Publié dans Editorial

Trop beau… !

Publié le jeudi, 18 mai 2017

« Trop beau pour être vrai ! » On vit dans un pays où, par la force du temps ou par la vertu du …forcing, l’anormal s’impose, l’irrégulier dicte ses lois, le mauvais se fait accepter. Tout le monde fait selon son bon vouloir et les responsables étatiques, selon leur bon gré. Les yeux semblent s’habituer à voir les choses à l’envers. Alors, aux rares occasions où l’on a droit à des actes corrects et justes, on n’ose point le croire. Trop beau pour être vrai ! 

Jacques Randrianasolo, procureur général près la Cour d’Appel (Pgca), lors de sa dernière déclaration concernant l’affaire Riana Andriamandavy VII l’opposant à la présidente du Syndicat des magistrats de Madagascar (Smm), Faniry Ernaivo, il a été plus que clair qu’un « soit- transmis » fut adressé à la Gendarmerie.

En fait, victime d’une menace de mort proférée par Andriamandavy VII, vice-président du Sénat, preuves à l’appui, Faniry Ernaivo déposa une plainte auprès de la Justice. Le haut magistrat, le Pgca, confirmait donc, lors de cette intervention, l’existence du « soit-transmis » au nom de ce tout puissant et célèbre beau-frère, par ses propres soins et adressé à l’intention de la section de recherche de la Gendarmerie à Fiadanana.

Jacques Randrianasolo, de continuer pour enfoncer le clou, détaillait de long en large, textes à l’appui, que l’action qu’il a lui-même déclenchée, entre bien dans le cadre de ses compétences, en tant que Pgca. Il n’a fait qu’appliquer les textes en vigueur dont il maîtrise bien, d’ailleurs, les arcanes. Il les a sur le bout du doigt. C’est trop beau… ! N’est-ce pas !

D’aucuns n’ignorent que le Pgca, partie intégrante du ministère public au même titre que le Parquet, se trouve sous la haute direction du ministre de la Justice, Garde des sceaux. Et tout le monde est témoin de la position affichée de ce dernier à propos de l’affaire Claudine, en général, et concernant éventuellement le cas de son beau-frère, en particulier. Etant donné le lien, trop proche et trop étroit, existant entre ces deux personnalités avec le couple présidentiel, le ministre ne peut qu’agir, peut-être, en conséquence. Principe de redevabilité et de soumission oblige !

Le comportement du Pgca qui s’inscrit, parfaitement, dans la ligne droite du respect d’un Etat de droit pourrait être traduit par son supérieur hiérarchique, en l’occurrence le ministre, en une « insubordination » de fait, sinon, en une « désolidarisation » au nom de la cause commune.

Sauf le respect que l’on vous doit, monsieur le procureur général, nous, simples citoyens, on a du mal à croire que ce qui se passe, en ce moment, au sein de votre honorable Institution qui, soulignons-le, fait l’objet depuis toujours de tant de remarques malveillantes du public, relève de la vérité. On a pu oser lever le petit doigt contre certains barons, les plus craints, du régime. Un sacré record, encore mieux, une performance jamais atteinte depuis. Veuillez bien nous excuser, on voulait, en rien du tout, manifester le moindre doute à la sincérité et à l’intégrité de vos actes, mais, c’était plus fort que nous. Nous osons croire que le sort réservera à cette insolite affaire une issue digne d’un Etat de droit. Vraiment beau… ! 

Ndrianaivo

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Editorial

  • A quand ?
     Les choses commencent à bouger ailleurs. Les séismes du changement ébranlent les anciennes habitudes de certains pays.  En Arabie Saoudite, premier producteur mondial du brut (pétrole), un pays longtemps réputé d’être hermétiquement fermé à toute influence étrangère, notamment de l’Occident, commence à ouvrir, bien que timidement, les portes et enclenche des changements notables.  Entre autres, les femmes saoudiennes, depuis toujours ignorées, retrouvent, peu à peu considérés, leurs droits les plus élémentaires. Désormais, elles peuvent entrer au stade et voir des matches ; elles peuvent conduire, etc… En outre, le roi Salmane affiche sa détermination de moraliser la vie publique, surtout, dans les rangs de la famille royale. Personne « n’est plus » au-dessus de la loi.

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