Publié dans Editorial

Flagornerie !

Publié le vendredi, 01 septembre 2017

Larousse définit le mot « flagornerie » en ces termes : « flatterie basse et intéressée ». Le président Hery Rajaonarimampianina recevait à son palais les nouvelles recrues de l’Armée conduites par leurs chefs  pour leur remettre des tenues. Occasion offerte pour le Chef de l’Etat, Chef suprême des Forces armées,  de transmettre un message fort aux hommes en treillis.

Au lieu de rosser, vertement, les responsables en uniformes de leurs échecs récurrents, le président se livrait à des flatteries de bas étage. Les chefs militaires qui ont failli à leurs devoirs et ayant déçu de leur mission reçoivent, indécemment, des mots de complaisance. Une courtisanerie qui fait perdre le nord au citoyen lambda. On ne voit pas pourquoi le Chef de l’Etat lance des fleurs à l’endroit de ces Chefs défaillants. L’état de la sécurité ou de l’insécurité qui prévaut dans le pays préoccupe dangereusement les esprits. Pratiquement, il n’y a pas un jour que le Bon Dieu crée où l’on ne fait pas état d’attaque meurtrière un peu partout dans tout le pays. Le sang coule…à flots. La population, meurtrie par la douleur, ne sait plus où donner de la tête.   Apparemment, le président Rajaonarimampianina prend soin de ne pas vexer ni frustrer les hommes en treillis. Il a pris bonne note des mésaventures tragiques de son prédécesseur durant la crise de 2009. En effet, Ravalomanana a payé, au prix très fort, son arrogance vis-à-vis de la Grande Muette. Il a dû subir l’ire de la caserne. Il n’avait qu’une seule issue, à l’époque, à savoir céder le pouvoir et fuir. Heureusement pour lui que l’ambassadeur des Etats-Unis l’avait aidé.Le Chef suprême des Forces armées a la peur au ventre. Il prend au sérieux tout mouvement d’humeur des éléments non maîtrisés. Le cas des retraités qui réclament l’alignement de certains avantages est suivi de près. Ainsi, la meilleure option pour lui consiste à caresser la «bête » dans le sens des poils.Dans les pays du Sud, l’Armée occupe une place prépondérante dans l’assise du pouvoir. Les hauts gradés, plus précisément les « étoilés », assurant entre leurs mains les Commandements des Unités, tiennent par la même occasion la clé de la « stabilité ».En Egypte, c’est l’Armée qui gouverne le pays. Rien ne se fait sans l’accord des grands patrons des hommes en uniformes. Le Général Al Sissi, Chef d’Etat-major, n’avait eu aucune résistance en face quand il avait déposé le président-élu Mohamed Morsi. Même, les grandes puissances occidentales, soucieuses du respect de la démocratie, n’avaient eu rien à commenter.Au Venezuela, le président Nicolas Maduro, en dépit d’une dictature caractérisée, peut dormir sur les lauriers grâce au soutien sans faille de l’Armée. Il n’en a cure des contestations, presque quotidiennes, de l’opposition ainsi que les mises en garde du « gendarme » de la région, les Etats-Unis, et les « avertissements » de ses voisins immédiats. Mais là où notre Big Boss se trompe réside dans le fait que l’Armée, quelle que soit sa puissance en armes et en nombre de ses soldats, ne pourra jamais défaire le « déferlement » d’une population en colère. L’Amiral Didier Ratsiraka en savait quelque chose sur ce point. Inutile de se verser dans une flagornerie de ce genre !
Ndrianaivo



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Editorial

  • Irrécupérables !
     Pour la énième fois, en début de semaine, les étudiants de l’Université d’Ankatso étaient sortis de leurs gonds. Effectivement, ils s’émancipèrent de leur domaine, l’université, pédagogiquement parlant, pour exprimer publiquement et ouvertement leur vive colère. Il y a eu des échauffourées avec les Forces de l’ordre. En cause, le faux bond du Ministère de tutelle. Rappel des faits, le week-end dernier, à l’issue d’une houleuse réunion entre les représentants, d’une part, du Ministère de l’Enseignement Supérieur (Mesupres) et ceux des étudiants, de l’autre, relative au paiement des bourses, il a été convenu que les responsables du Mesupres afficheront, sans faute, le lundi prochain le calendrier des paiements des bourses. Rendez-vous que les gens du Ministère ont, tout simplement, raté. Et les techniciens du Mesupres se rabattent au cataclysme naturel (Ava) pour se dédouaner.

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