Publié dans Editorial

L'« or blanc »

Publié le vendredi, 10 novembre 2017

L'or, élément chimique Au et de numéro atomique 79, est l'un des métaux les plus appréciés et les plus recherchés du monde depuis des siècles et des siècles. Dans l'antiquité comme de nos jours, le métal jaune caracole au premier rang des signes de richesse ou de la puissance sociale. Avoir de l'or, chez soi, place le propriétaire dans l'orbite des cossus.

L'or symbolise, aussi, toute ressource naturelle génératrice de richesse. C'est ainsi que l'on parle de l'« or noir », ce produit fossile non renouvelable qui fait le bonheur et la tourmente de l'ensemble des pays du Golfe et du Moyen-Orient. Il y a également, l'« or bleu » ou l'eau, cet élément naturel indispensable à la survie de tous les êtres vivants. De même, la mer qui regorge de ses produits halieutiques. Bref, ce que l'on appelle actuellement de l'économie bleue. Il est question, maintenant, de l'« or vert » qui constitue l'ensemble des ressources végétales auxquelles les responsables étatiques du monde entier militent pour leur conservation. Sans oublier l'« or blanc », la neige en tant que ressource non négligeable grâce aux activités touristiques qu'elle génère.

 Mais, il y a également cet autre « or blanc », des pays chauds, aux pépites blanches et parfois roses ou rouges, à savoir le riz. Notre attention est attirée sur le fait qu'il existe une variété de riz, le « makalioka », d'une blancheur éclatante et qui s'achète, par les temps qui courent, à… prix d'or. Effectivement, l'or n'est seulement pas une ressource génératrice de richesse, elle pourrait être aussi un produit de luxe dont la valeur et le coût sont, matériellement, hors de portée de la bourse de la plèbe.

Le riz, l'« or blanc », l'aliment de base des Malagasy, tord le cou de tous les régimes qui s'étaient succédé. En fait, depuis 1967, année où la production rizicole nationale atteignit le pic, le volume de la production ne cesse dégringoler. Durant les années 60, de la première République, le pays pouvait se vanter de réaliser une autosuffisance alimentaire, notamment en riz. Les producteurs étaient même en mesure d'exporter, surtout, pour la variété de « riz de luxe », le riz blanc. Un privilège qui échappe totalement aux tenants du pouvoir de la deuxième jusqu'à la quatrième République. La crise s'amplifie avec la bévue des responsables en place.

Le prix du « kapoaka » du riz blanc grimpe, sans cesse, si bien que dans certaines localités reculées, il va au-delà de 1 000 ariary. En tout cas, il existe un fossé béant entre le prix affiché officiellement et celui proposé sur les étals du marché de quartier.

L'Etat ne parvient pas à contenir l'envol du prix de cet « or blanc » dans la mesure où, selon les indiscrétions véhiculées sur la place publique, ce sont les responsables étatiques eux-mêmes qui sont de connivence avec les gros poissons, importateurs de ce produit hautement stratégique et à forte valeur ajoutée. La corruption qui gangrène le secteur n'arrange point du tout l'affaire. D'ailleurs, la surenchère qui frappe le riz voit son origine dans l'emprise généralisée de la corruption.

Les ménages des familles moyennes, et en particulier les gens défavorisés ne peuvent plus se permettre de prendre régulièrement cet aliment de base qu'est le riz, un authentique « or blanc ».

Ndrianaivo

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