Publié dans Editorial

Quid de responsabilité !

Publié le vendredi, 06 octobre 2017

Personne n'est responsable ! La peste pulmonaire urbaine attaque de plein fouet la Capitale de Madagascar et ses environs immédiats tandis que celle bubonique sévit dans certaines localités de l'Ile (Toamasina, Mahajanga, Ambatondrazaka,…). Le bilan des décès ne cesse de grimper, de même, le nombre des cas atteints ou suspects. A l'heure où l'on est, il semble difficile de se hasarder à donner des chiffres exacts, du fait que la situation évolue très rapidement. En tout cas, écoles et universités restent fermées, et ce, jusqu'à la semaine prochaine.

Et au rythme où va la propagation, tous les bureaux administratifs (ministères ou communes, etc) et les marchés des villes ou régions touchées seraient, eux aussi, interdits au public. Pourquoi pas, la mise en circulation des transports en commun ! Dans nos éditions précédentes, nous avions
déjà soulevé le cas d'une « panique extrême ». Nous y sommes !
Devant la gravité des cas répertoriés un peu partout, nos dirigeants se rendent la balle. Ils jettent la responsabilité. Tout compte fait, personne n'est responsable de personne ! Le fléau arrive et se propage par un coup de miracle. Plutôt, le peuple en dernier maillon de la chaîne est le responsable de l'épidémie de peste. Le pauvre peuple est responsable de sa misère, de l'insécurité, de la corruption, etc.
Le pays verra-t-il un jour de vrais dirigeants réellement responsables de ces actes et qui savent, en toute humilité, reconnaitre leurs erreurs devant son peuple qui n'est autre que leur « payeur ».
Pour le cas de Tanà-ville, le Gouvernement, par le biais de la Primature, n'a rien à voir avec cette malédiction et accuse la Commune Urbaine de n'avoir pas pris des mesures appropriées. Réponse du berger à la bergère, la CUA, pour sa part, renvoie la charge au Ministère de l'Intérieur qui, selon le Conseiller spécial de Mme le Maire et mari de son état, a manqué à sa responsabilité, à savoir, débloquer vers la CUA ses dus : les subventions. Comme de petits élèves, à la cour de récréation, ils s'amusent à la « passe à dix ». Au final, c'est un tour de passe-passe entre l'Exécutif et la collectivité décentralisée. Les contribuables assistent à une vaine scène de prise de bec.
En somme, qui sont les responsables ? Comment peut-on expliquer que Madagascar, en plein commencement du Troisième Millénaire, se fasse encore attraper par ce terrible fléau moyenâgeux ? C'est une maladie supposée être éradiquée depuis des siècles. Seuls dans trois pays, tous africains, Tanzanie, République Démocratique du Congo et Madagascar, où l'on retrouve encore des foyers résistants. Et encore, pour les deux premiers, les cas se font rares.
Où sont-ils passés  les traitements périodiques de DTT que le Service de la Voirie d'antan organisait, sans faute, à Antananarivo dès l'entame de la période de chaleur et des pluies ? L'Agent Voyer de la Ville veillait au grain à la propreté de la Cité des Mille. Des Inspecteurs de la Voirie contrôlaient quartiers par quartiers. Les colons pouvaient se targuer qu'à leur époque les rats avaient du mal à perpétrer  leurs sales besognes. Jusqu'à une période encore récente, durant la Transition, l'épidémie a pu être contrôlée.
 Le régime, en place, commet le péché de l'irresponsabilité. Et le pays en pâtit.
Ndrianaivo

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Editorial

  • Canular !
     Et la farce continue. De mascarade en mascarade, les hommes du pouvoir mènent en bateau les 25 millions de Malagasy. Des numéros, très maladroitement interprétés, au lieu d’égayer la galerie, offusquent. La comédie vire à la pitrerie. La sauce mayonnaise tourne. C’est raté ! Iavoloha, mordicus et contre vents et marées,  persiste et signe de sa volonté à tripoter la Constitution. Ayant butté à une fin de non recevoir de la part des partenaires nationaux soutenus par la Communauté, les dirigeants aux cravates bleues ne désarment point. Pour contourner la chose, ils sont en train de mettre sur pied une nouvelle tactique. En effet, Iavoloha passe le relais aux parlementaires patentés au pouvoir. Les députés et sénateurs  proches du régime cogitent un plan machiavélique en vue de « toucher » à la Loi fondamentale. 

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