarivahy, n’est pas simplement sa maman mais aussi son associée dans « Sayna ». En plus de cela, Matina a ajouté que : « ma maman ce n’est pas simplement mon associée. Elle est aussi mon pilier et mon modèle. Je trouve qu’il est important d’avoir quelqu’un sur qui prendre exemple. Et ma mère est mon exemple ». Outre la relation mère-fille, elle croit aussi que les femmes doivent s’entraider entre elles. « Ce n’est pas toujours facile d’être une femme donc, nous devons nous supporter et nous appuyer mutuellement pour avoir le plus d’impacts positifs sur notre communauté », a-t-elle maintenu.

En tout cas, actuellement, Matina Razafimahefa est fière de représenter les couleurs de la Grande île. Bientôt, elle sera même au Canada pour une conférence organisée par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). « Cela me rend encore plus fière d’être Malagasy » conclut-elle.

Rova Randria

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Editorial

  • Un siècle de combat
    L’Organisation internationale du travail (OIT) célèbre en cette année son centenaire d’existence. Créée en 1919, sous l’égide du Traité de Versailles (Paris), point d’orgue final de la Grande Guerre de 1914-1918, l’OIT ou l‘ILO (International Labor Organization), militait contre toute atteinte à la dignité de l’homme dans le cadre du travail décent.  Mise sur pied indépendamment de la naissance de la Société des Nations (SDN) raison pour laquelle elle avait pu surgir des décombres de cette ex-ONU, l’OIT n’a de cesse à réclamer durant ce siècle d’existence la justice sociale dans le monde du travail. Elle interpellait et continue à le faire les employeurs pour qu’au juste ces derniers respectent le minimum acceptable. Le Bureau international du travail (BIT), le secrétariat permanent de l’OIT, travaille d’arrache-pied pour créer un cadre de travail illustrant l’harmonie entre le travail et la dignité de l’homme. Une noble mission que le Bureau persiste et…

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