Publié dans Editorial

Vers le fond !

Publié le mercredi, 06 décembre 2017

Le petit peuple suffoque. L'inflation étouffe. L'air manque. Le poumon et la voie respiratoire souffrent. La Grande île ressemble à une petite cellule exigüe, sans ouvertures, où se font coincer et s'entassent des détenus par centaines. Les petits et vieux vont s'évanouir tandis que les plus forts s'exploseront.

Alors que le pays ne se trouve pas encore en pleine période de soudure, le riz, la principale nourriture quotidienne des Malagasy s'achète au prix d'or le kilo sur le marché du quartier de la Capitale. Dans les zones reculées, le kilo est vendu à des prix fous. Un luxe hors de portée des minables bourses de la grande majorité. Face à la situation, jugée tellement critique, les observateurs n'écarteraient pas le risque d'explosion sociale. Pris de panique et pour camoufler leur indifférence depuis toujours, les tenants du régime se démènent sur tous les fronts, pour désamorcer la bombe. Le Premier ministre, en personne, descend sur terrain. Il est allé voir le marché central d'Anosibe. Certains estiment que le geste vient un peu tard. Les bonnes déclarations et les explications, fut-ce fondées, ne suffisent plus. Le mal atteint, déjà, la profondeur de l'être. Dire que les insuffisances en eau l'année dernière sont à l'origine de la baisse de la production de riz, étant la principale cause de la flambée des prix, s'avère un peu trop facile ou expéditive. Aussi, mettre en place une structure à la sauvette du genre « Task force » ne résoudra pas le problème. Le régime, trop habitué à des pratiques de mascarade, un raccourci qui ne mène nulle part, n'est pas ici à la première manœuvre dilatoire ou démagogique de sa part. Le Gouvernement sait, pertinemment, que la gestion de la production et la commercialisation du riz ne s'effectue jamais en une journée, au moment où la pénurie s'éclate. Tout doit être planifié un an ou deux auparavant. Le pays dispose de grands ministères, celui de l'Agriculture et l'autre, du Commerce. Il leur appartient, justement, de mettre sur pied toutes les stratégies nécessaires et efficaces afin d'épargner le pays de ces crises inutiles. Les journalistes de la Rfi ont complètement raison quand ils font remarquer que le prix du kilo du riz, cette année, en comparaison à celui de l'année dernière à la même période, a connu une hausse vertigineuse.
A cette malédiction autour du riz s'ajoute la disparition quasi systématique de la viande des bœufs sur les étals. Si par hasard on la croiserait au marché, c'est au prix de diamant.
Et comme le malheur ne vient jamais seul, dit-on, les prix des carburants, également, ont été revus à la hausse. Une augmentation de 70 ariary pour le gas-oil, de 80 ariary pour l'essence sans plomb et 70 ariary pour le pétrole lampant. Logique de fait, le pays s'emballe dans une escalade de prix, sans fin et sans modération ! A ce rythme, les ménages à revenus moyens et les familles nécessiteuses qui constituent le gros de la troupe vont être noyés par les difficultés catastrophiques provoquées par cette ignoble flambée des prix.
Le régime Hvm de Rajaonarimampianina, entièrement débordé et totalement dépassé, n'a d'autres choses à soumettre dans les entrailles que de gesticuler. La population suffoque et meurt « doucement » car le pays s'enfonce tout droit vers le fond.
Ndrianaivo

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Editorial

  • HVM, que reste-t-il ?
    Alors que toutes les formations politiques, du moins celles dignes de leur stature, resserrent les rangs pour affronter la course en vue de la magistrature suprême, le parti du Président démissionnaire Hery Rajaonarimampianina s’effrite. Le parti au pouvoir va en ordre dispersé.  Les démissions se succèdent. Une défection cache une autre ! A ce rythme, le parti présidentiel, une formation politique, sûre de sa puissance, à  l’époque, et qui défiait avec un certain orgueil et d’une fierté, mal placée, les autres serait d’ici peu une carcasse d’ossements, sans âme, ni corps,  l’ombre de lui-même ! Les « départs définitifs » se poursuivent. Et la liste n’est pas exhaustive !

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