Publié dans Editorial

Identité remarquable !

Publié le mardi, 05 septembre 2017

 En mathématique, on parle d’identité remarquable quand deux unités bien définies ou deux quantités données ou plusieurs forment une équation parfaite. En politique, au niveau des Etats, il pourrait y avoir question d’identité remarquable quand deux ou plusieurs régimes politiques présentent des cas…identiques ou similaires dans leur système de gouvernance.En Afrique, du moins francophone, trois pays émergent du lot en étalant des points de ressemblance ahurissante.Burundi, petit pays enclavé en Afrique orientale où le Président Pierre Nkurunziza, élu en 2010 persiste à se maintenir, envers et contre tout, au pouvoir en dépit de l’expiration effective de son mandat, fait subir à son peuple les pires oppressions.

 La République démocratique du Congo (Rdc),  un vaste pays encore dans la partie orientale de l’Afrique, ancienne colonie belge connait le même sort que son voisin. Joseph Kabila tente par tous les artifices de s’éterniser au pouvoir.Madagascar, une Grande île de l’océan Indien, notamment des Mascareignes, connait à plusieurs égards le triste sort, sensiblement, identique à ceux des pays cités en haut. Pour le moment, le Chef de l’Etat malagasy, élu en 2013, n’affiche pas la velléité de rester au pouvoir en dehors du mandat réglementaire, mais, tout porte à croire que le Monsieur, ayant pris goût risquerait, un jour, de manigancer un  scenario de type burundais ou congolais. Le glissement du calendrier électoral serait un cas, un jour, à ne pas exclure ! De toute façon, à en voir de près les faits majeurs qui se produisent dans ces trois pays, Burundi-Rdc-Madagascar, il est difficile de ne pas admettre qu’il existe des aspects accusant une identité remarquable dans la gestion des affaires nationales respectives surtout à celles ayant cours au traitement du domaine de la politique. Les dirigeants burundais, congolais et malagasy prennent, chacun dans leurs pays, en otage la Constitution. Les dispositions de base prévues dans le Texte fondamental, plus particulièrement, celles concernant le respect de la démocratie sont complètement bafouées ou ignorées. Nkurunziza, Kabila et Rajaonarimampianina confisquent la liberté individuelle dans sa forme la plus élémentaire. La Constitution défend, universellement et de façon nette et claire, la liberté d’expression de tout citoyen. Seulement voilà, à Bujumbura comme à Kinshasa ou à Antananarivo il est formellement interdit de manifester publiquement son opinion. Les forces politiques acquises au changement sont mises au pas. Les autorités de la ville, préfets de police ou autres, pour des raisons de « sécurité publique », interdisent toutes manifestations sur la place publique. La liberté de presse encaisse un coup sérieux.  Les arrestations de journalistes ne cessent d’étaler, au grand jour, leurs méfaits. Tandis que les intimidations ou les enlèvements des hommes et des femmes professionnels du média deviennent, par la force des cas, des faits divers. Certes, en ce qui concerne  personnellement Madagascar, les cas d’enlèvement ne s’étaient pas encore produits de façon récurrente mais les menaces portant préjudice à la liberté d’opinion et d’expression font légion. On emprisonne pour des délits d’opinion. Le Code de la communication médiatisée, particulièrement, liberticide réduit la marge de manœuvre de la presse à Madagascar. L’on sait que l’ancien-nouveau ministre de la Communication tente de réparer la « gaffe » mais les observateurs avertis doutent de la pertinence de l’initiative. Plutôt, un geste dilatoire diront certains. 
Ndrianaivo

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