Publié dans Editorial

Risques et périls… !

Publié le jeudi, 07 septembre 2017

Tollé général. Le projet du Gouvernement  malagasy, relayé par un quotidien de la place, de construire un village destiné à accueillir des réfugiés syriens crée la panique générale. Réseaux sociaux, presse privée, stations radiophoniques libres, simples citoyens, intellectuels, etc. montèrent  au   créneau pour dénoncer vigoureusement le macabre projet.Le régime en place, dans l’espoir de soutirer  de gros sous semblerait marcher sur la proposition de la Turquie de recevoir sur le territoire national des réfugiés venant surtout de la Syrie. Lesquels réfugiés qui, en fait, posent problème au Gouvernement turc qu’il voulait s’en débarrasser.

Le Président Erdogan, en conflit direct d’avec les dirigeants européens avec qui il avait conclu un accord, s’est vu submerger et se sent débordé par l’afflux massif des migrants en provenance de Syrie, tente de trouver ailleurs des issues. Il lui faut dénicher d’urgence des « partenaires » faciles à…convaincre afin qu’il puisse se décharger de ce fardeau qui, non seulement, présente un risque majeur pour son pays, mais, génère également une situation de plus en plus ingérable. La Turquie, après avoir vécu le séisme du coup d’Etat de 2016, ne peut plus se permettre d’abriter trop de réfugiés aggravant le risque de déstabilisation sur son propre territoire.  Vu le rapprochement entre Ankara et Antananarivo, le Président turc par des astuces subtiles aurait réussi d’obtenir de son homologue malagasy l’accord qu’il voulait, désespérément, décrocher à savoir accueillir des migrants de Syrie installés en Turquie. Bien entendu, des espèces sonnantes et trébuchantes auraient été nécessaires pour aboutir à ce fameux « accord ». Le régime Hvm, à court de  liquidités, aurait sauté sur l’occasion. Il faudrait bien étoffer le trésor de guerre, étant donné l’imminence des scrutins, les tenants du pouvoir ne voulaient point laisser passer une telle opportunité. Le Haut commissariat des Nations unies pour le réfugiés (Hcr), pour sa part, inquiet des conditions invivables et inhumaines des migrants en Turquie, aurait pesé de tout son poids pour que le Gouvernement malagasy accepte l’ « offre ».Sur place, l’opinion publique se mobilise pour rejeter, d’un seul bloc, l’hypothétique projet. La levée des boucliers ne s’est pas fait attendre. Radanoara Julien, un des rares spécialistes en relations internationales met en garde le régime du danger que l’opération représente pour le pays. Une erreur  à éviter !  Et tout cela, pour plusieurs raisons, somme toutes, logiques et valables.
Un pays, dont le degré de la pauvreté de la  population dépasse l’entendement, ne peut pas avoir la possibilité d’accueillir les « pauvres » des autres. Tout le monde connait l’hospitalité légendaire des Malagasy, mais, au stade actuel de la misère dans laquelle végète la grande majorité des gens, il est impensable d’envisager de recevoir des invités…à problèmes. Notre priorité nationale du moment réside dans les efforts pour venir en aide nos propres affamés. En plus, une fois que l’on admette le principe
d’héberger chez soi des migrants issus de cette région « chaude » du Proche-Orient, on courrait le risque d’abriter des éléments islamistes radicalisés. Pris de panique, les barons tentent de calmer  la tempête. Des démentis pleuvent. Néanmoins,  la tension demeure vive. En tout cas, rumeurs ou pas, on a toutes les  raisons de s’inquiéter vu les risques et périls en jeu.
Ndrianaivo

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Editorial

  • L’épreuve du feu
    Un premier et le plus grand test de grandeur nature attend le Gouvernement Ntsay. Supposé être né d’un accord politique entre les grandes formations politiques, principalement le MAPAR, le TIM et le HVM, le nouveau Cabinet subit un examen crucial et complexe qu’il faille réussir. Tel un prévenu qui, au cours d’une épreuve, doit porter une barre rouge de feu et réussir à traverser un obstacle avec, et cela, sans se faire brûler, le nouveau Premier ministre est soumis à un test très  délicat : parvenir à publier dans les heures sinon les jours qui viennent du calendrier de l’élection présidentielle anticipée ! Un test éprouvant et très dur, cependant le salut de la Nation passe obligatoirement par-là !  Ntsay fait face à deux blocs naturellement ou  foncièrement inconciliables, contradictoires.

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