Publié dans Editorial

Même « combat » !

Publié le lundi, 09 octobre 2017

Yoweri Kaguta Museveni et Hery Martial Rajaonarimampianina auraient-il le même souci ? Ouganda (anglophone) et Madagascar (francophone), deux pays d’Afrique orientale, le premier sur l’Equateur, près du lac Victoria, et le second situé dans l’océan Indien iraient connaître le même sort.

En effet, Yoweri Museveni (73 ans) au pouvoir depuis 1986, à l’issue d’un coup d’Etat, voulait amender la Constitution. Réélu successivement dont la dernière en date en 2016, il s’accroche en visant certains Articles de la Loi fondamentale de son pays. Museveni va appeler les Ougandais aux urnes pour faire sauter un verrou l’empêchant de briguer un nouveau mandat en… 2021. Selon les dispositions de l’actuelle Constitution, tout candidat ougandais postulant le poste de Président de la République doit avoir au maximum 75 ans au moment du dépôt de la candidature. L’actuel Chef de l’Etat dont le mandat expire en 2021 aura à cette date 77 ans. Il ne pourra plus, donc, se présenter.
Hery Rajaonarimampianina, arrivé au pouvoir, par la voie des urnes, en janvier 2014, mijote un second mandat. Il se caresse l’idée de retoucher la Constitution. Pour ce faire, certains verrous du Texte de la Loi fondamentale devraient sauter. Une Loi par laquelle il a pu conquérir le pouvoir. Une Loi sur laquelle il a prêté serment. Enfin, une Loi qu’il avait défendue et avait fait voter en 2011.
Coïncidence de faits ou non, le Chef de l’Etat malagasy en exercice tente, coûte que coûte, par une mascarade de consultation populaire de se maintenir aux manettes de l’Etat. L’Art. 46 qui prévoit la démission du Président candidat, 60 jours avant la date du scrutin, serait dans la ligne de mire du régime. Doutant de la « capacité » ou l’« aptitude » du président du Sénat, en la personne de Honoré Rakotomanana, appelé à prendre les rênes du pouvoir, en cas de vacance de pouvoir, le locataire d’Iavoloha préfère diriger lui-même l’« opération ». En somme, l’homme fort du régime est en phase de renier, simultanément, deux options qu’il avait, lui-même, défendues bec et ongles, en leurs temps.
Conscient du refus systématique de toutes les sensibilités, partis politiques et société civile confondus, contre l’amendement, surtout celui concernant l’Art. 46, l’équipe dirigeante du Hvm tente de glisser le débat vers un terrain plus neutre ou technique. Elle brandit la « nécessité impérieuse » de recadrer le statut de la Collectivité de base, le « Fokontany ». Urgence qui, selon la bande à Rivo Rakotovao, ne peut pas attendre. Une manœuvre dilatoire que même un badaud d’un niveau « terre à terre » serait en mesure de discerner. 
Ainsi, les deux dirigeants, Museveni et Rajaonarimampianina, choisirent d’affronter, respectivement, chacun l’opinion nationale. Ougandais et Malagasy, du moins ceux qui portent en eux la rigueur pour le strict respect de la Constitution, affichent leur hostilité à toute tentative de la gribouiller. Ils n’hésitent point non plus de la qualifier d’un… viol sur la personne de la souveraineté nationale. Pour une même vision, ils s’engagent à un même combat, celui de pouvoir s’accrocher autant que se peut.
Sauf que, Ioweri Museveni récemment plébiscité, l’année dernière, vise une nouvelle Constitution pour se rassurer de sa réélection en 2021. Alors que pour Hery Rajaonarimampianina, il s’agirait d’envisager une échéance dans un an et quelque mois. A chacun de l’apprécier !
Ndrianaivo

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Editorial

  • Canular !
     Et la farce continue. De mascarade en mascarade, les hommes du pouvoir mènent en bateau les 25 millions de Malagasy. Des numéros, très maladroitement interprétés, au lieu d’égayer la galerie, offusquent. La comédie vire à la pitrerie. La sauce mayonnaise tourne. C’est raté ! Iavoloha, mordicus et contre vents et marées,  persiste et signe de sa volonté à tripoter la Constitution. Ayant butté à une fin de non recevoir de la part des partenaires nationaux soutenus par la Communauté, les dirigeants aux cravates bleues ne désarment point. Pour contourner la chose, ils sont en train de mettre sur pied une nouvelle tactique. En effet, Iavoloha passe le relais aux parlementaires patentés au pouvoir. Les députés et sénateurs  proches du régime cogitent un plan machiavélique en vue de « toucher » à la Loi fondamentale. 

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