Publié dans Editorial

Arrêt inédit

Publié le lundi, 29 mai 2017

Les opérateurs locaux, issus des 18 tribus de la Grande île, évoluant dans la production et la distribution de la filière bovine et regroupés au sein d’une plate-forme dénommée « Fimpiomby F18 », menacèrent de mettre en exécution la suspension de livraison des bœufs sur les marchés. Ils avaient décidé le 13 mai dernier à Tsiroanomandidy l’arrêt de la livraison.
Et pour cause, les opérateurs n’arrivèrent plus à supporter les multiples exactions dans l’exercice de leurs activités. Le président du « Fimpiomby F18 », Randimbiherison William, dénonce le caractère de plus en plus dangereux du métier. En effet, deux faits majeurs enveniment et détruisent, en ce moment précis, l’exploitation de la filière bovine.

Le phénomène « dahalo » qui, ces derniers temps, atteint le niveau le plus traumatisant, pour ne pas le dire, le plus atroce en termes de perte en vies humaines, dans tout le territoire national, particulièrement, dans les quatre Régions suivantes : Menabe, Bongolava, Melaky et Bongolava. Justement, Régions où il est question, depuis toujours, de la plus grande concentration d’élevage de zébus et les activités économiques y afférentes. Le porte-parole du « Fimpiomby F18 » attire l’attention des autorités compétentes sur l’existence d’un puissant réseau de contrebande, bien organisée dans le District de Miandrivazo, le point de ralliement des quatre Régions sus-mentionnées, qu’il faut, par tous les moyens, démanteler urgemment. A défaut de quoi, le circuit de la livraison des bœufs sur les grands marchés comme ceux de Tsiroanomandidy, d’Ambalavao, d’Ampanotokana et de Mandoto, demeure du domaine strictement de l’impossible.

A cette malédiction de l’insécurité s’ajoute l’impact de plus en plus insupportable des patentes et taxes diverses que les opérateurs devaient s’acquitter, par tête de bœufs, à chaque transaction jusqu’aux marchés. Des montants que les grossistes devraient récupérer chez les détaillants qui, à leur tour, se rattraperaient  sur les prix affichés aux consommateurs, sur les étals. Sans parler des sommes indues exorbitantes que les Forces de l’ordre soutireraient au cours des contrôles routiers sur le trajet du bétail ou qu’elles exigeraient pour assurer les accompagnements sécuritaires.

Tout compte fait, l’opérateur subit les exactions inhumaines des « dahalo » et croulent sous le poids des espèces sonnantes qu’on leur impose. Ainsi, se sentant coincés à l’épicentre de ces graves perturbations, les acteurs économiques répartis à travers l’île et opérant dans la filière « bœuf » ne trouvent d’autres issues que de suspendre leurs activités, et cela, dans tout Madagascar au cas où les autorités compétentes à tous les niveaux ne prendraient pas leurs responsabilités. Inutile de mettre en évidence les effets délétères collatéraux d’une telle éventualité. C’est du jamais vu !

Madagascar disposait du plus grand parc d’élevage de bœufs dans l’océan Indien et même dans toute l’Afrique australe. Jusqu’à la fin de la Première République, le nombre de tête de zébus était supérieur à celui des habitants. L’élevage de bœufs tient une place prépondérante dans les activités rurales malagasy. Dans le Sud comme à l’Ouest du pays, le bœuf occupe le noyau central dans l’ancrage économique et culturel de la communauté villageoise. La tête de zébu symbolise, depuis toujours, la souveraineté nationale. Une figure emblématique de la Nation toute entière. Et voilà, la filière bovine se trouve au centre des préoccupations, non seulement de la population, mais aussi de l’ensemble des opérateurs, en amont et en aval, engagés dedans.  
Ndrianaivo

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Editorial

  • Elan national
    Les portes de la Commission mixte, Malagasy et Français chargée de trancher sur le sort des îles Eparses, s’ouvriront ce lundi 18 novembre 2019 à Antananarivo (Andafiavaratra) avec en toile de fond un tableau apparemment contrasté. D’une part, la récente déclaration, incendiaire et provocante, d’Emmanuel Macron aux îles les Glorieuses  « Ici c’est la France ! » De l’autre, la détermination de Madagasikara de vouloir « récupérer » à tout prix les îles malagasy sournoisement appelées « îles éparses ». Les autorités malagasy, soutenues par l’ensemble de l’opinion nationale, campent sur leur position à savoir les cinq perles dites îles Eparses (Europa, Bassa da India, Juan de Nova, les Glorieuses et Tromelin) sont malagasy et ce conformément aux deux résolutions de l’Assemblée Générale des Nations Unies du 12 septembre 1979 portant n° 34/91 et du 11 décembre 1980 n°35/123.  

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