Publié dans Editorial

Pédagogue, dites-vous !

Publié le lundi, 15 mai 2017

Un pédagogue, c’est un enseignant, un éducateur. Celui qui maîtrise la science de la pédagogie. Et la pédagogie, c’est la théorie, la pratique de l’éducation des enfants. De ce fait, elle s’occupe de la transmission du savoir aux petits, à des adolescents et aux jeunes apprenants. Etre pédagogue signifie, ainsi, avoir la capacité scientifique et technique d’enseigner, de transmettre le savoir et d’éduquer nos jeunes. Une faculté ou une compétence qui n’est pas du tout à la portée de tous. Tout ce qui porte le titre d’enseignant ou d’éducateur n’est pas, forcément, un pédagogue !

La négligence de la discipline, la « pédagogie », par ceux ou celles qui prétendent exercer le métier d’« enseignant » ou d’« éducateur » se trouve, essentiellement, à l’origine de la défaillance du secteur « éducation ». A Madagascar, elle est à la base de l’échec de l’Education nationale. Le ministère de l’Education nationale (Men), le principal maître d’œuvre de l’enseignement et de l’éducation au pays, se voit confronter constamment à l’insuffisance du niveau technique et scientifique, en matière  pédagogique, de ces agents chargés de transmettre les connaissances dans les écoles. En effet, pour avoir l’étoffe d’un bon maître ou prof, il ne suffit pas d’être bradé de diplômes, mais il faut maîtriser l’art et la technique de transmettre les savoirs. Et c’est ici que le bât blesse !

Dans le nouveau Plan sectoriel de l’éducation (Pse) que le Men vient d’élaborer pour affronter le… gap, il est question principalement d’organiser, en priorité, la formation des enseignants. L’entreprise consiste à améliorer la performance pédagogique des instituteurs et des professeurs de telle sorte que ces derniers puissent valoriser leurs acquis dans le sens du transfert. C’est la base de toute initiative visant à redorer le blason de l’Education nationale. Ces derniers temps, la pédagogie s’invite dans les dédales de la politique. Une aventure que d’aucuns jugent, dans la foulée, de très risquée. Des encarts publicitaires ont véhiculé, à l’intention du public, un message selon lequel le Chef de l’Etat serait un « pédagogue incompris ». 

D’emblée, une stupéfaction générale envahit le commun des mortels. Le fait même de choisir l’usage du terme « pédagogue » irrite les observateurs dans la mesure où cela dénote une volonté instinctive d’infantiliser, à tout moment, les gens, et d’un. Et le fait de se victimiser d’être incompris met à découvert une malhonnêteté intellectuelle flagrante, et de deux. Il ne s’agit pas, ici, d’être incompris, mais plutôt d’être inapte ou incompétent à maîtriser sa « matière ». En fait, l’« enseignement déraille ». Tant qu’on y est, de quels cours s’agissent-ils exactement ? De quelles matières ? D’après ce que l’on avait laissé entendre sur son cursus, monsieur le Président en savait quelque chose sur la comptabilité et l’enseignerait. Mais pour ce qui est de dispenser des cours relatifs à d’autres disciplines telles la démocratie, la lutte contre la corruption ou l’intégrité morale, l’Etat 

de droit ou encore le respect des paroles données ou bien la bonne gouvernance, monsieur le « pédagogue » se trouve très loin du compte. Plus exactement, à côté de la plaque ! Il n’est pas, uniquement, incompris ou incompétent en la matière, mais, surtout… indigne à en porter l’étoffe. De quoi se demander, pédagogue dites-vous !    

Ndrianaivo

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