Publié dans Editorial

Offusquée

Publié le mardi, 23 mai 2017

L’Eglise catholique et apostolique romaine de Madagascar (Ecar) fustige. Scandalisée par une situation apocalyptique tendant à se dramatiser et à s’éterniser, l’Ecar ne pouvait plus rester indifférente, les bras croisés, les yeux fermés et se taire. Tellement, la décadence avance à grands pas que les évêques réunis en Conférence nationale (Cem) dénoncent, sans appel, les dégâts et pointent du doigt la responsabilité de tous : acteurs de la vie sociale, politique et économique du pays dont en particulier celle des tenants du régime. L’heure est grave. Place aux solutions fondamentales !

Les évêques, par la voix de la Cem, dans leur « déclaration à la Nation », réclamaient la nécessité d’un « changement radical de principe ». Ils faisaient des leurs également de la priorité, entre autres d’envisager une bonne fois pour toutes à la refondation du pays que certains acteurs politiques et des membres de la société civile avaient déjà mise en avant, sans succès, lors des campagnes électorales présidentielles de 2013.

Selon eux (les évêques), le plus urgent consiste à faire table rase de tout et refonder, de la base au sommet, la Nation. Point n’est plus besoin de se lamenter ni de crier sur le toit uniquement. Il faut « repartir » de la base et « rebâtir » une nouvelle Nation. Certes, il s’agit là d’une entreprise de longue haleine, seulement, il faut commencer, et ce, dès… maintenant !

L’Eglise, portant en elle l’empreinte de la miséricorde que son maître et seigneur l’impose à vivre, en soi, ne veut pas rester inactive.  Etant partie prenante des maillons de la chaîne, elle avait bien entendu sa part de responsabilité dans cette situation plus que catastrophique dans laquelle on est tous coincés. Les solutions « tip-top » que les dirigeants essaient d’engager, ici et là, ne cadrent plus au « remède » que le pays a tant besoin au stade où l’on est. En effet, les recours généralisés aux vindictes populaires constatées presque partout à travers la Grande île traduisent la décadence avancée de l’Etat de droit. La notion d’Etat se dépérit, lentement et sûrement, et donne lieu à une anarchie sans précédent.

Les valeurs morales partent en fumée. La notion d’intégrité et de probité s’éclipse totalement du tableau et cède la place à la corruption, aux malversations des biens publics et aux magouilles de tout genre. La bonne gouvernance n’est plus qu’un vœu pieux. En fait, on est en plein dans le règne des ténèbres. Et comme cerise sur le gâteau, « fruits » de la malédiction générale, la misère et l’insécurité complètent le menu. Avec les belles paroles et de beaux discours, les dirigeants du pays tentent, en vain, de redresser la situation. Des efforts de moralisation de la vie publique, à travers les interventions officielles, lors des déplacements des hauts responsables étatiques à l’intérieur de pays, sont entrepris. Seulement, ils manquent d’actes concrets. Les velléités d’entretenir et de couvrir la culture de l’impunité demeurent vivaces ou intactes. On ne veut point lâcher la prise ! Corrupteurs et magouilleurs peuvent encore se régaler.

L’Ecar, par le biais de ses prélats, ne veut pas être complice de la « destruction » latente du pays. Elle se démarque de l’attitude générale du Ffkm qui, au final, semble se complaire dans une… coupable léthargie.

Ndrianaivo

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Editorial

  • Le pacte gagnant
    L’union fait la force ! Cet adage populaire universel n’a jamais déçu. Il est valable à toute situation, à toute culture et à tout pays.  La force bat tous les obstacles et fait gagner à toute bataille ! Grâce aux efforts concertés des Alliés durant la Grande guerre (39-45) que les abominables forces nazies avaient pu être repoussées et écrasées. Les soutiens au candidat n° 4, Naina Andriantsitohaina, affluent. Des mouvements associatifs de toutes les sensibilités ou des régions différentes de l’île, des formations politiques de toutes tendances, des personnalités diverses, des élus (parlementaires ou autres) et de simples citoyens se décident à prêter main forte à Naina. Et d’autres vont encore venir.  

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