Publié dans Editorial

Le Pakistan, bien loin !

Publié le dimanche, 30 juillet 2017

Le Premier ministre Nawaz Sharif, d’après Radio France Internationale (Rfi), est destitué de son poste de chef de Gouvernement pakistanais. Suite à l’arrêt de la Cour suprême du Pakistan, Nawaz Sharif fut déchu de son mandat de député au Parlement. Comme motif, il est reconnu coupable de corruption à grande échelle. Aussitôt le verdict tombé, Nawaz Sharif démissionne et le Gouvernement est dissout. Le Pakistan, une République islamique d’une superficie environ une fois et demie de celle de Madagascar mais six fois, à peu près, de la population malagasy. Un Etat fédéral ouvert sur l’océan Indien, se trouvant entre l’Afghanistan, à l’ouest, et l’Inde à l’est. Comme son grand voisin, l’Inde, le Pakistan possède un arsenal nucléaire.

C’est un grand producteur mondial de riz. Dans ce pays qui est, géographiquement et politiquement, bien loin de chez nous, la démocratie en dépit des tensions tribales et religieuses récurrentes, n’est pas un vain mot et l’Etat de droit vit de sa lettre de noblesse. Nawaz Sharif, un vieux « routier » et un homme aguerri de la politique au Pakistan, dut démissionner de son poste de Premier ministre à la suite d’une décision irrévocable de la Justice (la Cour suprême). La Haute juridiction pakistanaise le reconnait coupable de corruption et le condamne à la destitution en tant que parlementaire. Selon le juge, sa conduite déviante, n’est pas digne d’un député, un haut représentant du peuple pakistanais. On lui reprochait de mener, avec sa famille, un train de vie en totale disproportion d’avec son gain officiel. Ainsi, les enquêtes menées par les services compétents établirent, de façon incontestable, la pratique de la corruption. La loi en vigueur de la République islamique ne tolère jamais toute malversation de ce genre. La preuve, Nawaz Sharif, malgré son statut de parlementaire et de sa posture de Premier ministre, chef du Gouvernement, qui devrait lui soustraire, par la magie de l’immunité, les condamnations judiciaires, payait les frais de son écart de conduite. Le Pakistan est bien loin ! A Madagascar, une île de l’antipode des côtes pakistanaises, les tenants du régime affichaient leur volonté inébranlable d’écraser sous leurs bottes toutes formes de manifestation aspirant à la restauration d’un Etat de droit et hypothéquer ainsi la démocratie.  La corruption, dans tous ses états, culmine. Et tout cela, pour servir les vils intérêts d’une minorité en confisquant tout le pouvoir entre ses mains. De toute évidence, l’impunité règne et ne laisse aucune chance aux bonnes volontés de renverser la tendance. Le Premier ministre, cumulant le portefeuille du ministre de l’Intérieur, personnellement, impliqué dans des allégations de détournements de deniers publics, à propos des « subventions exceptionnelles » attribuées aux Communes, n’est nullement inquiété. La raison, peut-être, de vouloir garder le Département de l’Intérieur sous sa responsabilité directe, afin de pouvoir « étouffer » toute tentative de tirer en surface l’affaire. Le cas de Claudine Razaimamonjy nous instruit, en long et en large, sur la vraie image du régime. D’autres dossiers contribuent à noircir le tableau, mais il nous semble d’aucune utilité d’entrer dans les détails dans la mesure où l’affaire de cette richissime femme d’affaires suffit largement d’étayer
l’assertion. Le Pakistan, bien loin, tourmenté dans une spirale de violences, réussit par-dessus tout, à montrer au reste du monde l’exemple d’un Etat de droit.

Ndrianaivo

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  • L'ingérable
    La Grande île échapperait-elle à tout contrôle ? Les dirigeants, maîtres de ce régime, ne parviendraient-ils pas à maîtriser la gestion des affaires nationales ? Tout porte à croire que le pays est sens dessus dessous ! Une cacophonie d'indiscipline et de cafouillage où tout semble, apparemment, permis.

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