Publié dans Editorial

L’arroseur arrosé

Publié le vendredi, 14 juillet 2017

Marc Ravalomanana et ses ouailles, membres et sympathisants du Tim venus nombreux, n’ont pas pu, jusqu’au dernier moment, investir le stade municipal de Mahamasina, il y a une semaine exactement,  pour célébrer le 15e anniversaire du parti que l’ex Président de la République a fondé. Les Forces de l’ordre eurent raison du jusqu’au-boutisme de  Marc Ravalomanana. La célébration tournait court et faillit dégénérer de peu en troubles incontrôlables si les tensions n’ont pas été vite maîtrisées.

Très remonté par la tournure néfaste des  évènements, l’ancien homme fort du pays vitupérait les tenants du régime de l’avoir interdit l’accès à son… « Stade ». C’est une insulte qu’il n’était pas du tout prêt à admettre. Selon l’avis unanime des observateurs, Marc Ravalomanana ne fait que subir l’effet d’un retour de manivelle. Un revers qui, au final, le méritait.  Et si l’actuel locataire d’Iavoloha agit de façon peu cavalière de la sorte à son égard, il savait pertinemment comment Monsieur l’ex-Chef de l’Etat se comportait quand il était au pouvoir. Tenant d’une main de fer le régime, Ravalomanana faisait subir l’enfer à ses détracteurs. A tous ceux ou celles qui osaient le braver, il les humiliait. On se rappelle du sort qu’il avait infligé aux  grévistes, magistrats ou membres du Syndicat des enseignants-chercheurs (Seces) et autres, en voyant leurs salaires suspendus. Sinon le cas de ces opérateurs économiques empiétant les domaines d’action du « Tiko » et qui se trouvaient en prison pour des motifs d’accusation fallacieux, voire arbitraires. Totalement impuissants face au rouleau compresseur de l’empire « Tiko », ils finissaient par se  terrer ou par… mourir en prison. Le malheureux cas des « Trois frères » d’Andrefan’Ambohijanahary reste encore gravé dans les esprits. Les tragiques évènements de 2008-2009, lors des soulèvements populaires, marquèrent de façon indélébile la cruauté des répressions du régime Ravalomanana. Le souvenir est encore vif dans les mémoires des  victimes. L’occasion fut offerte sur le plateau à ce leader de parti, se réclamant l’étiquette de « libéral », de rendre à l’ancien Président la monnaie de sa pièce. Ce dirigeant politique est sorti de ses gongs pour l’interpeller, lui et les « autres » d’ailleurs, qu’il qualifiait de « vieux brisquards butés ». Un geste qui ne manquerait point de ravir et faire le grand plaisir d’Iavoloha. Devenu proche du régime, le leader du  « fédéralisme sahaza » reprochait à l’ancien exilé de l’Afrique du Sud de vouloir, à tout prix, semer le trouble. Trop enclin de recourir au forcing,  Ravalomanana, comme l’actuel d’ailleurs, fonce la tête baissée, pourvu qu’on atteigne l’objectif. Battu aux élections communales de 2007 notamment à Antananarivo, Marc Ravalomanana, tout puissant Président de la République, n’avait jamais digéré la déroute. En effet, le jeune opérateur Andry Nirina Rajoelina, présenté par le Tgv, écrasait par des scores sans appel, dans tous les quartiers de la capitale, son poulain Rafalimanana. Du coup, le bouillant et imprévisible Président Ravalomanana faisait subir le calvaire, sinon l’enfer au jeune maire de la Capitale. Il ferma le robinet des subventions au profit de la Commune urbaine d’Antananarivo. L’équipe du maire avait dû se débrouiller, ailleurs, pour alimenter la caisse de la Commune. En général, quand Marc Ravalomanana avait entre les mains les pleins pouvoirs, il se plaisait à montrer ses « muscles » et à bomber son torse pour réprimer, vertement, toute tentative de… déstabilisation.  Maintenant, il devenu l’arroseur arrosé !
Ndrianaivo

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Editorial

  • Futiles doublons
    Madagascar, un archi-pauvre pays, se permet le luxe d’avoir deux ou trois instances administratives pour s’occuper d’un même secteur d’activité. Parmi les cinq pays les plus pauvres de la planète, la Grande île malmène les maigres possibilités financières entre ses mains. La notion d’austérité échappe totalement à nos pauvres dirigeants. Le peu que l’on dispose doit être géré scrupuleusement et consciencieusement. Trois grands domaines sont principalement touchés par l’ineptie du gaspillage de l’argent public : l’environnement, le tourisme et le transport. Des secteurs d’activités qui nécessitent, chacun pour leur part, une meilleure gestion. Les deux premiers, grands pourvoyeurs de devises, ont besoin d’un ensemble de stratégies bien ficelé. Tandis que le troisième, le transport, exige un traitement particulier. L’environnement, un patrimoine particulièrement riche et endémique qui ne demande qu’être traité de façon méthodique et rationnel, se trouve tiraillé par le ministère de l’Environnement et de la Forêt (Mef), d’une part, et…

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