Publié dans Editorial

A bon entendeur, salut !

Publié le jeudi, 09 novembre 2017

La Société nationale Jiro sy Rano Malagasy (Jirama) vient d'inaugurer en grande pompe la nouvelle centrale thermique d'Aksaf Power sise à Ambohimanambola en présence du Chef de l'Etat Hery Rajaonarimampianina. En fait, la centrale bénéficie, donc, d'une puissance supplémentaire de 60 mégawatts. Et la presse proche du régime s'empresse de crier que c'est la fin du calvaire. 

Pourtant, la Jirama n'est point sortie de l'auberge ! Les coupures et délestages, notamment l'approvisionnement en eau, reviennent au galop sans que les responsables de la Société se sentent avoir la condescendance de donner des explications aux usagers. Dans un pays comme le nôtre, l'obligation d'informer les contribuables sur tout ce qui touche le quotidien de leur existence se trouve au dernier rang des soucis des dirigeants de quelque niveau que ce soit. Seulement, quand il s'agit de faire savoir au peuple les « réalisations », on recourt à des tapages.
En effet, les coupures d'eau se multipliaient ces derniers temps dans plusieurs secteurs de la Capitale. A Antanimena / Ankadifotsy et environs, les robinets et bornes-fontaines ont été, plusieurs fois, à sec. On ne minimise pas, en rien du tout, de l'augmentation de la puissance de la centrale thermique, un avantage que l'on apprécie à sa juste valeur. Cependant, il ne faut pas passer sous silence l'enfer vécu  par les ménages en raison des coupures intempestives de la livraison  d'eau et faire abstraction, volontairement, des manquements de la Société vis-à-vis des usagers. Devrait-on souligner que le montant de la facture ne cesse de monter en flèche alors que le service rendu ne suit pas le rythme. La qualité de service ne répond pas aux attentes des ménages.
La Jirama, malgré l'apparence d'embellie, traverse en ce moment une phase critique. La nouvelle direction, à travers une tentative de faire table rase du passé, inquiète l'ensemble du personnel. Le recrutement massif de nouveaux agents appelés à effectuer les relevés des compteurs et celui des dispatchings des factures auprès des clients créent des vagues chez les « anciens ». De même, la nomination de nouveaux cadres de la direction dont le processus ne suit pas la déontologie de la transparence préoccupe beaucoup. Une certaine opacité entoure la procédure. On craint, sérieusement, la prédominance du copinage et de l'influence partisane. Il n'est pas à écarter que le phénomène « cravates bleues »  ne tente pas d'étendre  son influence jusque dans les secteurs d'activité où l'Etat dispose d'un droit de regard. Les tentacules du HVM ne font pas de détail pour phagocyter tous les domaines.
En dépit du tam-tam, bien orchestré, autour de l'acquisition de nouvelles installations, la Société nationale Jiro sy Rano malagasy n'est pas du tout dans sa  forme. Le malaise qui mine au sein du personnel risque de gommer les récentes réalisations.
La nouvelle équipe de direction d'Ambohijatovo ne doit pas sous-estimer de la capacité ou de la force de frappe de son personnel. La Jirama fait partie des Sociétés qui disposent des organisations syndicales les mieux structurées du pays. Elle a un intérêt, aussi, à veiller sur la bonne marche de la qualité de service. Les usagers, mécontents ou insatisfaits de la prestation de la Société, sont capables de faire valoir leurs droits.
A bon entendeur, salut !
Ndrianaivo

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Editorial

  • Sale jeu !
    A quel jeu se livre-t-on exactement ? Sur terrain, une équipe hétéroclite dirigée par un « technocrate et n'appartenant à aucune formation politique » du nom de Ntsay Christian joue un match capital. En réalité, il s'agit d'un match où « tout le monde », coach, capitaine, joueurs, supporters et même les spectateurs sur le gradin, n'a pas le droit ni l'intérêt de perdre. A tout prix, l'équipe doit gagner !

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