Publié dans Editorial

L’ironie du sort !

Publié le jeudi, 09 novembre 2017

L’Organisation mondiale du tourisme (Omt)  qui s’est réunie à Londres, au World Travel Market, décide de mettre fin à l’embargo de Madagascar. Il a fallu deux bonnes heures de débat, en présence du ministre malagasy du Tourisme et ses homologues voisins de la Grande île, avant d’aboutir à la conviction que l’épidémie de la peste ne représente plus un danger. Dans les faits, les responsables étatiques (santé et tourisme) des Seychelles, l’île Maurice et le Kenya, ont donné le feu vert pour la réouverture du trafic aérien sur Madagascar. Le secrétaire général de l’Omt, Taleb Rifai, n’a pas manqué de vanter sur les richesses naturelles et endémiques de la Grande île. Il n’a pas tari d’éloges sur nos mille et une  curiosités exotiques naturelles en faune et flore, de véritables lieux paradisiaques. Ainsi, dit-on, le péril de la peste est passé. Madagascar peut désormais accueillir à bras ouverts les touristes d’où qu’ils viennent ! Et le ministre malagasy du Tourisme, Roland Ratsiraka, de bomber le torse d’avoir réussi son pari.


Seulement voilà, le tourisme reste le parent pauvre du régime Hvm. Au même moment où les hauts responsables de l’Omt débattent à Londres, au World Travel Market, sur le cas Madagascar, une bonne partie du parc touristique d’Isalo part en fumée. Un terrible incendie ravage ce haut lieu du tourisme national. La « piscine naturelle », selon les responsables locaux, a été fermée au public. Et d’après eux, le feu serait d’origine criminelle. C’est le deuxième du genre en l’espace de deux à trois mois.  De l’autre côté, dans les parages du Tsingy de Bemaraha à Bekopaka (Belo-sur- Tsiribihina), un autre sanctuaire du tourisme national, des touristes ont été la cible des bandits armés. Et les observateurs de se demander « pourquoi les responsables étatiques ne prennent-ils pas les mesures nécessaires ? Des dispositifs sécuritaires pérennes pour…sécuriser ces « trésors » que le Bon Dieu nous a offerts gracieusement. Sous d’autres cieux, l’Etat ne lésine point sur les moyens  de garantir la sécurité dans l’objectif de créer un environnement serein au profit de ce secteur hautement utile et stratégique à l’économie nationale. Pour le comble de malheur, ce sont les autres qui s’émerveillent de la beauté et de la richesse de la nature de ce pays tandis que nos dirigeants le snobent, royalement. Force nous est nécessaire de pousser plus loin l’analyse pour tenter d’y voir clair à ce geste pour le moins indélicat des tenants du pouvoir. Le département du Tourisme a la malchance d’être sous la coupe d’un adversaire politique de taille au locataire d’Iavoloha. En effet, Roland Ratsiraka, président du parti Malagasy tonga saina (Mts), ministre du Tourisme, fait partie des leaders politiques ayant réalisé un bon score lors de la présidentielle de 2013. Certes, il s’était rangé du côté du candidat du Hvm pour le soutenir au deuxième tour, mais personne ne peut rassurer sur les vraies  intentions du neveu de l’Amiral rouge en 2018. De ce fait, il n’est pas du tout dans l’intérêt du régime, en place, de cautionner les réalisations de cet enfant terrible de Toamasina de telle sorte qu’il ait une assise solide dans l’avenir. Et le tourisme paie le lourd tribut d’un machiavélisme politique. Quelle ironie du sort !
Ndrianaivo

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Editorial

  • HVM, que reste-t-il ?
    Alors que toutes les formations politiques, du moins celles dignes de leur stature, resserrent les rangs pour affronter la course en vue de la magistrature suprême, le parti du Président démissionnaire Hery Rajaonarimampianina s’effrite. Le parti au pouvoir va en ordre dispersé.  Les démissions se succèdent. Une défection cache une autre ! A ce rythme, le parti présidentiel, une formation politique, sûre de sa puissance, à  l’époque, et qui défiait avec un certain orgueil et d’une fierté, mal placée, les autres serait d’ici peu une carcasse d’ossements, sans âme, ni corps,  l’ombre de lui-même ! Les « départs définitifs » se poursuivent. Et la liste n’est pas exhaustive !

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