Publié dans Editorial

De retour !

Publié le mardi, 07 novembre 2017

 La France, l’ancienne puissance coloniale,  effectue un « retour en zone » très remarqué. En effet, les folles contestations populaires de 2009 provoquant le départ forcé du locataire d’Iavoloha avaient permis aux grands capitaux français de refaire surface et d’imposer, progressivement, leur marque. Déjà, la reprise débuta depuis la fin du règne de Deba, l’Amiral Didier Ratsiraka.

 

Les évènements de 72 qui, d’un seul revers,  chassaient le régime Psd de feu Philibert Tsiranana. Le régime d’après, en particulier celui de Ratsiraka effectuait un virage à gauche de 180° et précipitait la mise à la porte de la France et de ses intérêts à Madagascar. Depuis la nuit des temps, à l’époque coloniale, la France dominait presque entièrement et totalement l’espace économique et financier de la Grande île et Dépendances (Les Comores et les petites îles autour). Les grands capitaux français n’avaient laissé aucune chance aux autres d’empiéter dans la zone  considérée comme une chasse gardée. Les  Allemands, Américains et Britanniques avaient  dû se contenter des miettes. Tous les grands secteurs de l’économie (primaire, secondaire et tertiaire) et le monde de la finance se trouvaient entre les mains de l’ancienne métropole. En fait, la France monopolisait toutes les activités économiques et commerciales telles que les  banques, les transports, l’énergie, les ressources minières, les grandes distributions, les services et les industries. Concrètement, les Compagnies Marseillaise et Lyonnaise détenaient, à elles seules, la totalité ou presque des activités commerciales, allant des  collectes des produits locaux aux distributions et  surtout aux exportations. La Compagnie des eaux et électricité de Madagascar (Eem) gère, exclusivement, l’exploitation et la distribution de l’eau et de l’électricité dans toute l’île. Les banques, filiales des grandes banques métropolitaines, occupèrent entièrement la superficie économique ainsi que le tissu industriel national. Le transport aérien fonctionne sous l’égide de la Compagnie nationale française, Air France. Et la liste n’est pas du tout exhaustive. Propulsé au pouvoir, en 1975, l’Amiral rouge balayait, par une vague de nationalisations, la mainmise de la France. Tout, sans exception, passait aux mains du régime révolutionnaire. Les sociétés d’Etat poussaient comme des champignons. Mais, comme il fallait s’y attendre, elles passèrent à la trappe les unes après les autres si bien qu’aucune d’entre elles (sociétés d’Etat) n’ont pas pu survivre. Les gabegies et les détournements de tout genre les conduisirent à la banqueroute. Les contestations populaires   attisées par les mécontentements généralisés mirent fin au délétère régime socialiste de type stalinien de Ratsiraka. La France récupère progressivement ce qu’elle avait perdu en 1972, notamment, à partir de 1975. La chute du régime  Ravalomanana, en 2009, précipitait la chose. Déjà, dans les années 90, après que les banques nationalisées ont fait faillite, l’ancienne puissance coloniale avait repris ses « droits ». Bfv, Bni et Btm revenaient à la source ! La période de la Transition fut décisive à ce « come back ». La France mettait en balance son silence complice contre  la « reprise » de ses biens perdus. Ainsi, les grands capitaux français renaissent de leurs cendres. Ils récupèrent les grands aéroports (Ivato et Fascène). Le porte fanion du transport aérien malagasy « vendu » à une Compagnie  française, Air Austral, basée à La Réunion. Les grands magasins aux capitaux français se portent bien.  Pratiquement, la France est de retour !

Ndrianaivo

1 Commentaire

  • Posté par nextam
    jeudi, 09 novembre 2017

    Un peu excessif... Pourquoi en voulez-vous autant aux Français ?

    Il faudrait parler du pillage des ressources par les grandes puissances mondiales : la société Mainland mining Ltd qui massacre la région d'Analanjirofo et le Betsimsaraka est chinoise, Ambatovy appartient à Sherritt (12 %), ,Sumitomo Corp. (47,7 %) et Kores, l'ilménite de Fort Dauphin est exploitée, dans la plus grande opacité, par Rio Tinto, sans parler du bois de rose, des cristaux de Mananra Avaratra, du fer exploité par les Chinois, des mines de saphir pillées par les sri lankais, des richesses halieutiques pillées par les Chinois (il n'y a plus d’holothuries sur les côtes) etc etc

    Sans oublier les autres dangers qui guettent la Grande Île tels que :
    - l'accaparement des richesses et des terres par les capitaux karana,
    - l'islamisation de Madagascar. Le journal la Vérité en a parlé dans son édition du 20 octobre 2017, et c'est une bonne chose
    - la perte des valeurs morales qui faisaient la force de la Nation Malgache.

    Madagascar est devenu un état de non-droit et dans les rues de Tanà les "cabinets de massages" tenus par la mafia chinoise fleurissent entre les tas de détritus. Quand la capitale retrouvera-t-elle sa beauté, sa sécurité, sa propreté et sa moralité et Madagascar sa sérénité ?

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  • Nuisible réseau
    Contre-productif. Le réseau de la filière « riz » va à l’encontre de la saine production de cet aliment de base des 24 millions de Malagasy dans le pays. Au lieu de jouer le rôle de levier à la croissance, il fait obstacle. La population souffre, de manière chronique, de l’insuffisance de ce produit vital pour la consommation quotidienne. Le « kapoaka » ou le kilo s’achète à prix d’or sur le marché.

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