Publié dans Editorial

Mirages

Publié le dimanche, 14 mai 2017

En plein dans le désert, au milieu des dunes de sable à l’infini, au zénith, les yeux semblent voir une nappe d’eau en surface, au loin. En vrai, ce n’est qu’une illusion de vue, des mirages ! En plein marasme des années noires de 80, le régime socialiste faisait croire à son pauvre peuple que le bout du tunnel serait proche et que le paradis socialiste se profilerait à l’horizon. Durant tout son règne, l’Amiral rouge par la magie de la parole, la démagogie, parvint à faire admettre, des fois par la force, que le pays se dirigerait vers la prospérité. Le peuple devait s’armer d’une patience de fer tout en continuant à produire, sans relâche. En fin de compte, le navire s’écoula et « atterrit » au fond de l’océan. La suite, on le savait.

L’Afrique regorge de démagogues. En effet, le Continent noir excelle par la floraison des champions de la démagogie. Larousse définit le terme « démagogie » par une « attitude consistant à flatter les aspirations à la facilité ou les préjugés du plus grand nombre pour obtenir ou pour conserver le pouvoir ». C’est justement le cas dans la plupart des Etats d’Afrique dont fait partie malheureusement la Grande île où, les hommes politiques, pour conquérir le pouvoir et le maintenir, promettaient la lune durant la campagne et au début de leurs mandats. Seulement, une fois investis et bien assis sur leur trône, ils oubliaient tout. Pire, ils se calfeutraient, paisiblement, dans leurs luxueux palais et ignoraient les souffrances et les cris de détresse du bas peuple.

Le respect de la parole donnée fait tragiquement défaut de nos hommes politiques. A Madagascar, les dirigeants ne se gênent point de considérer comme nulles et non avenues les promesses qu’ils avaient fait miroiter aux gens. La culture des mirages fait des ravages dans les esprits de simples citoyens. Le Président malagasy se dédouane, sans le moindre scrupule, sur le non-respect du deadline imposé par la Constitution à la mise en place de la Haute Cour de Justice, et cela, trois ans et demi après son investiture (24 janvier 2014). Chose que le candidat numéro 3 avait, formellement, promis  l’exécution sitôt après qu’il soit élu. La culture de la « chose promise, chose due » ne l’enchante guère. La désillusion s’amplifie quand on assiste à l’indifférence déroutante des Institutions censées contrôler l’action du pouvoir à l’image de la Haute Cour constitutionnelle qui se mure dans un silence coupable devant les dérives manifestes et répétées des tenants du régime. L’éminent constitutionnaliste Eric Rakotoarisoa semble donner sa bénédiction aux errances, notamment au niveau de la « crête » de l’Exécutif. Les observateurs avisés se désolent de prélever qu’il est en train de somnoler quelque part dans les hauteurs de la colline d’Ambohidahy. Une sieste prolongée !

Néanmoins, l’entretien des mirages ne n’est pas le seul apanage des barons du régime. Les dirigeants des groupuscules ou des partis qui poussent comme des champignons, ici et là, se réclamant de l’opposition et promettant d’apporter le renouveau total, prenaient les gens pour des canards sauvages. Ils font signe de leur détermination d’investir l’emblématique Place du 13 Mai et conviaient la population d’Antananarivo d’en faire autant. Au final, rien que des mirages ! 

Ndrianaivo

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La Une

Editorial

  • Incendiaire
    Un puissant séisme politique secoue le Togo et menace sérieusement la dynastie Gnassingbé.  L’opposition togolaise conteste, de la manière la plus énergique et déterminée, l’acharnement des Gnassingbé à s’incruster au pouvoir. A l’issue d’un coup d’Etat en 1967 au Togo, un petit Etat d’Afrique occidentale, sur le Golfe de la Guinée, le Lieutenant Colonel Etienne Gnassingbé Eyadema monta au pouvoir. Il y resta jusqu’à sa mort en 2005, soit, 38 ans de règne sans partage. Son fils Faure Gnassingbé, avec la complicité de l’Armée, lui succéda. « Réélu », successivement en 2010 et 2015, il compte rééditer le schéma classique, comme une lettre à la poste, en 2020. Seulement voilà, l’opposition monta au créneau et décida de lui barrer la route.

A bout portant

BONS PLANS WEEK-END

  •  Vendredi 25 novmebre 2016:

    - Fara kely, Fara Gloum et Mahandry au Piment café

    - Joëlle Claude  : au Cercle-germano malagasy à Analakely

    - "Who's next" au Dome Rta à 17h

    - Journée dédiée à la jeunesse suivi d'un spectacle oratoire le "Cinbé village" et le "zumba coloré" au Village de la Francophonie à Andohatapenaka

    - Grand concert intégrationnel au Village de la Francophonie à 15h suivi d'un défilé de mode et un "Zoma magnifique" avec Mika et Davis à 21h

    Samedi 26 novembre 2016:

    - "Ndao hifety isika jiaby": thème du jour au Village de la Francophonie

    Dimanche 27 novembre 2016:

    - "Ce n'est qu'un au revoir" thème du jour au Village de la Francophonie

    - "Ciné village", finale du tournoi de slam, carnaval de clôture, grand concert de musique classique, récit du mythe d'Ibonia, un chant d'au revoir du village, un jeu de drapeau: "Ce n'est qu'un au revoir mes frères" à 19h au Village de la Francophonie

  • Se surpasser, encore et toujours. Avant de s’envoler pour d’autres cieux, Bodo rendra hommage à ses fans à l’« Akany Nambinitsoa », Talatamaty. Ce sera son dernier cabaret-concert de cette année. Une occasion à ne pas rater pour les amateurs de cette grande dame de la musique malagasy. Le show commencera à partir de 20h.
     
  • Après l’avant-gout de la célébration du 20ème anniversaire du groupe « ‘Zay » qui a eu lieu à l’hôtel Carlton, Anosy, ce dernier revient sur le devant de la scène. Ainsi, le groupe réalisera un autre concert au Palais des sports de Mahamasina ce dimanche après-midi. Durant quelques heures, « ‘Zay » résumera les 20 ans de sa carrière à travers ses titres. Nary et compagnie ressusciteront leurs tubes les plus connus. Outre les musiciens, l’instrument à vent « Anjaniony » bercera le public. Le concert débutera à partir de 15h.
     
  • Une belle ambiance et de la bonne musique attendront les abonnés de l’Amitié Fandian à Ankadindramamy à partir de 21h. Mahery, Nini (Kiaka), Poun ou encore Green Banane animeront la soirée « after work » de cet endroit qui est devenu, à chaque fin de week-end, le lieu de rendez-vous incontournable pour certaines familles et des amis. Le répertoire sera composé des succès de ces artistes, en plus des duos et trios exceptionnels. 

  •  Des artistes véhiculant des styles de musique différents se réuniront au Pk 0 Soarano. La musique traditionnelle, celle urbaine et la musique des hauts-plateaux berceront les cœurs des  abonnés de cet endroit dans une soirée dénommée « Cabaret in Tanà ». Ry kala vazo, Jimmy Harison, Tana Group et Tovo J’hay partageront la scène pour assurer une ambiance parfaite.
  • Dans le cadre du festival « Madajazzcar », un cabaret avec Mampionona quintet, Hakon Storm, Mathisen feat Lova Bil, @ Tonny Mahefa Razafiarison & Volahasiniaina Linda aura lieu à l’hotel du Louvre, Antaninarenina à partir de 19h 30.
     
     
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