Publié dans Editorial

L'ingérable

Publié le vendredi, 15 décembre 2017

La Grande île échapperait-elle à tout contrôle ? Les dirigeants, maîtres de ce régime, ne parviendraient-ils pas à maîtriser la gestion des affaires nationales ? Tout porte à croire que le pays est sens dessus dessous ! Une cacophonie d'indiscipline et de cafouillage où tout semble, apparemment, permis.

Dans un pays où la misère dépasse l'entendement, il n'y a plus de limite visible entre le licite et l'illicite. Le plus urgent et plus important consiste à trouver de quoi mettre sous la dent. Escrocs et voleurs envahissent la cité. La seule solution, c'est de ne pas croiser leurs chemins. Même les plus rusés, voire les plus vigilants se font avoir. Gare aux imprudents qui gobent aux propos des premiers venus. Ce pauvre naïf qui voulait s'acheter une moto et se fit, par la suite, dérober la bagatelle somme de 11 millions d'ariary à Ambohijanahary, en plein jour, en est l'exemple. La contraignante pauvreté fait jaillir dans les esprits des gens, malintentionnés, des idées saugrenues. De la mendicité à la filouterie, en passant par les truanderies aux attaques à main armée. Tout un paquet de crimes à tel point qu'on ne s'y retrouve plus.
La cupidité rendue particulièrement mordante par cette pauvreté ambiante aiguise la tentation à la
corruption. Jamais le pays n'a été aussi victime de la mainmise de la corruption. On est parmi les plus corrompus de la planète. Aucun secteur stratégique n'échappe à la prévalence de ce « mal ». Les principales entités, notamment les Forces de l'ordre et l'appareil judiciaire, appelées à garantir sinon à asseoir les fondements de la sécurité dans le pays, sont gravement infectées par le virus de ce cancer. Sur le plan général, quatre sur cinq des jugements rendus sentent le « parfum » de la corruption. Le magistrat qui a rendu le verdict n'est pas forcément quelqu'un de corrompu, mais, l'atmosphère générale baignant dans la méfiance, il se voit accusé, souvent, gratuitement. Ainsi, on ne fait plus confiance à la Justice de l'Etat. Les supposées victimes d'actes de violence meurtrière préfèrent « juger » elles-mêmes leurs cas. La justice populaire s'impose en lieu et place de la Justice et de l'Etat de droit. Alors, les vindictes populaires règlent la question au grand dam des lois en vigueur. Le cas d'Ikongo, tout récemment, illustre parfaitement les tenants et aboutissants du sinistre tableau qui prévaut dans le pays. Le phénomène récurrent des « dahalo » dans le Sud et le Sud-ouest de la Grande île ne fait que compliquer la chose. Et le pays devient ingérable.
Les techniciens de la santé publique ont fait face à la récente épidémie de peste. Le « retour en zone » de cette maladie montre de façon criante la fragilité ou la vulnérabilité de la gestion des affaires nationales. En espace de très peu de temps, le fléau gagne dangereusement du terrain. Ni le ministère de la Santé ni celui de l'Intérieur n'ont pas pu faire valoir leur efficacité à maîtriser un danger qui, au final, met en péril la vie de tout un peuple.
L'inflation galopante touchant spécifiquement l'aliment de base de tous les Malagasy, démontre une fois de plus que le pays est mal géré. A ce rythme infernal, Madagascar rejoindrait la liste des pays vivant dans la jungle où tout est ingérable.
Ndrianaivo

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Editorial

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