Publié dans Editorial

La déchéance

Publié le dimanche, 08 octobre 2017

Impensable. Face à la recrudescence de l’épidémie de la peste, le Président de la République, père de la Nation et symbole de l’unité du pays, se terre dans un silence inouï voire troublant. Comme si de rien n’était, Hery Rajaonarimampianina ne croit pas à la nécessité de rendre visite auprès des « siens » dans la tourmente ni, au moins, piper un mot de réconfort  à l’endroit de ses « enfants », dans le malheur.  Un geste glacial indigne d’un Chef d’Etat, supposé avoir de la sensibilité et du cœur pour son peuple en difficulté.

L’épidémie qui sévit, en ce moment, se trouve en passe de devenir un drame national. La peste, pulmonaire ou bubonique, atteint une bonne partie des grandes agglomérations urbaines. Elle n’épargne pas, non plus, les régions rurales. A l’heure où l’on parle, le chiffre de la nécrologie avoisinerait bien  au-delà de la quarantaine et le nombre des cas suspects, plus de trois cents, à l’échelle nationale.  Et le bilan s’alourdit à une vitesse ahurissante. Les Centres de soins habilités à traiter le cas, du genre, Ambohimiandra affichent « complets » et ne  reçoivent plus d’autres. Pour le cas d’Antananarivo, les hôpitaux dignes de l’être sont débordés.  A Toamasina, c’est le cafouillage total ! Tous les analystes, sur le même banc d’observation, s’indignent du comportement du locataire d’Iavoloha traduisant une indifférence inédite. L’opinion publique, par la voix de la presse, s’insurge de ce mutisme choquant du « Raiamandreny » de la Nation. Complètement abasourdie, elle (l’opinion) ne s’en remet pas. Sur la place publique, le Président évite de croiser les journalistes. Jugés trop gênants ou non fréquentables, les professionnels du média locaux ne méritent pas, semble-t-il, un tel honneur ! Peut-être qu’il va attendre et profiter de son séjour à Rome, devant la presse internationale, pour enfin s’adresser à son peuple. Inimaginable ! C’est du jamais vu !  Pour les observateurs avisés ou habitués, c’est selon, des agissements de l’homme fort du régime Hvm, il ne pourrait s’agir, rien d’autre, qu’une démission de la raison. Selon certains qui tentent de contourner le problème, l’homme à qui nous avons affaire, sur la tête, ne s’était pas préparé à la haute charge voulue par la magistrature suprême de l’Etat. Une responsabilité jugée trop supérieure, sinon trop compliquée par rapport à ses compétences techniques ou à ses aptitudes morales et intellectuelles. D’autres n’hésitaient pas d’avancer, carrément,  l’hypothèse d’un orgueil mal placé tout court. Sinon, le fait d’oser snober la souffrance de la famille dont il est le chef, relève d’un caractère manifestement odieux et osé. Tel un déserteur, le Chef de l’Etat fuit le combat. En vrai froussard, il n’a pas le courage d’affronter l’ennemi. Au front, quand un Général, commandant en chef des opérations abandonne sur terrain, il mérite la dégradation, sinon pour certain cas, au moment le plus fort de la bataille, la sanction extrême, à savoir, le…poteau. Le commandement suprême des Alliés, durant la Grande Guerre, ne transigeait point.  Les traîtres avaient été fusillés tout au moins radiés définitivement et ne pouvant plus exercer une fonction publique quelle qu’en soit la nature.Un Président de la République qui, ouvertement pris en flagrant délit d’abandon de ces charges, devrait en toute logique subir la sanction suprême, la déchéance. 

Ndrianaivo

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  • Canular !
     Et la farce continue. De mascarade en mascarade, les hommes du pouvoir mènent en bateau les 25 millions de Malagasy. Des numéros, très maladroitement interprétés, au lieu d’égayer la galerie, offusquent. La comédie vire à la pitrerie. La sauce mayonnaise tourne. C’est raté ! Iavoloha, mordicus et contre vents et marées,  persiste et signe de sa volonté à tripoter la Constitution. Ayant butté à une fin de non recevoir de la part des partenaires nationaux soutenus par la Communauté, les dirigeants aux cravates bleues ne désarment point. Pour contourner la chose, ils sont en train de mettre sur pied une nouvelle tactique. En effet, Iavoloha passe le relais aux parlementaires patentés au pouvoir. Les députés et sénateurs  proches du régime cogitent un plan machiavélique en vue de « toucher » à la Loi fondamentale. 

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