Publié dans Editorial

Débordés

Publié le mardi, 11 juillet 2017

Débordés, les femmes et les hommes détenteurs du pouvoir d’Etat, cibles des attaques, voire des tirs croisés et pris de panique, ne réussissent plus à dissimuler leur énervement et se trouvent sur le bord de commettre l’irréparable. Les foyers de tension ne fléchissent point. Ils prennent, au contraire, de l’ampleur. A l’Université, le feu couve toujours. Les étudiants n’ont pas dit leur dernier mot concernant les mesures disciplinaires que les instances universitaires prendraient à l’encontre de quelques-uns d’entre eux.

Les corrections des copies du Bepc peinent à démarrer pour cause des vacations, de la session précédente, non payées. Les observateurs n’arrivent toujours pas à comprendre pourquoi les responsables, au niveau des Circonscriptions scolaires (Cisco) ou du ministère de tutelle, attendent toujours le dernier moment pour condescendre à traiter les dossiers y afférents. A en croire les dires de certains enseignants victimes à Sambava, les retards s’étaleraient sur quelques années. A Mahajanga, les Antandroy s’installant dans cette partie de l’île menacent d’observer une grève. En cause, victimes d’actes de banditisme et de divers comportement injustes, ils se sentent indésirables et ne comptent pas se laisser faire. Au ministère de la Justice, les choses sont loin de s’arranger, notamment chez les Magistrats. Une vive tension reste toujours palpable. La politique de la sourde oreille que les hauts dirigeants du pays appliquent ne contribue pas à apaiser la surchauffe. En tout cas, le ministre de tutelle, Charles Andriamiseza, ne cherche pas à décanter l’atmosphère. Au contraire, il attise et entretient le feu. Le Syndicat des magistrats de Madagascar (Smm) n’entendent, nullement, à baisser les bras. Selon les magistrats syndiqués, il n’est point question de rejoindre le travail sans avoir la garantie ferme de la part du Chef de l’Etat, étant lui-même de fait le président du Conseil supérieur de la Magistrature, de préserver l’indépendance totale de la Justice. Les doléances pourraient paraître irréalistes pour certains, mais ces femmes et hommes en toges arrivent à un stade où ils ne supportent plus d’être les « valets » des femmes et des hommes de l’Exécutif. D’ailleurs, ils ne réclament que le respect de la Constitution qui prévoit et défend la séparation des pouvoirs au niveau des Institutions de la République. L’itinéraire vers l’instauration de l’Etat de droit passe, obligatoirement et nécessairement, par là. Mais monsieur le Président de la République ne veut rien en savoir. Et il continue d’ignorer ! Résultat : les magistrats débraient de nouveau. C’est la panique du côté des justiciables, eux qui, en dernier ressort, subissent les effets pervers comme étant les éternelles victimes des inepties du régime. Au-delà de ces irréductibles foyers de tension, le régime doit simultanément faire face aux recrudescences alarmantes des attaques à main armée faisant de nombreuses victimes à travers tout le pays. Ces derniers temps, les bandits sans foi ni loi s’acharnent, en particulier, sur les premiers magistrats des Communes rurales qui, selon toute vraisemblance, sont les premiers responsables des « dinam-pokonolona », genres de « contrats communautaires », pour traquer tout acte de banditisme. Une insécurité boostée par l’incurie récidive des dirigeants eux-mêmes. En somme, ils sont victimes de leurs propres turpitudes. Tel un fou qui, allongé sur le sol, crache sur lui-même (« mandrora mitsilany »). Débordés, nos barons n’ont qu’à s’en mordre les doigts !
Ndrianaivo


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Editorial

  • Futiles doublons
    Madagascar, un archi-pauvre pays, se permet le luxe d’avoir deux ou trois instances administratives pour s’occuper d’un même secteur d’activité. Parmi les cinq pays les plus pauvres de la planète, la Grande île malmène les maigres possibilités financières entre ses mains. La notion d’austérité échappe totalement à nos pauvres dirigeants. Le peu que l’on dispose doit être géré scrupuleusement et consciencieusement. Trois grands domaines sont principalement touchés par l’ineptie du gaspillage de l’argent public : l’environnement, le tourisme et le transport. Des secteurs d’activités qui nécessitent, chacun pour leur part, une meilleure gestion. Les deux premiers, grands pourvoyeurs de devises, ont besoin d’un ensemble de stratégies bien ficelé. Tandis que le troisième, le transport, exige un traitement particulier. L’environnement, un patrimoine particulièrement riche et endémique qui ne demande qu’être traité de façon méthodique et rationnel, se trouve tiraillé par le ministère de l’Environnement et de la Forêt (Mef), d’une part, et…

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