Publié dans Editorial

Bordélique !

Publié le jeudi, 13 avril 2017

Le cafouillage total règne dans le pays. Le citoyen lambda s’interroge, en lui-même, s’il existe encore quelqu’un qui gouverne notre chère patrie. Tout va de travers ! C’est le bordel, le sens « dessus-dessous » prime. La sécurité, l’ordre et la paix sociale, bref la vie meilleure, partent, irréversiblement, vers l’au-delà (« varo-tsy mifody »). L’insécurité grandissante déconcerte et pousse le pays au bord de la déliquescence. Une décomposition visible à l’œil nu et qui progresse sans que personne, du moins les dirigeants, ne tente de freiner ou de stopper. La limite, sinon, la ligne rouge se voit nettement dépassée. Pas un jour, en ville ou dans la campagne, sans que l’on rapporte des cas d’attaques à main armée suivies de meurtres barbares. Les victimes se recrutent souvent parmi les catégories sociales aisées, y compris les étrangers de passage ou résidents au pays. Jamais, le pays n’a connu un tel désastre.

Les violences en tout genre se multiplient partout ailleurs. Les actes de viol se déguisant en faits divers désorientent totalement, non seulement les âmes sensibles mais l’ensemble de la population. Les cas de viol en réunion s’observent partout. Bonnes sœurs, jeunes étudiantes de tout âge (écolières, collégiennes, lycéennes, universitaires, mères de famille) ou simples gens subissent les méfaits de ces bandits hors-la-loi. La recrudescence des rapts préoccupe sérieusement les esprits. Ils visent particulièrement, ces derniers temps, la communauté indo-pakistanaise portant la nationalité française. De Toamasina à Antananarivo, les kidnappings prennent de l’ampleur inquiétante au rythme « régulier ». Les représentants de cette communauté-cible ont fini par sortir de leur silence pour dénoncer ce qu’ils appelèrent de « situation inacceptable » et firent appel à la prise de conscience et de responsabilité des tenants du pouvoir. En somme, ils se sentent comme des laissés-pour-compte et se considèrent comme étant livrés à eux-mêmes dans son pays adoptif. En effet, la plupart de ces « Karàna » opèrent et sont déjà installés dans la Grande île depuis des générations. Ils se considèrent comme la 19e tribu de Madagascar. C’est normal s’ils revendiquent  protection et  soins. D’autant plus qu’ils s’investissent, financièrement surtout, là où ils sont.

Les vicissitudes des dirigeants au pouvoir, à travers leurs agissements inconsidérés et stupides, aggravent encore la situation au point que les contribuables éprouvent le ras-le-bol total. Le concept d’Etat de droit et les principes de la démocratie sont constamment bafoués. La pratique des bandits sans foi ni loi s’observe à l’intérieur de la sphère du pouvoir. Enfin, une situation bordélique dont les conséquences, à terme et immédiates, se constatent facilement sans recourir au service des experts mandatés par des organismes spécialisés. L’anarchie qui règne dans le pays déstabilise le moral de la population. En même temps, elle nuit dangereusement à la sérénité des investisseurs qui, tout compte fait, ne croient plus à la crédibilité des gens au pouvoir en ne bénéficiant plus du soutien moral de son peuple. C’est un état de fait que tout investisseur craint toujours. Le plus gros danger réside dans le fait que la Grande île dégringole et devienne un « pays à risque » pour les visiteurs ou touristes potentiels. Madagascar, un havre de paix depuis toujours, risque de rejoindre les rangs des pays « infréquentables » ou « inhospitaliers ». Très grave pour ce secteur bien porteur qu’est le tourisme. C’est dommage !
Ndrianaivo

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Editorial

  • Coudées franches.
    Réunie en séance privée dans la matinée du mercredi 13 février 2019, la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) déclara conforme à la Constitution la loi 2019-001 autorisant le président de la République à légiférer en lieu et place du Parlement, et pour cela, dans un cadre bien déterminé pour  un temps limité. Rappel, le nouveau Chef d’Etat Rajoelina Andry Nirina, évitant tout risque d’un vide institutionnel pouvant bloquer les actions d’urgence du Gouvernement, soumit au Parlement une loi l’autorisant à légiférer par ordonnance en l’absence du parlement. Au final, les deux chambres ont voté la loi 2019-001 soumise par l’Exécutif. En effet, le 1 er février, l’Assemblée Nationale  l’adopta par une large majorité. Tandis que, le Sénat fit de même le 5 février. Ainsi, sollicitée par le président, pour le besoin du contrôle de constitutionnalité, la HCC décida la  conformité de la loi votée et prit le soin de délimiter le…

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