Publié dans Editorial

Noyautage indécent

Publié le jeudi, 23 novembre 2017

A la guerre comme à la guerre ! On attaque. On neutralise. Et tous les moyens sont bons. Le pouvoir en place, en position de force, ne lésine pas sur toutes les astuces pour terrasser l'adversaire, l'opposition. La presse, le quatrième pouvoir dit-on, l'une des armes les plus efficaces entre les mains des deux camps, constitue la cible idéale. Le mode opératoire, vieux comme le monde, consiste à étouffer les médias indépendants ou proches du camp d'en face.

A l'époque coloniale, le gouvernorat général scrutait, à la loupe, les moindres articles axés sur le social et la politique d'obédience communisante. Surtout ceux en liaison connectée avec la gauche en Métropole et le Pc français. Les rares journaux, ayant pu paraître, firent l'objet d'une sévère censure tandis que les journalistes qui se comptaient sur le bout des doigts, étaient surveillés de manière drastique. Jean Ralaimongo, instituteur de son état et pigiste à son heure, au « Journal l'Opinion, dans le Nord, payait au plus fort le prix de la rage des colons à tout effacer, pour tout maitriser et, enfin, pour tout exploiter.
Pendant la durée de la Première République, la censure continuait de sévir mais de façon discrète. En dépit de certaines intimidations, le quotidien « Hehy », journal d'opposition porte-flambeau de l'aile modérée de l'Akfm, au même titre que l' « Imongo Vaovao », l'aile dure, avaient pu paraitre presque sans relâche.
La presse connut un moment d'embellie durant la République qui suit, la Troisième  d'Albert Zafy. Cependant, en ce début de la Quatrième, on se désole de la pratique rébarbative des dirigeants, en place,  dans leur gestion des médias, ce quatrième pouvoir, dit-on !
Conscients de la force ou du diktat de cette institution, la presse, et sachant pertinemment que recourir aux « ciseaux » n'est plus de mise en ces modernes, les tenants du régime adoptent une stratégie, encore plus rude mais plus ridicule, pour contourner la liberté de la presse, voire, d'opinion. La tactique consisterait à saturer ou plutôt à étouffer les médias proches de l'opposition par la multiplication, à l'infini, l'accréditation de nouveaux journaux. Effectivement, de nouveaux quotidiens proches du régime pullulent et inondent l'espace médiatique de telle sorte que les citoyens, avides d'information, ne s'y retrouvent plus. Il nous parait bête et bas de devoir citer, nommément, ici ces « feuilles de choux ». Presque à chaque jour que le bon Dieu veuille bien nous offrir, on assiste à l'apparition d'un ou deux nouveaux quotidiens qui, au fait, vantent les mérites de Son Excellence Monsieur Hery Rajaonarimampianina Président de la République. Dans ses tournées ou missions, à travers l'île, le Chef de l'Etat est bien entouré et bien encadré, médiatiquement parlant. Les propagandes avant terme marchent à merveille. Elles occupent, presque la totalité des programmes de la presse audio-visuelle publique. Justement, du côté des espaces télévisuels et radiophoniques, ils sont complètement dominés par les antennes inféodées au pouvoir. Des films alléchants et des variétés très à la mode, des appâts pour coller les jeunes, inondent les grilles de programme.
Pour ce qui est de la presse écrite, il suffit de se poster en quelques minutes pour se rendre compte que personne n'achète ces journaux « ridicules ». Tout juste pour le plaisir du régime d'un noyautage indécent.
Ndrianaivo

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Editorial

  • HVM, que reste-t-il ?
    Alors que toutes les formations politiques, du moins celles dignes de leur stature, resserrent les rangs pour affronter la course en vue de la magistrature suprême, le parti du Président démissionnaire Hery Rajaonarimampianina s’effrite. Le parti au pouvoir va en ordre dispersé.  Les démissions se succèdent. Une défection cache une autre ! A ce rythme, le parti présidentiel, une formation politique, sûre de sa puissance, à  l’époque, et qui défiait avec un certain orgueil et d’une fierté, mal placée, les autres serait d’ici peu une carcasse d’ossements, sans âme, ni corps,  l’ombre de lui-même ! Les « départs définitifs » se poursuivent. Et la liste n’est pas exhaustive !

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