Publié dans Editorial

Insane récidivisme

Publié le mercredi, 12 juillet 2017

Absurde, voire insane. Les maigres indemnités de vacation des correcteurs de copies lors des examens officiels du Brevet d’études du premier cycle (Bepc), au titre de l’année 2016, tardent à être payées. Pour certains centres, le cas par exemple dans la Circonscription de Sambava, il s’agit même de quelques années d’impayées pouvant s’élever jusqu’à 40 millions d’ariary. Et les bêtises se répètent tous les ans. Les responsables trainent les pieds pour s’occuper aux règlements de ces modiques sommes. Ils tentent, notamment ceux au sein du Men, d’avancer des arguments qui ne tiennent pas route pour se dédouaner. On attend, entre autres, de source auprès de ce département, l’adoption de la Loi de finances rectificative (Lfr). Chose qui aurait dû se faire en 2016, s’il le faut, pour être prête en temps voulu, cette année. Et l’erreur se répète ! 

Grotesque ! Quand on jette un minimum de regard sur les gaspillages de la Caisse de l’Etat fomentés par les tenants du régime, on saisit facilement pourquoi ces pauvres petits correcteurs ne soient pas fâchés. Il fallait qu’ils (les correcteurs) se rebiffent pour que les responsables de tous les niveaux daignent bouger le petit doigt. Un comportement totalement inadmissible de la part des dirigeants qui claironnent, sur les toits, qu’ils s’occupaient, à cœur joie, du « sosialim-bahoaka ».

Idiot. Pour cajoler ou amadouer nos insatiables élus au Parlement, le Gouvernement parvient à se « débrouiller » pour débloquer des milliards d’ariary. A chaque début de la Session ordinaire, à Tsimbazaza, la menace d’une motion de censure planait dans les coulisses et fait trembler les f… de l’Exécutif. La folle histoire de la déchéance de 2015 le hante toujours. Une épée de Damoclès que les députés s’amusent à agiter, à tout moment, sur la tête de nos princes.

Inconscients. Lors de la célébration de la Fête nationale autour du 26 juin, nos princes se permettaient à des dépenses faramineuses ou irréfléchies. Feux d’artifice et podiums géants, banquets royaux, etc. Autant de folles et démesurées dépenses que les modestes moyens financiers de l’Etat ne supporteront jamais et crèvent, indûment, la fragile Caisse publique. On peut très bien fêter modestement dans la dignité et dans une solennité avec un moindre coût. Le recours à des mesures d’austérité n’effleure jamais, un seul instant, l’esprit de nos vaillants maîtres de l’Etat, et cela, en dépit de la misère intenable qui étrangle le pays.

Cette absence du sens de la modération couplé avec celui de la priorité dans le style de gouvernance cause de sérieux revers à notre économie mourante qui indispose les gens. L’ennui, c’est que la défaillance soulevée freine le décollage et plombe le pays. Résultat : l’essor du pays n’atteindra nullement la vitesse de croisière. Les mêmes erreurs se reprennent. Pour certains cas, elles s’aggravent et se soldent par des échecs cuisants pour le régime, en particulier, et pour la Nation, en général.

Le refus flagrant des différents responsables, de haut niveau, de se soumettre aux décisions de justice risque à terme de ternir pour toujours l’image du pays. Les Partenaires techniques et financiers (Ptf) ont exprimé, plus d’une fois, leur inquiétude face à l’instauration, à une vitesse vertigineuse, de l’Etat de non-droit. Le récidivisme nous colle à la peau et secrète un climat délétère et insane qui nous étouffe, tous.

Ndrianaivo

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Editorial

  • Futiles doublons
    Madagascar, un archi-pauvre pays, se permet le luxe d’avoir deux ou trois instances administratives pour s’occuper d’un même secteur d’activité. Parmi les cinq pays les plus pauvres de la planète, la Grande île malmène les maigres possibilités financières entre ses mains. La notion d’austérité échappe totalement à nos pauvres dirigeants. Le peu que l’on dispose doit être géré scrupuleusement et consciencieusement. Trois grands domaines sont principalement touchés par l’ineptie du gaspillage de l’argent public : l’environnement, le tourisme et le transport. Des secteurs d’activités qui nécessitent, chacun pour leur part, une meilleure gestion. Les deux premiers, grands pourvoyeurs de devises, ont besoin d’un ensemble de stratégies bien ficelé. Tandis que le troisième, le transport, exige un traitement particulier. L’environnement, un patrimoine particulièrement riche et endémique qui ne demande qu’être traité de façon méthodique et rationnel, se trouve tiraillé par le ministère de l’Environnement et de la Forêt (Mef), d’une part, et…

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