Publié dans Editorial

Anémié

Publié le lundi, 10 juillet 2017

L’anémie est une maladie du sang liée à l’insuffisance en globules rouges. Le sujet atteint montre une faiblesse ou une fatigue permanente. Il ne peut pas effectuer des efforts physiques soutenus. C’est une maladie particulièrement préoccupante et usante dans la mesure où elle empêche le malade de vaquer, normalement, à ses activités quotidiennes. Pour les élèves ou étudiants et les travailleurs victimes, elle constitue un handicap majeur dans l’exercice de leurs occupations. Enfin, c’est une maladie qui se traite mais dont le traitement nécessite de gros moyens financiers.

Le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) souffre d’insuffisance chronique budgétaire, le nerf de la guerre, dit-on. La gravité et l’urgence de la situation sont telles que l’équipe de Jean Louis Andriamifidy se trouve contrainte de chercher les voies et moyens pour renflouer la caisse. A terme, ne serait-ce que pour l’exercice 2017, Ambohibao devra combler un gap de 2 milliards d’ariary. Sinon, les projets planifiés subiraient un sérieux coup. Normalement, si les engagements de l’Etat, à hauteur de 0,3% du Budget général, ont été honorés, le problème ne se serait présenté pas à ce niveau. La réalisation est très loin du compte. Le Bureau est anémié. 

Une réunion, à l’initiative du Bianco, a été organisée à l’hôtel Colbert, à l’intention des hauts responsables étatiques et les Partenaires techniques et financiers (Ptf), pour « sensibiliser » sur le danger qui guette la suite à donner aux activités du Bureau. Notons qu’à ce rythme, c’est la Stratégie nationale de la lutte contre la corruption (Snlcc), elle-même, qui voit ses jours menacés, sinon comptés. 

D’aucuns auraient, facilement, deviné la complexité de la situation au sein de laquelle s’incruste l’équipe à Andriamifidy dans l’exécution de ses tâches. Affaibli par l’absence, voire l’insuffisance des moyens matériels dont il dispose, le Bianco ne pourrait pas atteindre les objectifs initialement prévus. De réels obstacles pour venir à bout de ce mal, entre autres la corruption qui a trop anémié le pays, réduisant ainsi à néant nos chances de réussite.

A l’issue de cette importante table ronde à Antaninarenina, les dirigeants du Bianco espèreraient recevoir, en retour, les ressources conséquentes nécessaires. Les lourdes et difficiles responsabilités qui les attendent exigent la disponibilité entre leurs mains des moyens suffisants.

Les Ptf veulent bien venir en aide et porter un secours consistant au Bianco, en détresse. Seulement, ils se sentent mal en point, quelque part, en constatant certains blocages venant du pouvoir en place qui, en fait, ne voient point d’un œil bienveillant l’arrivée à bon port du Bianco dans ses travaux gênants. Il faut avouer qu’il n’est pas dans l’intérêt des barons au pouvoir à ce que les efforts de l’équipe Andriamifidy soient couronnés de succès. Fallait-il creuser dans ce filon ? A chacun de nous d’en déduire. Les partenaires comptent voir venir des signaux positifs sur les conditionnalités qu’ils entendent imposer au préalable.

De toute façon, les Ptf attendent un geste fort de la part du Gouvernement pour soutenir le Bianco avant qu’ils se décident à faire quoi que ce soit. Le Premier ministre Olivier Solonandrasana Mahafaly, au terme du débat, s’est engagé à contribuer de façon substantielle au budget du Bureau l’année… prochaine. Toutefois, c’est déjà un point positif, a tenu à souligner le Dg du Bianco, en espérant, bien entendu, que l’engagement soit tenu.

Ndrianaivo

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Editorial

  • Futiles doublons
    Madagascar, un archi-pauvre pays, se permet le luxe d’avoir deux ou trois instances administratives pour s’occuper d’un même secteur d’activité. Parmi les cinq pays les plus pauvres de la planète, la Grande île malmène les maigres possibilités financières entre ses mains. La notion d’austérité échappe totalement à nos pauvres dirigeants. Le peu que l’on dispose doit être géré scrupuleusement et consciencieusement. Trois grands domaines sont principalement touchés par l’ineptie du gaspillage de l’argent public : l’environnement, le tourisme et le transport. Des secteurs d’activités qui nécessitent, chacun pour leur part, une meilleure gestion. Les deux premiers, grands pourvoyeurs de devises, ont besoin d’un ensemble de stratégies bien ficelé. Tandis que le troisième, le transport, exige un traitement particulier. L’environnement, un patrimoine particulièrement riche et endémique qui ne demande qu’être traité de façon méthodique et rationnel, se trouve tiraillé par le ministère de l’Environnement et de la Forêt (Mef), d’une part, et…

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