Publié dans Editorial

Pétards mouillés !

Publié le mercredi, 17 mai 2017

Difficile de ne pas revenir sur les ridicules prestations de nos hommes politiques tant du pouvoir que de l’opposition qui, dans leurs agissements, font tourner le peuple en bourrique. Les observateurs qui s’aventureraient à satisfaire la curiosité dans le labyrinthe de notre « espace politique » s’égaraient dans les dédales. Un univers dans lequel ils auraient du mal à distinguer les acteurs politiques évoluant dans l’orbite du pouvoir d’avec ceux de l’arène de l’opposition, s’il en existe d’ailleurs. Tellement leurs démarches, gestes et paroles, ressemblent trop !

En France, l’élection d’Emmanuel Macron, le candidat d’ « En marche ! » aux dernières présidentielles, brûle les cartes et met au grand jour l’inefficience des grandes formations politiques traditionnelles, Gauche/Droite/Centre. Une nouvelle configuration du paysage politique se dessine. « Tout le monde » se bouscule au portillon et désire se faire une place au sein de la nouvelle majorité : « la République en marche ! ». Macron et son état-major n’ont que l’embarras du choix. Ils éprouvent les difficultés du monde pour déceler le bon grain de l’ivraie. Du coup, l’image classique d’une majorité au pouvoir et d’une opposition, en face, semble s’éclipser pour laisser la place à un « gros panier » où s’entassent, pêle-mêle, des hommes et femmes issus de tous les horizons. La composition du nouveau Gouvernement dirigé par un élément modéré de la Droite, Edouard Philippe, de même que le profil de la future Assemblée nationale reflèteront la nouvelle empreinte que le tout nouveau Président de la République voulait incarner et imposer : l’irréprochabilité. Seulement, le risque de la promiscuité compromettant l’espérance de vie de la nouvelle « équipe » est à craindre. L’avenir nous le dira beaucoup plus !

Dans la Grande île, on est en face d’un paysage politique confus. Le traditionnel et utile clivage politique, pouvoir et opposition, se confond aux yeux de l’opinion. Au pouvoir, les tenants du régime n’admettent pas l’existence officielle du parti d’opposition que le texte de la Constitution prévoit clairement. A l’Assemblée nationale aussi bien qu’au Sénat, les sièges dévolus aux représentants officiels issus de l’opposition restent toujours vacants malgré la démarche persistante de certains leaders dans ce sens. Le parti d’Etat, le Hvm, rejette toute idée de la présence d’un rival à côté. Il balaie d’un seul revers l’espoir de voir un jour la dynamique d’une démocratie ainsi que la perspicacité d’une alternance. 

Dans le camp d’en face, l’ombre d’une éventuelle force d’opposition digne de la carrure ne se démarque pas de façon nette et claire, du moins jusqu’à présent. L’opinion n’a droit qu’à des bruits et des gesticulations. Le pays manque cruellement d’un vrai parti d’opposition ayant un sérieux « produit » à vendre ou à proposer. Aucun projet de société valable et capable de fédérer autour de l’ensemble des citoyens ne débarque sur la place publique. Aucun de ces leaders des partis supposés de l’opposition n’est capable de drainer une foule lors des manifestations publiques. Tellement, ils sont fichés et catalogués par l’opinion publique que leurs paroles et actes importent peu. Ils n’inquiètent, pas non plus, les hommes tenant de la barre. En gros, ils s’agissent en réalité des hommes et femmes politiques frustrés, nostalgiques du temps passé et aspirent à tout moment à un retour. Finalement, ce ne sont que des pétards mouillés. 

Ndrianaivo

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Editorial

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