Publié dans Editorial

On veut bien… !

Publié le lundi, 06 mars 2017

On veut bien croire ! A peine investie de son nouvel engagement socioprofessionnel, tout feu tout flamme, la présidente du Syndicat des magistrats de Madagascar (Smm), madame Faniry Ernaivo, bouscule le Corps. En effet, elle brandit, haut et fort, qu’elle va mener une bataille sans merci contre certaines errances. Faniry Ernaivo reconnait, sans coup férir, l’existence de la corruption pratiquée par « quelques individus », selon ses propres termes, dans les rangs de ses pairs. Ainsi, elle entend traquer, pour de bon, les brebis égarées.

Que de louables initiatives ! De nobles intentions !  On veut bien y accorder quelque crédit si minime soit-il,  seulement, tel qu’on le sait le Corps de la Magistrature compte parmi ce qu’on appelle les « Grands Corps de l’Etat » dont les membres font partie des « Grands Commis » de l’Etat. Au même titre que les Corps des administrateurs civils, des inspecteurs d’Etat ou des enseignants titulaires  de l’Université, etc. De ce fait, ce Corps est impénétrable pour ne pas dire opaque. De mémoire d’homme, tous les dirigeants qui s’étaient succédé à la tête de ce puissant syndicat clamaient toujours, en début de leur mandat, qu’ils mèneraient une lutte sans complaisance contre ce fléau, la corruption. Mais au final, les résultats n’ont pas dépassé le stade de vœux pieux. Madame Faniry Ernaivo et son équipe auront fort à faire pour venir à bout de leurs objectifs. La lutte sera rude. Elle doit s’attendre à des résistances sournoises et fourbes. De toutes les façons, on ne peut que l’admirer et l’encourager à aller de l’avant. Le combat contre la corruption est une bataille de longue haleine. Il faut persister jusqu’au bout. Selon les récents rapports des Ong, du genre « Amnesty International », le département de la Justice fait partie encore des Institutions les plus corrompues à Madagascar. Alors, du courage madame ! Soyez tenace !

Cependant, il n’y a pas que la corruption à laquelle le Smm devrait faire face. Il est question aussi de l’indépendance de la Justice. Plus précisément, la liberté des juges à rendre un verdict en son âme et conscience. Dans un pays comme le nôtre, l’indépendance de la Justice reste encore du domaine des intentions vaines ou celui de simples déclarations… politiques. L’Exécutif piétine trop dans le domaine du Judiciaire. Les « interventions » d’en haut, trop fréquentes, ne permettent plus aux juges d’avoir les coudées franches dans leurs prises de décision. La Justice, par moment, devient un instrument politique entre les mains du pouvoir, et cela, pour harceler ou réprimer toute velléité de contrecarrer sa politique ou toute tentative de s’exprimer librement. Le Smm, on le sait, s’insurge mais quelque part, il se sent impuissant. Madame la présidente, il vous faut de la persévérance et surtout de cran pour affronter ce béton armé, à savoir le pouvoir politique.

Les bailleurs traditionnels réclamèrent, sans relâche, l’assainissement ainsi que l’indépendance de la Justice. Il s’agit, selon eux, d’une des conditionnalités non négociables avant tout déblocage. Seulement, les tenants du pouvoir politique font preuve de tergiversation ou même la sourde oreille si bien que les maux (corruption et interventions) résistent.

A vous de prouver madame la présidente ce dont vous êtes capable de faire. Nous, on veut bien croire !
Ndrianaivo

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Editorial

  • Enfin, du changement !
    Le verdict est tombé ! Le pouvoir sous la direction de Rajoelina Andry Nirina abrogea, ce mercredi 14 août 2019, en Conseil des ministres le décret n°2017-096 du 26 avril 2017 portant nomination du directeur général de la Compagnie nationale Jiro sy Rano Malagasy (JIRAMA) Olivier Jaomiary. Nommé il y a deux ans et quatre mois de cela, le 26 avril 2017, sous le régime HVM, Jaomiary Olivier n’a pas réussi à convaincre ni le pouvoir en place, issu de la dernière élection, ni l’opinion publique notamment les usagers. Un moment, se croyant être indéboulonnable de son poste, au-dessus de toute tentative de limogeage, le désormais ex-DG de la JIRAMA finit par se faire rattraper en raison de son incompétence à redresser la Compagnie, mission principale qu’on lui avait confiée.

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