Publié dans Editorial

Gabegie

Publié le dimanche, 06 août 2017

Après le départ « volontaire » du ministre des Finances et du Budget, François Gervais Rakotoarimanana, la voie est… libre. Allons-y pour le gaspillage ! Vive la gabegie !
Les investissements « hors-circuit », pour ne pas dire « parallèles », désormais pédales libres, vont affluer. La Chine, principal objet de discorde avec l’ancien grand argentier, aurait la marge de manœuvre tant voulue. Et d’autres viendront ! En contrepartie, ils auront les mains libres sur les richesses naturelles du pays. A cinq mois d’entamer la ligne droite, l’année 2018, les « préparatifs » vont bon train. Ce ne sont pas les projets « bidons » qui manquent. A chaque début ou fin des travaux, ce sera l’occasion d’organiser en grande pompe des cérémonies où « tout le monde » est convié.

« Dépenses folles ». Les mots ont été lâchés. Un quotidien de la place se laissait exploser, l’autre fois, la rage en faisant la « une » de sa livraison les bourdes du régime. D’un passé récent, les hauts dignitaires du régime, à commencer par le Chef de l’Etat et son Premier ministre accompagnés de leur épouse respective, les membres du Gouvernement, les deux présidents du Parlement, certains des députés et sénateurs « amis » et les proches collaborateurs ont tous ralliés la cité touristique de Nosy Be. Motif : lancement officiel des travaux d’extension de l’aéroport de Fescène et l’inauguration du Centre « Vonjy », locaux destinés au traitement des enfants victimes de violence dans cette partie de l’île. Tout le monde fit le déplacement, et ce, aux frais de la princesse !
Du gaspillage ! Les dirigeants se livrent à des dépenses sans commune mesure avec les vraies réalités du pays. En dépit des maigres possibilités financières, ils se plaisent à organiser des mondanités dispendieuses. En vrai, l’évènement de Nosy Be ne devrait nécessiter le déplacement d’au plus 10 personnalités : le ministre des Travaux publics et ses proches collaborateurs (5 personnes) et la délégation dirigée par la Première dame et son entourage (5 personnes). Et le tour est joué !
S’il existe une chose où ni les observateurs ni le simple citoyen n’ont jamais pu saisir les contours réside à cette tendance démesurée de nos barons à s’octroyer des occasions nécessitant des dépenses folles. Décidément, la notion d’austérité leur échappe totalement.
Au départ, il a été prévu de faire venir à Nosy Be tous les responsables de l’Administration territoriale et ceux en charge de la Défense et de la Sécurité du pays pour une grande réunion, en états généraux, aux fins de débattre avec le Gouvernement cette épineuse question tournant autour de la sécurité. Evidemment, c’est le « tout Madagascar » des hauts responsables qui est concerné. Une « foule immense » à prendre en charge (déplacements, hébergements, restaurations, indemnités diverses, etc.). Le grand patron s’est, finalement, rétracté. Et tous les indésirables, en cours de route, ont dû rebrousser chemin.
Certes, l’idée de réunir, autour d’une table, tous les responsables directs de la Nation pour discuter les voies et les moyens  pour éradiquer ce fléau, l’insécurité, n’est pas à remettre en cause. L’initiative tombe pile au besoin urgent du pays ! Cependant, le fait de l’organiser à l’extrême Nord du pays, avec les dépenses occasionnées,  la gabegie suscite l’incompréhension et l’indignation.
Ndrianaivo

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Editorial

  • Sale jeu !
    A quel jeu se livre-t-on exactement ? Sur terrain, une équipe hétéroclite dirigée par un « technocrate et n'appartenant à aucune formation politique » du nom de Ntsay Christian joue un match capital. En réalité, il s'agit d'un match où « tout le monde », coach, capitaine, joueurs, supporters et même les spectateurs sur le gradin, n'a pas le droit ni l'intérêt de perdre. A tout prix, l'équipe doit gagner !

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