Publié dans Editorial

Partout et ailleurs !

Publié le mardi, 12 septembre 2017

Au four et au moulin. Sur les hauts des collines et au bas fond des vallées. Hery Rajaonarimampianina sur tous les fronts ! Olivier Solonandrasana  Mahafaly n’importe où ! Mais qu’est-ce qui fait courir? Le Chef de l’Etat ne rate pas toutes les occasions pour « honorer » de sa présence toutes les cérémonies de culte ou d’inauguration. Des cérémonies auxquelles il peut, normalement, déléguer à ces lieutenants du Gouvernement ou aux autorités compétentes locales.  Comme s’il n’y a pas grand-chose beaucoup plus important et urgent à traiter au Palais. Le Premier ministre lui emboîte le pas. Lui aussi, il ne se prive pas des opportunités pour patronner n’importe quelle cérémonie. En fait, l’idée d’occuper le premier plan à toutes les réunions et manifestations publiques devient, du coup, une obsession de nos dirigeants. A ce rythme, ministres, chefs de Région et autres seraient relégués au second plan, même, à l’arrière-plan, pour ne dire, au bas fond. A Nosy Be, le Chef de l’Etat tenait à être présent à une double cérémonie.

D’une part, le lancement des travaux d’agrandissement de l’aéroport de Fascène sous l’égide de « Ravinala  Airports ».  L’inauguration d’un centre de soins pour victimes de violence, de l’autre. Et les exemples peuvent se multiplier à satiété !   Les gesticulations des deux têtes de l’Exécutif mettent en surface au moins deux problèmes. D’abord, la question touchant le cadre légal de la précampagne. Le vide constaté au code électoral concernant ce sujet porte un préjudice sérieux à tous les candidats au prochain scrutin présidentiel de 2018. En effet, le « gap voulu » favorise le poulain du régime en lui donnant une inestimable longueur d’avance. Le coup d’envoi n’étant pas encore donné, il se trouve qu’il se lance déjà sur piste. Non  seulement, la « compétition » est injuste mais aussi illégitime, sinon, illégale !  Et le silence éloquent de la Commission nationale électorale indépendante (Ceni) face à l’énormité du pouvoir en place fait râler le… muet. Pourquoi cette instance censée gérer le cadre électoral, de façon indépendante et équitable, à Madagascar ne  réagit-elle pas ? On dirait d’un arbitre privé de son principal outil de travail, le sifflet. L’initiative de moraliser le…jeu lui appartient. Le « directeur » du match laisse jouer. Est-ce le prélude d’un scrutin  truqué dès le départ? L’autre problème qui irrite les esprits, notamment, des contribuables repose sur l’utilisation abusive des ressources et matériels publics durant tous ces déplacements. Les missions interminables des chefs de l’Exécutif suivies d’une forte délégation tant à  l’intérieur qu’à l’extérieur du pays crèvent,  impudiquement et lourdement, la caisse de l’Etat.  Et que dire de la problématique des belles paroles et des vaines promesses semées à tout vent et
qui infantilisent, encore plus, la jeune démocratie malagasy ? Cette armada de la tromperie qui finit, à la longue, par avoir le dessus sur un peuple dont la proportion d’illettrés, incapables de faire la  différence ou de discerner entre le grain et l’ivraie, prédomine toujours. Un mode opératoire éhonté et indigne. Evidemment, les barons du régime se défendent de faire une campagne avant l’heure. A entendre  les arguments avancés, c’est le délire d’un aliéné ! Se moquant de tous, Président de la République  et Premier ministre sillonnent partout et ailleurs.
Ndrianaivo

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Editorial

  • Problème d'éthique !
    En 15 +2 jours de la nomination du Premier ministre de consensus (PMC), la situation politique malagasy n'a rien évolué. Nommé le 4 juin 2018, Ntsay Christian n'est pas encore sorti de l'auberge. En dix jours d'existence, le Gouvernement tente, tant bien que mal, de démarrer.Sur la Place du 13 mai, la tension ne baisse pas.

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