Publié dans Editorial

Enième fois !

Publié le vendredi, 10 mars 2017

Madagascar subit, en ce moment, les effets pervers des turbulences atmosphérique et climatique les plus dangereuses. Le cyclone Enawo qui s’est transformé en dépression tropicale, en cours de route, traversa le pays du Nord au Sud et fit des ravages incalculables. En effet, d’Antalaha à Ambovombe, des vents violents suivis par des pluies abondantes balayèrent tout sur leur passage. Les dégâts en vies humaines et matériels sont énormes. Des infrastructures de base telles que les écoles, les bâtiments administratifs et sanitaires, les petits barrages ou les digues de protection des rizières, ont été dévastées.

La Grande île se trouve, pour la énième fois, dans des situations critiques dues aux cataclysmes naturels. Comme si la grande misère et la grave insécurité qui empoignaient le pays, depuis quelques années déjà, ne suffisent plus. Le problème des crues ou d’inondations ne date pas d’aujourd’hui ni d’hier ou avant-hier. Il fut et reste le grand défi de tous les dirigeants successifs, de la royauté jusqu’à nos jours. Mise à part l’œuvre d’unification du royaume, la maîtrise des crues ou inondations, en Imerina, constituait l’efficacité ou la débâcle d’un roi. Le célèbre roi de l’Imerina, Andriamasinavalona  (1675-1710) devait à sa grandeur grâce à son ingéniosité à contenir le fleuve de Sisaony en période de pluies intenses. Son arrière-petit-fils Andrianampoinimerina (1787-1810), lui aussi, bâtit sa renommée par la sécurisation de Betsimitatatra aux aléas de l’Ikopa. Plus proche de chez nous, le Président Tsiranana, suite aux graves inondations de 1958 et 59, fit construire la grande route Digue, et cela encore, pour protéger les plaines de Betsimitatatra. Et depuis, rien d’importants aménagements n’ont été réalisés.

Les bas reliefs autour de la Capitale, allant d’Andranomena jusqu’à Alasora, s’exposent tous les ans aux dangers des aléas climatiques. Aucuns grands travaux ne figuraient pas sur liste des priorités des régimes qui se sont succédé pour remédier, une bonne fois pour toute, à la situation. Les bas-quartiers d’Antananarivo-ville vivent, chaque fois que la saison des pluies arrive, des moments de calvaire surtout quand un cyclone ou une dépression tropicale vient frapper à nos portes.

Ainsi, pour la énième fois, les précipitations abondantes causant des débordements de Sisaony et de l’Ikopa sévirent à Antananarivo et environs. Les fragiles petits barrages et les digues cédèrent. Jusqu’à quand les contribuables devraient subir les caprices des cataclysmes naturels ? Les habitants des zones de basse altitude seraient-ils à jamais des « laissés-pour-compte » du pouvoir ? Le régime n’est-il pas capable de proposer des solutions durables, vivables ? Selon les observateurs, tout repose sur une question de volonté politique et sur l’établissement de l’ordre de priorité. Andriamasinavalona et Andrianampoinimerina avec les moyens dérisoires, sinon élémentaires dont ils disposaient, parvinrent à bout de leurs peines. Actuellement, avec les progrès techniques et les moyens sophistiqués que l’on peut avoir, on se désole de l’état délabré de ces infrastructures de base. Les gestes de bonne volonté, les dons en natures ou en espèces sonnantes ne cadrent plus avec les réalités sur terrains. Pour le cas de Sisaony, on n’est pas loin de ce qu’Andriamasinavalona avait pu faire en son temps. On n’est jamais trop tard pour bien faire. Les sinistres devraient être éradiqués pour que le désastre ne se répète plus pour la énième fois.
Ndrianaivo

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Editorial

  • Chance exceptionnelle !
    La session exceptionnelle du Bac (général) débute ce jour mercredi et ce jusqu’au vendredi 25 octobre 2019. Un évènement inédit à Madagasikara depuis la chute de l’Amiral rouge en 199I. Suite à une vague de fuite de sujets des examens du Bac option « général », le Président  Rajoelina Andry Nirina décida d’organiser une session exceptionnelle sur toute l’étendue du territoire national, uniquement pour le Bac (général) et destinée seulement pour les recalés de la session normale. Pour cause, les fuites constatées dans plusieurs Centres d’écrit du pays durant les  sessions du 30 septembre au 4 octobre 2019 causèrent d’importantes perturbations qui, évidemment, provoquaient de graves préjudices  au bon déroulement des examens et portant atteinte à la sérénité des candidats.  C’est une décision juste et légitime de la part d’un dirigeant sensible au souci de son peuple et ce pour corriger les erreurs de certains « ennemis de la Nation ». Un acte délibéré…

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