Publié dans Editorial

Pour qui… ?

Publié le jeudi, 19 octobre 2017

C’est confirmé, Rivo Rakotovao débarque au Sénat. Le bruit courait, depuis un certain temps,  qu’il allait siéger à Anosikely, et cela, pour exécuter une « mission spéciale ». Etant le numéro deux, dans le rang protocolaire des Institutions de la République, le Sénat sera appelé à tenir un rôle  stratégique, voire vital, durant les périodes d’avant, pendant et après les élections. Par voie de fait,  celui qui trônera au perchoir deviendra le deuxième personnage de l’Etat. A l’approche de la fin de mandat du locataire d’Iavoloha, le président du Sénat s’apprête à prendre les rênes de la direction des affaires de l’Etat, et ce, conformément aux dispositions des Articles 46, alinéa 2 et 52, alinéa 2 de la Constitution de la IVè République.

Du coup, le fauteuil de Rakotomanana Honoré s’ébranle.  Un puissant « séisme » le secoue et finira par  l’éjecter…dehors. Dans une de nos colonnes, pas plus tard que celle du 20 septembre dernier, sous le titre « Désavoué », nous avions déjà eu l’occasion de soulever le cas critique du sort réservé à Honoré Rakotomanana,  président du Sénat. En effet, l’intention inébranlable du Chef de l’Etat et son équipe à amender la Constitution menace directement le fauteuil du deuxième personnage de l’Etat. Brutalement, Hery Rajaonarimampianina se rendit compte que son choix porté sur Rakotomanana Honoré, au perchoir du Sénat s’avérait…incorrect ! Le « petit incident » du 14 juillet, à l’Ambassade de France fut, entre autres, le « grand déclencheur » du doute.  Finalement, son âge trop avancé, plus de 80 ans, de Rakotomanana Honoré le trahit. Et dès lors, les dés sont jetés ! Rivo Rakotovao, le chef du clan des « vautours » du Hery Vaovao ho Madagasikara (HVM), longtemps pressenti pour occuper le poste, combien stratégique et vital, du président du Sénat ne s’en privait pas les moyens pour y parvenir. L’occasion, en or, fut offerte avec l’élection de Ahmad au prestigieux poste de  Président de la Confédération Africaine de Football, dont le siège se trouve à Le Caire (Egypte). Le régime a beaucoup de temps pour nommer le remplaçant. Il fallait peaufiner le plan. D’ailleurs, il n’était pas facile à un Rajaonarimampianina de se débarrasser d’un Zokibe du nom de Rakotomanana Honoré. A supposer facilement que le Président s’était plié par quatre pour le convaincre à accepter la proposition. Une gymnastique compliquée et périlleuse, très difficile à exécuter, dans la mesure où Rakotomanana Honoré ne fait partie du Board du HVM. L’entourage du Patron n’avait pas manqué, au moment du débat, de lever les boucliers. Mais, comme il fallait s’y attendre, le Chef imposait son choix. Depuis, les tractations continuent leur bonhomme de chemin pour aboutir au Décret du  13 octobre nommant le Ministre d’Etat de l’Elevage et de l’Agriculture Rivo Rakotovao au fauteuil de Sénateur en remplacement au poste laissé vacant suite au départ de Ahmad. Les pressions de  l’entourage du Président n’ont jamais lâché prise. Le Chef de l’Etat céda et franchit le Rubicon. Ainsi, le président du HVM débarque ou atterrit à Anosikely. Bien sûr, Rivo Rakotovao n’allait pas abandonner son fauteuil doré de Ministre d’Etat pour un simple siège de Sénateur !  Pour qui sonne le glas ! Inutile de disserter sinon de divaguer, là-dessus, on le sait !

 Ndrianaivo

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Editorial

  • Futiles doublons
    Madagascar, un archi-pauvre pays, se permet le luxe d’avoir deux ou trois instances administratives pour s’occuper d’un même secteur d’activité. Parmi les cinq pays les plus pauvres de la planète, la Grande île malmène les maigres possibilités financières entre ses mains. La notion d’austérité échappe totalement à nos pauvres dirigeants. Le peu que l’on dispose doit être géré scrupuleusement et consciencieusement. Trois grands domaines sont principalement touchés par l’ineptie du gaspillage de l’argent public : l’environnement, le tourisme et le transport. Des secteurs d’activités qui nécessitent, chacun pour leur part, une meilleure gestion. Les deux premiers, grands pourvoyeurs de devises, ont besoin d’un ensemble de stratégies bien ficelé. Tandis que le troisième, le transport, exige un traitement particulier. L’environnement, un patrimoine particulièrement riche et endémique qui ne demande qu’être traité de façon méthodique et rationnel, se trouve tiraillé par le ministère de l’Environnement et de la Forêt (Mef), d’une part, et…

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