Publié dans Editorial

Ruine de l’âme

Publié le lundi, 31 juillet 2017

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », une célébrissime phrase, navigant à travers le temps, de François Rabelais, un écrivain humaniste français du XVIème siècle. Dans sa lettre, Pantagruel,  le père, recommande les bonnes manières à Gargantua, son fils, étudiant à Paris, une cité en pleine expansion, pouvant être nuisible à l’éducation et à l’évolution de l’âme d’un jeune comme son fils, Pantagruel.

 

Quatre siècles après, la morale tient toujours notamment pour un jeune…pays comme le nôtre. L’évolution subversive et contre-productive de la Science menace l’âme d’une jeune Nation comme Madagascar. Le risque d’une ruine plane, si ce n’est déjà le cas. La Science de la moralité subit un sacré coup. L’inadmissible d’hier devient tolérable aujourd’hui. Les influences occidentales en mœurs et libertinage envahissent le milieu sociétal malagasy. Le mariage pour tous et tout ce qui s’en suit s’introduisent peu à peu. L’escroquerie et la filouterie gagnent dangereusement du terrain.

 

La conscience morale constitue le socle des valeurs humaines, mais, quand elle est sapée à la base c’est la ruine de l’âme. Il n’y a plus de repère ou boussole capable d’orienter vers la bonne direction. Trahison, corruption et malversations de tout genre prédominent. Les statistiques révèlent que Madagascar fait partie des pays les plus pauvres et l’un des plus corrompus du monde.

 

La Science de la politique voit ses jours en péril. Initialement, la politique est l’outil pour gérer la vie communautaire de la Cité. Un instrument de premier choix pour mener toute œuvre de développement et d’épanouissement de l’Homme e t de tout homme. Toutefois, quand la politique censée diriger toutes les opérations se trouve souillée à la base, c’est la ruine de l’âme. La démocratie, un des critères inséparables à la Science politique, évolue difficilement dans un cadre pareil. Montesquieu  (1689-1755),  un écrivain français libéral et rigoureux du XVIIIème siècle, fit savoir que la démocratie est une vertu, un bien de la communauté in « De l’esprit des lois ». La Grande Ile est l’un des pays très mal vus dans le traitement de ce « bien ». Par ricochet, l’Etat de droit, un des effets positifs d’une démocratie vivante,  souffre d’une malformation chronique.

 

La Science de l’administration publique, plus particulièrement, celle relative à la gestion financière, est régie par une « loi » stricte et sévère. Elle doit respecter un ensemble de consignes, l’orthodoxie financière, que tout responsable n’a pas droit d’ignorer. Le respect des lois portant sur les opérations financières est le socle d’une administration saine. C’est ici que le bât blesse. Détournements et corruption dictent leurs lois. Les partenaires financiers étrangers condamnent, énergiquement, de telles  malversations et conditionnent leur assistance à l’assainissement du système. Madagascar, un pays dont les ressources financières propres font, chroniquement, défaut dépend des apports extérieurs. Ironie du sort, nous ne sommes pas capables de gérer le peu que nous disposions ! Le Chef de l’Administration, en personne, s’égare vis-à-vis de la gestion des deniers publics.

La mainmise de la Justice complète le tableau de la ruine de l’âme. Les parodies de procès assorties de verdicts bidons persistent, et ce, malgré les cris au scandale lancés, entre autres, par les Magistrats eux-mêmes. Hommes politiques, hauts fonctionnaires (Inspecteurs d’Etat, Directeurs,…), syndicalistes, activistes de l’environnement, tous passent à la trappe.

Ndrianaivo

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Editorial

  • L'ingérable
    La Grande île échapperait-elle à tout contrôle ? Les dirigeants, maîtres de ce régime, ne parviendraient-ils pas à maîtriser la gestion des affaires nationales ? Tout porte à croire que le pays est sens dessus dessous ! Une cacophonie d'indiscipline et de cafouillage où tout semble, apparemment, permis.

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