Publié dans Editorial

Gravissime !

Publié le dimanche, 02 avril 2017

Larousse définit le mot « gravissime » par « extrêmement grave ». Une situation qui atteint un point ultime de gravité. Le pays végète dans un état de dégradation avancé. La ruine et la déconfiture nous menacent sérieusement tous. Sur le plan moral et économique, les dégâts s’amplifient et atteignent des proportions inquiétantes et préoccupantes.
La recrudescence de l’insécurité… sécuritaire, d’un niveau de cruauté et d’atrocité jamais vécu auparavant, d’abord, pose réellement problème. Nul n’est épargné, sauf peut-être les Palais d’Etat d’Ambohitsorohitra ou d’Iavoloha, ainsi que les autres de Mahazoarivo ou ailleurs.

Le reste passe à la trappe. Le cas de cet officier de la Gendarmerie, un lieutenant, à Sambava, nous atterre. Il s’est fait attaquer, à son domicile, au petit matin. Les pertes sont énormes. Une coquette somme de 12 millions d’ariary, suivie d’un paquet de 50 kilos de vanille estimé à 60 millions d’ariary avec des objets précieux en or ou d’autres de valeur s’évanouissent dans la nature d’un seul coup. Le plus inquiétant réside dans le fait que l’un des brigands appréhendés est un agent de police en service.
Il ne faut jamais perdre de vue l’autre aspect criant de cette insécurité, à savoir l’insécurité… alimentaire aggravée, surtout après le passage de ce cruel cyclone Enawo ayant frappé le pays de plein fouet. La mobilisation porte ses fruits, mais la situation est tellement grave que les aides recueillies ne représentent qu’une goutte d’eau dans l’océan de la misère. Au sein du microcosme sociétal, la destruction des repères moraux détruit complètement le sens de la vie et aboutit à des gestes insensés même au niveau des tout petits jeunes de… 10 ans. On nous a tous rapportés cet acte de viol perpétré par ce jeune enfant, un garçon de 10 ans, à Manjakandriana sur deux petites fillettes âgées de 6 et de 7 ans. La jeunesse vogue d’une errance à l’autre. Elle perd le nord et s’égare. Incapable de faire la différence entre le mal, à éviter, et le bien à vivre, la jeunesse malagasy est déboussolée. La misère extrême dans laquelle elle évolue ne la laisse aucune chance de se conduire « normalement ». Très grave comme situation !
La fracture conséquente entre l’Etat, du moins les hommes au pouvoir, et le peuple complique la crise. Pour les citoyens lambda, l’Etat n’existe plus. Les faux bonds à plusieurs reprises des tenants du pouvoir brisent l’image de l’Etat aux yeux de tous. Les promesses non tenues et répétées des dirigeants n’inspirent plus la confiance. Et enfin, la montée en puissance des allégations de corruption qui atteint jusque dans les hautes sphères du régime sape à la base le fragile socle du pouvoir d’Etat. Bref, le lien de confiance, supposé existant, entre le pouvoir central et les structures décentralisées / déconcentrées avec le peuple est rompu. Il s’ensuit de fait, au niveau des contribuables, des comportements irréfléchis causant des dommages inestimables, entre autres les vindictes populaires ou le rejet de s’acquitter des devoirs civiques comme le paiement d’impôts.
Mais le plus grave et le plus dangereux de tout cela se situe au stade de l’impuissance de l’Etat à maîtriser la… gravissime crise. Il agit, complètement, à côté de la plaque ! Les mesures prises, jusque-là, ne contribuent pas à contourner le mal. A l’inverse, elles compromettent encore plus le cas.
Ndrianaivo

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Editorial

  • L’imminence d’une fin !
    Un vieux riche exploitant terrien sentant la mort prochaine fit venir ses enfants (héritiers) et leur dit « travaillez, prenez de la peine c’est le fonds qui manque le moins ». De ses héritiers, il y en a qui ont pris au sérieux l’ultime message du vieux père et ont commencé immédiatement à travailler et faire fructifier le patrimoine sans attendre de disposer entre leurs mains tout l’argent nécessaire, tant mieux ! D’autres, à leurs dépens, ont pris à la légère et snobé le dernier message du vieux père. D’autres encore n’ont rien compris. Ils ne saisissent point les tenants et aboutissants de « l’ultime message ». Ils se trouvent totalement à côté de la plaque. Tant pis pour eux !  

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