Publié dans Editorial

Un pacte de trop ?

Publié le mardi, 14 novembre 2017

La Commission électorale nationale indépendante (Ceni), soucieuse de la délicatesse de ses  responsabilités, concocte un pacte qu’elle entend proposer, très prochainement, aux potentiels acteurs politiques du pays. Des signes précurseurs qui trompent rarement présagent d’éventuels éclatements de troubles  postélectoraux. Observateurs de la vie politique et états-majors des partis partagent les mêmes soucis et appréhensions sur le risque réel de fraudes massives en 2018. Le régime, pris de panique sur la  médiocrité de la cote de popularité et le handicap de son « poulain », son « cheval de bataille », à affronter les ténors des candidats en lice, craint sérieusement de ne pas pouvoir remporter haut la main la victoire. Il se préparerait, ainsi, à truquer les résultats. D’ailleurs, étant donné l’éparpillement  des bureaux de vote à travers la Grande île, les  « traitements » des chiffres ne présenteraient aucune difficulté comme d’habitude. Les cafouillages douteux des Communales, en 2015, suffisent à faire une projection de 2018. 

De toutes les manières, un groupe non négligeable de partis politiques en coalition avec la société civile réclament de façon la plus incisive la transparence de la confection et l’élaboration du Code électoral. Ils voudraient s’impliquer, davantage, dans le processus de la mise en place de ce Code de discorde. Ils se désolent de constater l’entretien du flou voulu par l’équipe de Rajaonarimampianina et se méfient de la velléité de traficoter les résultats.  Et si la Ceni compterait réunir autour d’une table toutes les parties prenantes à ce scrutin à venir, elle a parfaitement raison pour établir ensemble un  « pacte de non agression ». Seulement, d’aucuns doutent de la pertinence d’un tel pacte dans la mesure où les tenants du régime ne manifestent  l’intérêt suffisant pour la réussite d’Alarobia.  

Devrait-on le marteler que l’aboutissement  efficace de l’intention de la Ceni dépend en très grande partie de la bonne volonté des tenants du pouvoir à donner une chance réelle à la chose  voulue. Le fait qu’ils traînent les pieds à accéder au souhait de tous de bénéficier d’une transparence dans l’élaboration du Code électoral en dit long.  Justement, ce Code demeure l’écueil de taille pour la bonne marche des élections à venir. Il est même à craindre que la Commission, du moins les membres influents, risque de payer un lourd tribut de ses démarches un peu osées durant certains temps. Le président, Maître Hery Rakotomanana, selon certains analystes, se trouverait sur le tranchant du rasoir. Son fauteuil ne tiendrait qu’à un fil. Depuis quelque temps, il s’était montré trop « courageux ». Quand il demandait, pour ne pas dire exigeait l’indépendance de la Commission sur la gestion de son budget, il était allé loin, d’après les proches d’Iavoloha qui ont voulu garder l’anonymat. En outre, au moment où la Ceni réclamait l’initiative d’établir le calendrier électoral, Mahazoarivo y voyait d’un œil désolé et très gêné. En fait, l’« effronterie » d’Alarobia mettrait l’Exécutif dans une position mal à l’aise.  Le silence dans lequel se terraient Mahazoarivo et Iavoloha face à ces voix concordantes qui se lèvent, traduit exactement leur embarras.  En somme, l’initiative de concocter un pacte de non agression n’a rien de mal. Cependant, vu le sort des autres cas auparavant, il risque fort d’être un pacte de trop !

Ndrianaivo

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Editorial

  • Sale jeu !
    A quel jeu se livre-t-on exactement ? Sur terrain, une équipe hétéroclite dirigée par un « technocrate et n'appartenant à aucune formation politique » du nom de Ntsay Christian joue un match capital. En réalité, il s'agit d'un match où « tout le monde », coach, capitaine, joueurs, supporters et même les spectateurs sur le gradin, n'a pas le droit ni l'intérêt de perdre. A tout prix, l'équipe doit gagner !

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