Publié dans Editorial

Tripoterie

Publié le lundi, 11 septembre 2017

Le régime-HVM balance dans l’air un « autre » sale projet ! Un ballon de sonde est lancé dans l’atmosphère. Les barons au pouvoir voulaient modifier la Constitution. Il leur faut palper la température à l’ «extérieur ». Les dirigeants de ce pays entretenaient ou prêtaient dans le plus grand secret l’intention de tripoter la Loi fondamentale. Ils concoctaient depuis belle lurette un projet d’amendement.

Le Chef de l’Etat, Hery Rajaonarimampianina, comme à l’accoutumée, accordait la primeur de son projet à la presse étrangère. Il priorise la presse extérieure et délaisse les média locaux. Selon certaines indiscrétions, le déplacement à Londres aurait, finalement, pour but principal d’annoncer aux Malagasy, via la Capitale britannique, le fatidique « projet ». Parait-il qu’il tente de se rattraper ce samedi 16 septembre. Malheureusement, certains confrères avertis et avisés doutent déjà de la pertinence de l’initiative dans la mesure où l’opération se réduirait à une simple mascarade. Tout serait fixé au «millimètre près » : liste des journalistes invités, questions et réponses y afférentes. Aucune voix discordante ne sera admise.
Pour en revenir à nos moutons, les maitres du pouvoir se caressaient, dans la plus grande discrétion, l’idée de tripatouiller la Constitution. C’est devenu une obsession! En fait, s’il existe une chose où les dirigeants des Républiques bananières excellent en obtenant, ainsi, le record mondial c’est le tripotage du texte de la Constitution. Partout en Afrique, francophone s’entend, les tenants du régime trament des amendements dont l’unique objectif consiste à s’offrir un Cadre fondamental ouvrant la voie aux possibilités de s’éterniser au… trône.
Selon le PM, au cours d’une de ces inaugurations, l’Art. 46 de la Constitution ferait l’objet d’amendement. Deux points principaux définis dans ce très important Article se trouvent dans la ligne de mire des tenants du régime, à savoir, le seuil de l’âge de tout candidat pouvant se présenter au scrutin présidentiel, trente-cinq ans dans l’actuel Texte, et l’obligation de présenter la démission 60 jours avant la date de l’élection au cas où le président en exercice postulera pour sa propre succession.
Inutile de préciser que le projet vise certains candidats. Rajaonarimampianina tente par de vulgaires astuces d’écarter les candidats potentiels risquant de faire ombrage à sa réélection. Une vieille pratique qui a, encore, de beaux jours devant pour les rigolos régimes d’Afrique.
 La volonté de passer outre des dispositions de la Constitution stipulant la démission 60 jours du candidat président préoccupe les esprits au plus haut degré de gravité. La tentation de faire prévaloir la puissance publique durant la période de campagne électorale empoigne les dirigeants du pays. Les concepts de la neutralité et de l’égalité des chances devant les urnes seraient jetés à la poubelle.
 Comble de malheur, le Chef de l’Etat claironne qu’il s’en remet à la décision de la majorité. Faisant ainsi référence à un éventuel référendum. Sinon, de quelle majorité évoque-t-il ? Mais, de qui se moque-t-on ? A Madagascar, il n’y a plus de majorité crédible et fiable. Depuis l’avènement de ce régime, la notion de majorité n’existe plus, tant au Parlement qu’au niveau du peuple.  Tout s’achète. La misère qui étrangle la grande masse populaire ne laisse aucune chance à un vrai choix et offre une grande avenue vers une tripoterie de la Constitution.
 Ndrianaivo

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Fil infos

  • Contre une présidentielle anticipée - Le HVM et ses sbires divaguent
  • Venue du Pape à Madagascar - « Je ne peux pas promettre à 100 % », dixit le Cardinal Tsarahazana
  • Andry Rajoelina - « La nomination des ministres autres que MAPAR et TIM était à notre insu »
  • Choix de ministres HVM indésirables - Peaux de banane de Rajaonarimampianina contre Ntsay Christian
  • Sortie de crise - Les sans-grades se ridiculisent
  • Quatrième République - Les artisans de la descente aux enfers du régime
  • Vie de parti politique - La famille « recomposée » du HVM s'entretue
  • Le contexte politique vu par Jeune Afrique - Madagascar : un parfum de fin de règne pour Rajaonarimampianina
  • Premier ministre Christian Ntsay « Il faut laisser le gouvernement travailler »
  • Non à Riana Andriamandavy VII - Forte mobilisation des journalistes

Editorial

  • L’épreuve du feu
    Un premier et le plus grand test de grandeur nature attend le Gouvernement Ntsay. Supposé être né d’un accord politique entre les grandes formations politiques, principalement le MAPAR, le TIM et le HVM, le nouveau Cabinet subit un examen crucial et complexe qu’il faille réussir. Tel un prévenu qui, au cours d’une épreuve, doit porter une barre rouge de feu et réussir à traverser un obstacle avec, et cela, sans se faire brûler, le nouveau Premier ministre est soumis à un test très  délicat : parvenir à publier dans les heures sinon les jours qui viennent du calendrier de l’élection présidentielle anticipée ! Un test éprouvant et très dur, cependant le salut de la Nation passe obligatoirement par-là !  Ntsay fait face à deux blocs naturellement ou  foncièrement inconciliables, contradictoires.

A bout portant

AutoDiff